Il y a 100 ans le Soldat Inconnu-Document partagé par André Boban

par LES VOIVRES 88240  -  8 Novembre 2020, 03:00  -  #Histoire

Auguste Thin

Auguste Thin

Dès 1916, le Président du Souvenir Français de Rennes propose qu’un soldat français tombé au champ d’honneur, dont l’identité resterait inconnue, soit inhumé au Panthéon. Déposé le 2 novembre 1920, le projet de loi ayant pour objet « d'ordonner la translation à Paris et le dépôt à l'Arc-de-Triomphe des restes d'un soldat inconnu mort pour la France au cours de la grande guerre » est approuvé le 8 novembre à l’unanimité par les députés. Ils adoptent en même temps le lieu d’inhumation : l’Arc de Triomphe

Dès le 3 novembre, André Maginot, Ministre des Pensions, fait connaître les directives « pour faire exhumer, […], le corps d’un soldat identifié comme français, mais dont l’identité personnelle n’aura pu être établie ». L’ancien front est divisé en neuf secteurs : Flandres, Artois, Somme, Marne, Chemin des Dames, Champagne, Verdun, Lorraine et Alsace.

Le 9 novembre, les cercueils sont acheminés jusqu’à la citadelle de Verdun. L’une des casemates est aménagée en chapelle ardente. Seuls huit cercueils arrivent car un doute subsiste sur l’un des corps exhumés.

Reconstitution du choix du Soldat Inconnu

Reconstitution du choix du Soldat Inconnu

 

Le 10 novembre, André Maginot quitte Paris pour présider la cérémonie. A 15h00, il arrive à la citadelle. En tendant un bouquet de fleurs à Auguste THIN, jeune caporal du 132ème régiment désigné la veille pour choisir le Soldat Inconnu, il prononce ces paroles : « Soldat, vous allez le déposer sur l’un des huit cercueils qui sera le Soldat Inconnu […]. C’est le suprême hommage, et qui n’est pas trop grand, lorsqu’il s’agit de celui dont le sacrifice anonyme et le courage surhumain ont sauvé la Patrie, le Droit et la Liberté ».

Le jeune caporal s’arrête finalement sur le 6ème cercueil. Il expliquera son choix en affirmant qu’il a voulu rendre hommage à son régiment (132ème) en additionnant tous les chiffres (1+3+2).

Choix du cercueil du soldat inconnu par Auguste Thin, (né à Cherbourg le 12 juillet 1899 et mort à Beauvais le 10 avril 1982, est un ancien poilu, combattant français de la Première Guerre mondiale).

Le 10 novembre 1920, alors âgé de 21 ans, il fut choisi pour désigner l'un des 8 cercueils disposés dans la citadelle de Verdun, afin de choisir le Soldat inconnu qui serait transféré le lendemain à l'Arc de triomphe à Paris (et finalement inhumé le 28 janvier 1921).

Pour ce choix, l'armée avait sélectionné des dépouilles de huit soldats inconnus, morts au combat sous uniforme français sur les principaux lieux de batailles de la Première Guerre mondiale (FlandresArtoisSommeÎle-de-FranceChemin des DamesChampagneVerdun et Lorraine). Il avait été décidé qu'« un ancien poilu de deuxième classe, le plus méritant possible » désignerait l'un des huit cercueils exposés dans une galerie de la citadelle de Verdun pour être inhumé. Le soldat initialement pressenti, un martiniquais affecté au même régiment qu'Auguste, fut atteint de typhoïde et hospitalisé à quelques heures de la cérémonie. Il était impératif de trouver un autre deuxième classe ayant fait la guerre pour accomplir cette tâche. Le soldat Auguste Thin fut alors choisi car il était pupille de la Nation et le plus jeune engagé volontaire de son régiment.

Originaire de Saint-Vaast-la-Hougue en Normandie, fils de Louis Jules Adolphe Thin, né le 21 août 1876 à Port en Bessin (Calvados), soldat au 274e RImort pour la France, disparu aux combats du Fort de Vaux, il était domicilié à Port en Bessin6.

Auguste Thin est commis-épicier. Il s'engagea à Lisieux le 3 janvier 1918, à moins de 19 ans. Il participa dans les rangs du 243e RI à la contre-attaque en Champagne où il fut gazé Quelques mois après, il se retrouva à l'Hartmannswillerkopf dans les Vosges, puis au moment de l'Armistice, non loin de là, à Guebwiller. En novembre 1920, il était à Verdun à la caserne Niel, faisant partie de ceux qui devaient retourner la terre parsemée d'ossements et de baïonnettes.

Alors qu'il faisait partie de la garde d'honneur qui veillait les corps dans une galerie transformée en chapelle ardente dans la citadelle de VerdunAndré Maginot, alors ministre des Pensions et blessé de guerre, lui tendit un bouquet d'œillets pour qu'il le pose sur le cercueil qu'il aurait choisi. Le soldat fit un premier tour rapide des huit cercueils disposés sur deux colonnes de quatre puis s'arrêtera dans un second tour, devant le 6e.

Auguste Thin témoignera plus tard de son choix : « Il me vint une pensée simple. J'appartiens au 6e corps. En additionnant les chiffres de mon régiment, le 132, c'est également le chiffre 6 que je retiens. Ma décision est prise : ce sera le 6e cercueil que je rencontrerai. » Ceci est évoqué par Bertrand Tavernier dans son film La Vie et rien d'autre.

Auguste Thin a été décoré, un peu avant sa mort, de la croix de la Légion d'honneur, à l'Arc de triomphe, par François Mitterrand.

La tombe du Soldat inconnu est une sépulture installée à Paris sous l'arc de triomphe de l'Étoile depuis le 11 novembre 1920. Elle accueille le corps d'un soldat non identifié, mort lors de la Première Guerre mondiale et reconnu français, pour commémorer symboliquement l'ensemble des soldats qui sont morts pour la France au cours de l'histoire.

La sépulture, entourée de bornes de métal noir reliées entre elles par des chaînes, se compose d'une dalle de granite de Vire sur laquelle est inscrite l'épitaphe : « Ici repose un soldat français mort pour la Patrie — 1914 - 1918 ». En 1923, une flamme éternelle est ajoutée, ravivée tous les jours. Après la Seconde Guerre mondiale, est installé au pied de la tombe un bouclier de bronze chargé d'un glaive enflammé, offert par les Alliés à la gloire des armées françaises et en mémoire de la libération de Paris.

L'expression « dalle sacrée », popularisé par le général Weygand, est utilisée par les associations d'anciens combattants pour désigner le tombeau et sa flamme. La garde du monument est assurée en permanence par un service spécialisé de la Police nationale.

La flamme éternelle sur la tombe du Soldat inconnu. La flamme jaillit d'une gueule de canon pris à l'ennemi, placée au centre d'un bouclier de bronze, d'où rayonne une frise de glaives ciselés

La flamme éternelle sur la tombe du Soldat inconnu. La flamme jaillit d'une gueule de canon pris à l'ennemi, placée au centre d'un bouclier de bronze, d'où rayonne une frise de glaives ciselés

L'idée de faire brûler une flamme en permanence est tout d'abord émise début 1921 par le sculpteur ariégeois Grégoire Calvet. C'est finalement Augustin Beaud qui initia son installation en référence à la petite lampe qui illuminait le cimetière de Panossas, où il vécut dans son enfance, car il trouvait le site austère au regard du symbole qu'il représente. Il soumet alors l'idée au général Henri Gouraudgouverneur militaire de Paris puis au conseil municipal qui l'approuve. Initialement conçue pour être allumée tous les 11 novembre, les journalistes Gabriel Boissy et Jacques Péricard proposèrent en octobre 1923 de la ranimer chaque jour à 18 h 30 par des anciens combattants et l'opinion publique soutint ce projet. L'architecte Henri Favier, témoin dans son enfance des feux follets des cimetières, dessina la bouche à feu (gueule d'un canon braqué vers le ciel, encastré au centre d'une sorte de rosace représentant un bouclier renversé dont la surface ciselée est constituée par des glaives formant une étoile) qui fut réalisée par le ferronnier d'art Edgar Brandt.

La flamme sacrée sous l'arc de triomphe fut ainsi allumée pour la première fois le 11 novembre 1923 à 18 h par André Maginot, en présence du général Gouraud. Alors que le ministre de la Guerre allumait la flamme à l'aide d'un tampon d'étoupe au bout d'un fleuret, des troupes du 5e régiment d'infanterie présentaient les armes et la musique jouait la Marche funèbre de Chopin. Le 81e régiment d'infanterie de ligne (surnommé « régiment de la flamme ») ranimait chaque année, en déléguant un piquet d'honneur, la flamme du Soldat inconnu. Ce régiment, transféré à Montpellier en 1983 et devenu régiment de manœuvre de l'École d'application de l'infanterie, a été dissous en 1995.

Ravivage de la flamme : Le président de la République, Paul Doumer, ranimant la flamme sur la tombe en 1931.

Ravivage de la flamme : Le président de la République, Paul Doumer, ranimant la flamme sur la tombe en 1931.


 

 

Le ravivage de la flamme sur la tombe du Soldat inconnu a lieu chaque soir depuis 1923 à 18 h 30. Il est assuré par le Comité de la Flamme (représentant 760 associations d'anciens combattants) ou des associations dont le civisme est reconnu, notamment l'Association des Vendéens de Paris et d'Île-de-France. Le ravivage se déroule selon un cérémonial précis : défilé jusque sous l'arc de triomphe, porteurs de gerbes en tête, suivis des porte-drapeaux et des membres de l'association ; disposition ordonnancée autour de la Dalle sacrée, mise en place du drapeau de « La Flamme », du clairon et du tambour de la Garde républicaine ; montée du Commissaire de la Flamme et des présidents d'Associations accompagnée par la sonnerie « La Flamme » pour la dépose de gerbes ; ravivage par un glaive qui ouvre un peu plus la trappe de la flamme pendant que la sonnerie Aux Morts retentit, que les drapeaux s'inclinent et qu'une minute de silence est observée ; signature du livre d'or, salutations des membres alignés le long de la dalle (personnalités politiques, anciens combattants, porte-drapeaux, pensionnaires de l'Institution nationale des Invalides, présidents des associations), écoute au « pied » de la tombe de l'hymne Honneur au Soldat inconnu ; raccompagnement aux chaînes par le Commissaire de service alors que la musique sonne La Flamme.

Des cérémonies particulières ont lieu les 8 mai et 11 novembre (jour du Souvenir).

Fondée en 1925 et déclarée le 16 octobre 1930, l’association « La Flamme sous l’arc de triomphe » désigne en le général Gouraud, mutilé de guerre et gouverneur militaire de Paris, comme son premier président ; il en reste à la tête jusqu’en 1946, date de sa mort. La présidence est assurée depuis décembre 2012 par le général d'armée de deuxième section Bruno Dary, ancien commandant de la Légion étrangère et gouverneur militaire de Paris.

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Je reconnais bien là André Boban; organisateur infatigable du Devoir de Mémoire.

Dans une vie antérieure, alors Secrétaire de la 76ème Section des Médaillés Militaires, l’année 2007 avait été riche en matière de manifestations pour célébrer son 100ème anniversaire.
L’"Album du Centenaire" https://www.fichier-pdf.fr/2011/08/24/100-a-fusion/ (pages 18-19 et planches VIII -IX) que j’avais rédigé pour la résumer, exprime bien la fierté que nous avions ressentie a avoir l’honneur de raviver la Flamme le 15 mai 2007
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