Les vertus du noisetier

par LES VOIVRES 88240  -  24 Octobre 2014, 07:31  -  #Hêtre nomade, #Yourtes en habitat groupé

Noisettes
Noisettes

A la réunion sur les yourtes en habitat groupé, Lisa nous a présenté les bijoux en noisetier qu'elle crée. Nous avons donc cherchez à tout savoir sur le noisetier avant d'aborder le domaine de son utilisation en bijouterie.

Son rôle dans l'équilibre écologique

Fournissant une nourriture recherchée aux chevreuils, écureuils, oiseaux, castors, orignaux et autres affamés à fourrure ou à plumes, le noisetier, de par son port buissonnant, offre en outre un excellent refuge à toutes sortes d'animaux. De plus, on peut le planter comme haie protectrice contre les vents violents qui tantôt refroidissent, tantôt réchauffent, mais toujours assèchent champs, pâturages et jardins. Émergente et encore peu connue, cette pratique culturale mériterait d'être généralisée dans nos campagnes de plus en plus dénudées d'arbres. D'autant plus que les chevreuils qui, en tant que nuisance, arrivent à égalité avec les motoneiges et les chiens hurlants, se détourneraient peut-être plus volontiers des potagers et des vergers s'ils trouvaient des noisettes en abondance dans les haies en bordure des champs.

Et ça se mange ?

Il semble bien qu'on n'ait consommé que le fruit du noisetier. On ne trouve nulle part d'allusions à de quelconques emplois culinaires pour l'écorce ou les feuilles, qui sont probablement trop astringents. Avec la noix longue et la noix de caryer - plutôt rares au Québec - la noisette est notre seul fruit oléagineux. Or, il se trouve que c'est aussi le plus digeste, toutes catégories confondues - la noix, l'acajou, la pacane, la pistache, etc. Elle se prête à une multitude de possibilités, allant de la noisette fraîche au beurre ou à la purée, en passant par le pain et une panoplie de desserts, dont le célèbre nougat.

Les Amérindiens récoltaient les noisettes sauvages du mois d'août au mois d'octobre et les entreposaient jusqu'à ce qu'elles soient complètement mûres. Pour les débarrasser de leur enveloppe hérissée de piquants, ils les enterraient plusieurs jours dans de la terre humide. Ou alors, ils les plaçaient dans un sac qu'ils frappaient avec un bout de bois. Ils n'hésitaient pas non plus à fouiller les caches des écureuils et des autres petits mammifères pour chiper leurs noisettes. En guise de remerciement, ils laissaient parfois dans la cache un « cadeau » : faines de hêtre, samares d'érable ou autres graines dont ils disposaient en abondance. Dans certaines communautés, les noisettes constituaient un important article d'échange. Dans l'Ouest, par exemple, on les échangeait contre des amélanches séchées, des baies de shepherdie ou de la racine de lewisie, extrêmement prisée malgré son amertume.

Mangées telles quelles, crues ou cuites, on les faisait également bouillir dans de la soupe, ou bien on les séchait et les mettait de côté pour l'hiver. Les Iroquois les faisaient cuire (ainsi que d'autres noix) avec de la semoule ou de la soupe de maïs, ou ils les réduisaient en poudre et les ajoutaient aux puddings et aux pains. On les faisait bouillir pour obtenir de l'huile qu'il suffisait ensuite de recueillir à la surface de l'eau. Cette huile était consommée avec du pain, des pommes de terre, de la citrouille, de la courge, du maïs et divers autres aliments. Les tourteaux étaient consommés avec des pommes de terre pilées et d'autres aliments. Dans l'Ouest, on les mélangeait à de la graisse ou de la viande d'ours, parfois avec des baies ou des racines cuites, puis on en formait des galettes que l'on faisait sécher ou bien que l'on conservait dans les intestins nettoyés d'un animal abattu. C'était considéré comme un plat de choix.

Tout comme pour nous à une certaine époque, la période de Noël était celle où les Amérindiens consommaient le plus de noisettes.

Et ça soigne quoi?

Selon les régions, les Amérindiens employaient le coudrier pour soigner certaines maladies cardiaques (ce qui peut s'expliquer par ses propriétés vasoconstrictrices) ou, avec d'autres espèces, pour soigner les maux d'yeux. Par voie externe, ils plaçaient autour du cou des tout-petits des colliers constitués de fragments de tiges, remède qui était censé calmer la douleur de la dentition.

Dans la tradition européenne et nord-américaine, le noisetier ne semble pas avoir occupé une place importante si on en juge par le peu de cas qu'on en a fait dans les traités médicaux, d'où il est très souvent carrément absent. Peut-être l'hamamélis (qui, en passant, porte en anglais le nom de witch-hazel, littéralement « noisetier des sorcières ») l'a-t-il éclipsé. On sait en effet que cette plante d'origine américaine a été rapidement adoptée en Europe pour ses remarquables propriétés vasoconstrictrices.

Malgré tout, diverses parties du noisetier ont été employées en médecine :

Les feuilles : les feuilles constituent un bon tonique veineux et, comme on l'a dit, un bon vasoconstricteur, ce qui les rend utiles dans le traitement des varices, des troubles circulatoires et de l’œdème des jambes. En usage externe, elles sont cicatrisantes, particulièrement en cas de dermatoses.

L'écorce : par voie interne, l'écorce est fébrifuge et on s'en est servi pour soigner les états fiévreux. Par voie externe, elle est cicatrisante, particulièrement s'il s'agit d'ulcères et de plaies atones.

Les chatons : les chatons sont diaphorétiques (c'est-à-dire qu'ils font transpirer) et amaigrissants.

Les poils recouvrant l'involucre : tout comme les poils des pois à gratter (il s'agit d'une toute autre plante que l'églantier, dont le fruit possède des fins poils - désignés sous le nom de « poil à gratter » - qui provoquent une démangeaison lorsqu'on les applique sur la peau), les poils recouvrant l'involucre du fruit ont servi de vermifuge. On disait qu'ils agissaient mécaniquement, sans qu'on sache toutefois si c'était en excitant les intestins au point qu'ils rejettent tout leur contenu, vers inclus, ou si c'était en irritant et en incommodant tellement les vers que ces derniers ne souhaitaient plus qu'une chose : sortir de là dans les plus brefs délais. Personne n'a offert d'explication à cette épineuse question. En tout cas, le remède consistait à prendre une dose de poils trois matins de suite, et quelques heures après la dernière dose, à avaler un purgatif puissant.

Les feuilles se préparent en infusion à raison de 25 grammes par litre d'eau bouillante qu'on laisse macérer toute la nuit. L'écorce des jeunes rameaux et les chatons, se préparent en décoction, à raison de 25 grammes par litre d'eau pour la première et de 30 grammes par litre d'eau pour les derniers.

Enfin, sans être médicinal, le « lait » que l'on tire de la noisette agirait doucement sur les intestins

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M
Ils conseillent de garder des haies qui entourent des parcelles de deux hectares . Un arbre protégeant les plantes de 15 fois sa hauteur c'est suffisant pour que les haies jouent leur rôle.
De plus la diversité empêche comme il est dit que les prédateurs attaquent en force les plantes c'est valable pour les chevreuils, lièvres mais aussi insectes et même maladies.
Quand le remembrement a été fait à La Chapelle aux Bois çà a été le massacre à la tronçonneuse et encore aujourd'hui ils peuvent couper ce qu'ils veulent.
Les Voivres sont en train de remembrer et s'ils ne signent pas la plan de respect de l’environnent toutes les subventions seront refusées.
Chaque arbre est recensé dans les champs ou sur les talus chaque zone humide, mais ce sont des lois qui comme pour les normes d'habitations ne s'appliquent qu'en fonction de la date des travaux.
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N
« De plus, on peut le planter comme haie protectrice contre les vents violents qui tantôt refroidissent, tantôt réchauffent, mais toujours assèchent champs, pâturages et jardins ».
Je ne sais plus exactement si le remembrement intensif, donc la disparition de nombreuses haies, a été pratiqué dans les Vosges (comme dans le Nord ou en Bretagne par exemple) mais je crois me souvenir qu'il en a été fortement question dans les années 60 à 80. Outre les problèmes posés aux paysans concernés, même si (ou parce que) certains s'en sont mieux sortis que d'autres, la suppression des haies n'a pas fait que du bien à l'environnement. J'ai même lu sur un forum que « le remembrement est un crime contre l'environnement ». Par ailleurs mais sans doute à une moindre échelle, il parait que cela continue de nos jours (SAFER, préemption, expropriation,etc.).
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