Drame au village par Marie Houillon

par LES VOIVRES 88240  -  28 Décembre 2020, 03:36  -  #Qu'il est beau mon village

La famille Lambert habitait cette maison.

La famille Lambert habitait cette maison.

La vie quotidienne d'un village est faite du ronron coutumier, mais aussi de rires et parfois de larmes.

En ce jour de juillet 1948, ce furent les larmes qui dominèrent, tous les habitants du village se trouvant, littéralement, en état de choc, après le drame qui frappait une famille du village.

Cette famille se composait des parents, Jean et Marie Lambert, et de leur fils unique, Jean. Ce grand garçon de 25 ans avait vraiment, comme on dit, tout pour lui : taillé en athlète, beau garçon, intelligent, d'un heureux caractère, il faisait l'orgueil et la joie de ses parents. Il étudiait à Lyon, pour devenir, cadre dans l'Administration des Impôts.

Il était en vacances, ce jour là, et il nageait dans le bonheur, se préparant à fêter ses fiançailles avec une gentille Simone, du pays voisin. La cérémonie était prévue pour le lendemain, dimanche. Vraiment, tout lui réussissait.

Ce samedi, comme toujours lorsqu'il était en vacances, il travaillait aux champs avec un agriculteur de ses amis. Il aimait se replonger dans le travail de la terre et retrouver ses racines ! On était en pleine fenaison et le temps était orageux. Tous les cultivateurs se hâtaient de rentrer le foin sec.

Jean, après avoir aidé à charger le fourrage sur la charrette, était grimpé à l'arrière du tracteur et s'y tenait debout derrière Roger, le conducteur. Mais l'orage était là, un de ces orages "secs " comme on dit où la foudre éclaire et tonne sans une goutte de pluie.

Et l'éclair fondit sur Jean, debout sur le tracteur, le tuant net, foudroyé, alors que le conducteur était commotionné, mais vivant . C'était l'horreur, dans toute sa cruauté. Il fallait avertir les pauvres parents, avant de ramener le corps à la maison. Médecin, prêtre, voisins, amis, tous se dévouèrent pour aider Jean et Marie dans cette affreuse circonstance. Mais que sont les mots devant pareil drame ?

Chacun fit ce qu'il put avec tout son cœur. Mais une blessure de ce type ne cicatrise jamais complétement.

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M
Monmond Lambert était le frère de son père, donc son oncle. Oui Jean était fils unique, il se préparait à une belle carrière, le destin ne lui a pas permis d'accéder à son projet !
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L
Merci du renseignement.
M
C'est par un courrier, reçu à Béchar, que j'ai appris le décès brutal de Jean. Sa mère, Marie Dany (toujours appelée par son nom de fille) ne s'est jamais remis de cette disparition.
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J
C'est un événement dramatique qui a marqué les habitants du village, notamment mes parents qui m'en ont tellement parlé que, si je remonte au plus loin dans les souvenirs de mon enfance, c'est à peu près le seul dont je me souviens clairement.
Au cours de mon "pèlerinage annuel" au cimetière des Voivres, je ne manque jamais de marquer un temps d'arrêt devant la tombe de la famille Lambert.
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L
Oui, celle avec la plaque "Les réfugiés reconnaissants ". Je croyais que le Mondmond était son frère, mais non puisque Jean était fils unique d'après Marie Houillon.