On " vire " les mariés par Marie Houillon-suite

par LES VOIVRES 88240  -  24 Novembre 2020, 03:10  -  #Qu'il est beau mon village

On " vire " les mariés par Marie Houillon-suite

Il faut dire qu'il y avait à ce mariage, une sacrée équipe de jeunes qui pensaient beaucoup plus à s'amuser qu'à chercher les mariés ! Tout d'abord , il avait presque fallu les mettre dehors ! L'ambiance était si gaie, au souper de la noce, qu'ils ne voyaient pas l'heure passer. Une fois sur le chemin, entraînés par l'ami Georges, garçon d'honneur et boute-en-train confirmé, ils commencèrent à réveiller systématiquement toutes les maisonnées sympathisantes. Pas fous, hé ! On sait où s'adresser !

Et, de station en station, on arrive à la Grande Fosse, chez les parents du marié, qui se levaient, comme le jour ! Alors là, ce fut le grand déploiement de forces, tous azimuts ! L'ami Georges, prenant un pot en fonte, y entassait pommes de terre, carottes, navets, ni lavés, ni épluchés, et le portait sur le feu. Le grand Jeannot, enfilant un bleu de travail du maître de maison, empoignait un seau et partait traire les vaches à l'étable. Sachant que le maître de maison mesurait 1,60 mètre environ et le grand Jeannot, 20 cm de plus, chacun peut apprécier la qualité du spectacle ! Comme on dit chez nous, " il allait aux fraises", le Jeannot.

De plus,il  chantait, à la manière de Tino Rossi :

" Quand j'allions traire la Lunette, tralala, tralala. "

On prétend que les vaches adorent la musique. Nul doute qu'elles avaient apprécié !

Pendant ce temps, Pierrot, grimpé sur la " tisse " de foin, en " jetait bas " de grosses brassées au milieu de la grange, criant de temps à autre :

" Il y en a assez, Élie ? Encore un peu ? "

Et vlan ! Les brassées de foin dégringolaient. Il y en avait bien pour une semaine ! Elles ne mourraient pas de faim les vaches !

Dans la cuisine, Dédé s'attaquait au ménage, balai en main, tapis secoué. Il essayait bien d'y entrainer les filles, mais ces bécasses, écroulées de rire sur leurs chaises, étaient incapables de bouger ! Alors, il trouva la parade ! Prenant le moulin à café (manuel, bien sûr) de la maîtresse de maison, il se présenta devant chaque fille, lui faisant donner un tour de manivelle ou deux. Le café se trouvait vite moulu et prêt à être passé! Bien sûr, tout le monde le but, ce café, et l'on quitta enfin la maison , au grand soulagement de ses habitants, plutôt effarés par un tel tourbillon !

Mais cette fois, il faisait grand jour. Il fallait repartir chez les parents de la mariée. Plus question de chercher les tourtereaux. L'heure était passée !

A suivre

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