C'est Noël

par LES VOIVRES 88240  -  26 Décembre 2020, 03:32  -  #Eglise Chapelle

C'est Noël

Noël foireux pour beaucoup, pourrache pour certains, calamiteux pour ceux touchés par la maladie, les accidents ou le deuil.

Mais Noël quand même. Cette année la crèche traditionnelle est sous le porche de l'église. Chacun peut aller la voir. Elle est mise en valeur par les deux magnifiques fresques qui parlent de lumière, d'amour et de partage.

La Chapelle de Bonne Espérance a été aussi décorée d'un sapin. Il est modeste mais l'esprit de Noël n'est pas dans le luxe et l'ostentation.

Il n'y a plus de messe de minuit à Les Voivres depuis longtemps. Quand l'abbé Laloué officiait encore, elle se tenait déjà à la Chapelle aux Bois. Si mes souvenirs sont bons, les dernières messes de minuit qui ont été célébrées à l'église Saint Rémi, l'on été par l'abbé Smith, excusez l'orthographe, vicaire à Bains les Bains, qui était chargé de la paroisse de Les Voivres. L'église était comme d'habitude glaciale. Parfois même la voûte était couverte d'une épaisse couche de givre.

Les radiateurs à gaz mis en route, un peu avant l'office, le plus souvent par Jean Chassard, le garde champêtre, ne parvenaient pas à réchauffer l'atmosphère. Tout au plus chauffaient-ils la tête et les épaules du fidèle qui se tenait juste en dessous de l'un d'eux. La majeure partie de la chaleur qu'ils donnaient, montait. Il arrivait un moment où les assistants se refroidissaient de plus en plus tandis que le givre dégelait un peu. Tout doucement, il se détachait de la voûte pour tomber en voltigeant sur l'assemblée. On aurait pu croire qu'il neigeait.

Ce phénomène amusait fort les enfants, peut-être même leurs parents, mais ils étaient tenus par l'obligation de sérieux, étant des adultes. Ils se vengeaient en nous donnant quelques coups de missel sur la tête afin de nous la faire baisser.

Après cela, nous retrouvions nos cousins Étienne et la famille Broggini chez Fernand et Jacqueline dans la maison qu'ils ont habitée en face de la salle des associations jusqu'à ce qu'ils achètent le restaurant. Grace à la bûche confectionnée par ma mère et les talents de cuisinière de Jacqueline, nous faisions un festin de rois.

Après qu'ils eurent déménagés, le réveillon se fit désormais au Moulin des Voivres, chez mon autre oncle, Georges. Une fois, nous avions mon frère et moi une douzaine d'années, mes parents nous demandèrent, je ne sais pour quelle raison, de partir en avant-garde. Nous sommes donc montés à pied jusqu'à la Chapelle de Bonne Espérance, avons coupé à travers champs pour rejoindre le  belvédère et de là, avons gagné le Moulin des Voivres, via Maufroy et le chemin du Ru Migaille.

Le tout dans une épaisse couche de neige.

Pendant le trajet, nous nous étions mis d'accord pour faire une farce à Georges et à la grand-mère.

Ceux-ci furent un peu surpris de nous voir arriver seuls et nous demandèrent si nous n’avions pas eu trop de mal pour faire le chemin. Là, nous avons pris notre air le plus contrit qu'il soit et déclarèrent que nous avions chuté. La bûche que notre mère nous avait chargé d'amener avait été renversée.

Si Georges ne semblait pas dupe, la grand-mère était désolée et ne comprenait pas pourquoi nous ne l'avions pas ramassée, même si elle était cassée en plusieurs morceaux. Nous lui avons conté que c'était impossible, qu'ils étaient tout souillés par la terre, les feuilles mortes et la neige. Elle nous demandait quelle idée saugrenue avaient eu les parents de nous confier ce dessert alors que la marche était rendue difficile par la neige. Pince sans rire, nous débitions une sottise après l'autre sous le prétexte de l'éclairer.

Sans cœur, nous laissâmes la pauvre femme s'attrister sur ce qui pour elle était une tragédie, jusqu'à ce que les parents arrivent en portant triomphalement la très attendue bûche de Noël.

 

 

 

C'est Noël
C'est Noël
C'est Noël
C'est Noël
C'est Noël
C'est Noël
C'est Noël
C'est Noël
C'est Noël
C'est Noël
C'est Noël
C'est Noël
C'est Noël
C'est Noël
C'est Noël
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
J
Belles photos dont certaines me ramènent inévitablement et forcément avec un peu de nostalgie à mes "prestations" d'enfant de chœur. C'était alors avec l'abbé Mathieu, le prédécesseur de l'abbé Schmitt..
Répondre