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LES VOIVRES 88240

Quand le Val de Vôge a décidé qu'il ne voulait pas mourir

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Un dimanche à Les Voivres par Marie Houillon-suite

Un dimanche à Les Voivres par Marie Houillon-suite
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Une autre fois, il était question de la conduite à tenir devant des personnes (adultes ou enfants) qui ricanent lorsqu’ils vous voient accomplir un devoir religieux. L'abbé nous dit alors :

" Vous savez les enfants, le mieux serait encore de leur chanter une petite chanson que je vais vous apprendre. Répétez avec moi :

""Ah ! Ah ! Quand on est bête, quand on est bête,

Ah ! Ah ! Quand on est bête, c'est pour longtemps ! "

Et tous les gosses, hilares, de brailler avec conviction dans l'église :

" Ah ! Ah ! Quand on est bête, c'est pour longtemps ! "

Vraiment non-conformiste notre bon curé Plumerel. Il m'arrive parfois de penser que, s'il vivait en notre fin de vingtième siècle, il s'entendrait à merveille avec le Père Guy Gilbert, le prêtre des loubards, à la tenue vestimentaire peu orthodoxe et au franc-parler légendaire, mais dont la foi profonde soulève les montagnes.

Mais revenons à notre dimanche.

A 14 heures commençaient les Vêpres, chantées par les congréganistes, (Enfants de Marie). Les grands spécialistes de cet office étaient Mademoiselle Marie ( la bâbette de Monsieur le Curé) et Mademoiselle Madeleine, (la préfète de la Congrégation) Fort bien pourvues en voix toutes les deux, elles rivalisaient de dextérité pour dévider les psaumes en latin. Leur triomphe était " In exitu Israël de Egypto ", très long, truffé de difficultés de prononciation. Là elles sidéraient littéralement l'assistance par leur habilité ! On terminait avec le " Magnificat anima mea Dominum ". Les jours de fête, on avait droit ensuite au Salut du Saint sacrement. Les dimanches ordinaires, on récitait le chapelet. Là encore Mademoiselle Marie et Mademoiselle Madeline menaient la cadence. Il ne s'agissait pas de traîner ! En un quart d'heure on avait terminé la prière. Et l'on sortait de l'église dans la lumière de l'après-midi. En hiver, la nuit arrivait vite, on rentrait à la maison sans attendre. Mais en été, il restait encore de belles heures à utiliser avant la traite et le " débarras " des bêtes. Les demoiselles pourvues d'un " bon ami " ne s'attardaient pas. Elles se dépêchaient de rentrer avant qu'il n'arrive pour faire sa cour du dimanche. Mais les autres n'avaient pas d'obligations de ce genre. Aussi, elles se concertaient pour trouver un but de promenade :

" On va sur le chemin de la Grande Fosse ", ou bien :

" On va au Moulin des Voivres ". Et elles partaient en flânant, bras dessus, bras dessous, à pied, bien sûr. La plupart du temps, à un endroit ou à un autre de l'itinéraire, on tombait sur un groupe de garçons qui bayaient aux corneilles. Rencontres fortuites ? Hum !! Et puis on s'en revenait, toujours au pas de promenade, les filles devant, riant et se poussant du coude, les garçons plusieurs mètres en arrière, braillards et rigolards. Ce qui faisait dire à certaines personnes mûres et aigries du village " Regardez moi ça. On dirait une meute de chiens poursuivant des chiennes ! " Elles avaient pourtant été jeunes aussi, ces dames, et pas d'une sagesse exemplaire, si l'on en croyait la rumeur publique ! Tant il est vrai qu'on juge les autres d'après soi-même !

Dimanches d'autrefois, d'un temps où l'automobile était un luxe inouï, réservé à de rares privilégiés, d'un temps où l'on possédait un vélo par famille (et l'on disait " le vélo " comme on dit maintenant " la voiture ").

Alors on utilisait ses jambes, mais comme les avaient leurs limites, on n'allait pas très loin, on se contentait d'un horizon restreint.

Mais on prenait le temps de vivres. Est-ce si mal ?

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J
« Vraiment non-conformiste notre bon curé Plumerel » : l’occasion ou jamais de "ressortir" le lien que j'avais proposé le 28 février 2020 avec la description truculente (page 134 et suivantes de l'ouvrage cité) du curé en question. http://www.loomji.fr/les-voivres-88520/vie-locale/un-siecle-vie-itineraire-enfant-solitaire-39340.htm
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