Le cimetière par Marie Houillon-suite

par LES VOIVRES 88240  -  7 Juin 2021, 03:29

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Après la croix centrale, à droite de l'allée, se trouve un monument de pierre très ouvragé, en forme de temple, avec colonnades et chapiteau. Dans la partie basse, entre deux colonnes, un cercueil de pierre est posé. Il a, hélas, été brisé et il ne reste plus que le socle de la petite statue. Ce monument a une histoire (ou une légende ?). La défunte pour laquelle il a été érigé, Eugénie Plaisance, est décédée le 3 mai 1 870 à l'âge de 19 ans. La tradition rapporte qu'elle est morte de chagrin, son père lui ayant refusé d'épouser le garçon qu'elle aimait. Après son décès, le père, fou de douleur, lui a érigé ce monument extraordinaire et s'y est fait représenter priant sur le cercueil de sa fille On appelle cet ensemble " le monument du père repentant ".

Un autre monument, du côté gauche de l'allée, semble avoir, lui aussi, été conçu pour rappeler la mémoire d'une jeune personne. Il est en forme de temple, surmonté d'un crucifix de pierre. Des plaques de marbre blanc sont insérées dans le socle, portant l'inscription " Delphine Gaillard, épouse Pernot-1838-1970. " Au pied du monument, une niche a été creusée dans la pierre, où l'on peut voir la statue d'une jeune femme, un genou à terre. Sur ce monument, datant de 1 870, on trouve le nom de l'entrepreneur, à savoir : " Ch. Chuillet-Ruaux "

Contre le mur d'entrée, on peut voir un monument de pierre surmonté d'une belle croix tréflée et gravée de fleurs de lys. Une rose et une pensée entrelacée sont sculptées au pied de la croix. Il date de 1 877 et porte également le nom de l'entrepreneur : " Bouvard à Mt (Mirecourt ?)

Le long du mur supérieur, un monument attire l'attention par son originalité. C'est un obélisque de pierre, portant gravée sur la face, une tige de fleur dont la tête est brisée (un lys ?). Au sommet de l'obélisque se trouve une boule sur laquelle retombe une guirlande de roses et de pensées, également brisée. Il date de 1865.

Du même côté, presque voisine, on voit une très belle croix de fer forgé, plantée dans un socle de pierre. Extrêmement ouvragée, elle porte au centre, le Christ en croix, mais, à droite, à gauche et au sommet, ce sont les symboles des Évangélistes que l'on peut admirer : têtes de bœuf, de lion, d'aigle, le tout entouré d'une profusion de feuilles de lierre, d'épis de blé et de grappes de raisin. Elle date de 1875.

Plus récent, puisque daté de 1 885, un monument de pierre montre un socle original. On y voit une tête d'ange, soutenue par une aile, et ballotée par des vagues. Au sommet du monument, est une croix courte, genre croix de Malte, et une colombe gravée en dessous, la tête en bas.

Plusieurs monuments datés de 1 870 à 1 880, présentent une colonne de pierre entourée d'une guirlande de fleurs, ou d'une branche de vigne avec feuilles et grappes. L'un d'eux porte le nom de l'entrepreneur : " Colin, à Épinal ".

Le granit fait son apparition vers 1 900 dans notre cimetière. Le plus typique de ces monuments est composé d'un socle massif, portant les inscriptions relatives aux défunts, surmonté d'une haute croix latine, le tout d'un gris magnifique. Le nom du granitier est porté sur le socle " Perrin, à Saint Nabord ". La tombe est entourée d'une grille de fer forgé, ouvragée et haute d'environ 50 centimètres.

Quelques caveaux, massifs et hauts, en granit également, sont implantés çà et là. Ils ne sont pas surmontés d'un monument. Une croix est gravée, horizontalement, dans la dalle de granit.

Mais c'est le marbre qui a acquis droit de cité dans la second moitié du XXème siècle.

Marbre noir, marbre gris, granit rose ou rouge, on en trouve un peu partout et les monuments se ressemblent, souvent conçus en éventail, la croix au centre. Un seul, en granit noir, diffère nettement des autres, car il est constitué d'une haute statue de femme voilée et agenouillée près d'une croix.

- Et maintenant-

Actuellement , notre cimetière, fort bien organisé, se révèle toutefois manquer de superficie. Il faut envisager un agrandissement, probablement par l'ouest qui constitue le fond du terrain actuel.

Des projets sont à l'étude. Souhaitons d'une part, que soient respectés et valorisés les monuments anciens, si beaux, d'autre part que soit conservée l'organisation actuelle du cimetière, claire, ordonnée, aérée.

Les Voivres le 10.04.1 995

M.H.

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