Histoire .... scatologique par Marie Houillon

par LES VOIVRES 88240  -  12 Janvier 2021, 03:38  -  #Qu'il est beau mon village

La Grande Fosse

La Grande Fosse

A la Grande Fosse tout le monde connaissait l'Henri Gantois et sa démarche claudicante. Le pauvre avait eu un accident lorsqu'il était bébé, sa mère l'ayant emmailloté trop serré, les jambes croisées, et il en était resté infirme à vie, ses pauvres jambes tordues et atrophiées. On n'allait pas facilement voir le médecin, au début de ce siècle, et les blessures se remettaient comme elles pouvaient, plutôt mal que bien, dans son cas.

Cela ne l’empêchait pas d'être vaillant, aidant les cultivateurs dans leurs gros travaux, après son travail à l'usine Dorget.

Toutefois, en hiver, sa vaillance diminuait, avec le froid ambiant. Il habitait une petite maison sans confort et allait faire ses besoins sur le fumier de la ferme voisine. Mais quand il neigeait, qu'il faisait froid, cela représentait un effort qu'il jugeait trop grand pour lui. Alors, hé bien, il se soulageait derrière chez lui, mais cela correspondait au talus du chemin vicinal, lequel se trouvait orné de sentinelles odorantes et peu esthétiques ! Et cela ne faisait pas l'affaire des fermiers voisins, on s'en doute !

Le plus jeune des fils de cette ferme faisait son service militaire en Franche- Comté, dans un bureau. Il décida de donner une leçon à ce voisin peu ragoûtant. Papier, enveloppe, machine à écrire, il avait tout sous la main, mais il n'osait tout de même pas utiliser le cachet. C'était par trop culotté, quand même ! Alors il en confectionna un avec une pièce de monnaie en bronze, à l’effigie de la République française, la dite pièce collée sur un tampon appartenant à un voisin.

Et notre Henri Gantois reçu un beau matin une enveloppe importante laquelle contenait une lettre libellée en termes administratifs et solennels, l'avertissant que plainte avait été déposé au Service à cause de l'odeur pestilentielle que dégageait son abord de maison et lui enjoignant d'apporter une solution rapide à cet état de fait, sans quoi des poursuites seraient engagées, le tout dument signé et tamponné.... à coup de sou en bronze, et sur papier à en-tête du " Service d'Hygiène des Vosges " !

Mais le brave Henri en eut la frousse de sa vie !

Il s'empressa de nettoyer ses ordures, le jour même, sous une pluie battante.

Et les jours suivants, il montrait la lettre aux voisins et aux passants, les prenant à témoin :

 Mais qu'est ce qu'ils veulent dire " odeur pestilentielle " ?

Moi, je ne sens rien du tout ! "

Les sentinelles avaient disparu et on ne les revit plus !

Le jeune militaire jubilait, mais notre Henri ne sut jamais que le " Service d'Hygiène " était tout près de chez lui !

(racontée par André Houillon)

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En l’espèce et pour rester dans le ton du texte, l'image de la « pièce de monnaie en bronze » ou « le sou en bronze », est particulièrement raccord avec les "soulagements" dudit Henri.
On se plait à imaginer que l’expression bien connue (qui ne daterait que depuis 1957), ne tirerait pas son origine de cette "affaire".
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