Les Echos : Espérance de vie : en France, on vit plus longtemps en ville qu'à la campagne

par LES VOIVRES 88240  -  18 Décembre 2020, 06:08  -  #Société

Une étude publiée par l'Association des Maires ruraux de France et la Macif dresse un constat frappant : les Français vivant dans des départements dits « hyper ruraux » vivent en moyenne 2 ans de moins que ceux vivant dans des départements « hyper urbains ». Un écart qui s'est fortement creusé en 30 ans.

 

Les Echos : Espérance de vie : en France, on vit plus longtemps en ville qu'à la campagne
Publié le 16 déc. 2020 à 20:16

On pourrait penser le contraire, mais vivre au grand air, au beau milieu de la nature, ne favorise pas une espérance de vie plus longue qu'en ville. C'est la conclusion d'une étude publiée ce mercredi par l'Association des Maires ruraux de France (AMRF) et la Macif, en partenariat avec « France Bleu ».

Chiffres de l'Insee a l'appui, on apprend que les ruraux vivent deux ans de moins que les urbains en moyenne. Un écart qui s'est creusé ces trente dernières années dans l'hexagone. L'AMRF dénonce vivement cette inégalité, qu'elle attribue à la dégradation des conditions sanitaires dans les zones rurales, pointant un manque cruel d'accès aux soins, à commencer par les médecins généralistes.

Un homme vit 2,2 ans de moins en zone rurale

En 2019, l'espérance de vie d'un homme vivant en zone hyper rurale est de 78,5 ans. Celle d'un homme vivant dans une zone hyper urbaine monte à 80,7 ans, soit, 2,2 ans de plus. Trente ans plus tôt, cet écart était de 3 mois. En 1990, l'hyper rural pouvait ainsi espérer vivre jusqu'à 72,9 ans, contre 73,2 ans pour un hyper urbain.

 

Pour les femmes, l'écart est moins impressionnant : en 2019 il est de 9 mois, contre 3 mois en 1990. Ainsi un Française hyper urbaine peut espérer vivre jusqu'à 85,8 ans aujourd'hui (81,1 ans en 1990) contre 84,9 ans pour une Française vivant à la campagne (80,9 ans en 1990). Ces inégalités s'accentuent en outre-mer, où l'écart d'espérance de vie se creuse jusqu'à 2,8 ans pour les hommes, et jusqu'à 1,3 an pour les femmes.

L'étude classe les départements en cinq catégories, du plus au moins rural : hyper ruraux, ruraux, composites, urbains et hyper urbains. Dans les départements hyper ruraux, on retrouve notamment l'Ariège, l'Aveyron, le Cantal ou la Creuse. Parmi les départements hyper urbains, il y a entre autres les Alpes-Maritimes, les Bouches-du-Rhône, la Haute-Garonne ou encore Paris.

Dans ses conclusions, l'enquête relève qu'il existe « un gradient incontestable de creusement des inégalités entre l'hyper urbain et l'hyper rural » : moins un département est urbanisé, moins l'espérance de vie est longue.

Un écart lié à l'inégalité des soins

Cette étude montre en outre qu'une autre inégalité persiste, et s'aggrave depuis vingt ans dans le paysage français, et elle liée, selon le président de l'AMRF, Michel Fournier, à l'inégalité d'espérance de vie. Les habitants de la campagne ne bénéficient pas du même accès aux soins hospitaliers qu'en ville. La raison de cet écart est bien connue : elle est liée à la « désertification de la médecine locale », a dénoncé Michel Fournier sur France Inter ce mercredi.

L'étude conforte l'affirmation de l'édile : 20 % des habitants en zone rurale ont moins recours aux soins hospitaliers que les habitants des villes. Un phénomène qui inquiète et qui devrait s'accentuer avec des départs à la retraite non remplacés. « A partir de l'instant où les médecins partent en retraite, il n'y a plus de réponse derrière », a déploré Michel Fournier. En France, L'OCDE calculait en 2019 qu'il y a 2,7 médecins pour 1000 habitants en zone principalement rurale ; contre 3,9 médecins pour 1000 habitants en zone principalement urbaine.

Si le président de l'AMRF reconnaît l'effort de l'Etat de chercher à imposer aux apprentis praticiens d'exercer en zone rurale les 6 derniers mois de leurs études, il faut faire plus encore pour gommer ces inégalités. Selon lui, l'Etat doit « avoir le courage d'imposer des mesures coercitives », pour obliger les médecins à s'installer dans les zones désertées.

Sebastie Mastrandreas

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Je reconnais avec plaisir la côte des Voivres.

l'Etat doit « avoir le courage d'imposer des mesures coercitives » : il faudrait qu'il commence par se les imposer à lui-même, ne serait-ce que par souci d'EXEMPLARITÉ. Quand on constate la nouvelle polémique (repas supérieur à 6 + couvre-feu) soulevée après l'isolement du Chef de l’État à la Lanterne (mauvais signe quand on connait la chanson). Faites ce que je vous dis mais pas ce que je fais Ce n'est pas l'intervention abrutissante de chiffres de Salomon (mais on y a appris que le chiffre 6 n'était pas magique) ni le rapport "déclaratif" de Fontanet (restaurants fermés mais cependant contaminants ) qui vont contribuer à améliorer la Com' désordonnée des Gouvernants et de ceux qui rament pour rattraper les erreurs... pour être poli.
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