En passant par le Château de Paille

par LES VOIVRES 88240  -  30 Juin 2020, 03:03  -  #Qu'il est beau mon village

Le Château de Paille

Le Château de Paille

Un ancien château à les Voivres dans ce pays de manants ! C'est d'ailleurs un château de pauvres. Depuis 50 ans que le lieu est inhabité, il n'y a qu'une seule gouttière mais elle est énorme. La moitié du toit s'est effondré et ce qu'il reste de la charpente ne serait sans doute pas assez solide pour servir de cure-dents.

En fait si l'on se reporte à l'irremplaçable abbé Olivier, c'est une traduction aussi élégante qu'arbitraire de Chazeau Paille. Le Chazeau ou Chazal indique l'emplacement de maisons jadis détruites par un incendie. Paille peut venir de Palea, paille, d'où maison couverte de chaume ; ou bien ce qui est moins vraisemblable, ce serait une altération de pal qui dérive de palus, lieu marécageux, d'où maison au sol humide.

Cette dernière hypothèse ne semble pas être la bonne car à cet endroit, l'eau n'a pas tendance à stagner comme dans les champs des Feugnottes à côté où la terre est un peu argileuse. Les anciens exploitants avaient creusé des rigoles de drainage dans les parcelles en face du lotissement.

D'ailleurs les habitants de ce lieu ont eu du mal de trouver de l'eau. Ils ont creusé un puits dans la cour. Sans doute ne donnait-il pas assez régulièrement car il ont fait aussi un forage dans un de leur champs à plusieurs centaines de mètres de là, sur la colline qui domine l'exploitation de Bernard Houillon.

Les derniers propriétaires qui habitaient la maison, un frère et une sœur exploitaient une toute petite ferme de 4 ou 5 hectares seulement. C'étaient le Jules et la Marie Gérard dit Fanfan. Il y avait un parc devant la maison pour leurs deux ou trois  vaches. Une prairie fournissant le fourrage pour l'hiver lui faisait face. Quelques parcelles de 20 ou 30 ares à proximité de la ferme permettaient de cultiver un peu de céréales et un lopin de pommes de terre.

Peu de terres sur lesquelles peu d'engrais étaient épandus. Les récoltes étaient maigres.

Une année Jules se cassa une jambe. Les jeunes du village allèrent un dimanche après-midi récolter les pommes de terre car Marie n'aurait pu y arriver seule. Pour nous c'était une occasion de leur apporter un peu d'aide tout en passant quelques bonnes  heures ensemble. Mais c'était compter sans le caractère autoritaire de cette vieille personne.

Elle nous demanda de trier les tubercules en 3 catégories. Les petites pour les poules, les moyennes pour eux, les grosses pour le cochon.

De plus il y avait deux variétés de pommes de terre. La récolte promettait de se transformer en corvée et d'être fort longue. En fin de compte, nous n'avons pas tenu compte de ses jérémiades et avons mis ensemble les différents calibres. Il était aussi simple de les trier à la cave, au fur et à mesure des besoins, comme tout le monde faisait.

Tous les matins Jules emmenait son lait au carrefour avec la grand route de Bains les Bains à presque un kilomètre de là. Il mettait un ou deux bidons de 20 litres dans une petite remorque qu'il attachait derrière sa Mobylettte comme cela ce faisait souvent alors. Malheureusement l'hiver le passage était presque obstrué tout du long par des congères que le chasse neige, quand il y en avait un, ne parvenait pas à déblayer. La route menant à La Grande Fosse était alors régulièrement fermée comme cela s'est encore produit les années dernières.

Je ne sais pas comment il se débrouillait pour livrer son lait. Mais comme ses vaches n'étaient nourries qu'avec un peu de foin trop mûr quand elles n'allaient pas à la pâture, la production devait être très réduite ou nulle.

Un couple a acheté le Château de paille, David d'Oliveira et Mallory Vaxelaire. Lui est travailleur indépendant. Il est consultant dans l'industrie pétrochimique et nucléaire. Il envisage toutefois une reconversion. Elle est thérapeute. Ils veulent rénover la ferme pour y installer des gites ruraux.

 

 

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jean7288 30/06/2020 11:47

« Il est consultant dans l'industrie pétrochimique et nucléaire. Il envisage toutefois une reconversion. » : aurait-il senti venir "la vague verte"... qui, malgré quelques très belles "prises", ne reste, si l'on analyse bien les résultats, qu'un frémissement de l'onde qui risque fort de se perdre (les exemples ne manquent pas) aux rives de 2022.