Un bol d'air pour les résidents en Ehpad

par LES VOIVRES 88240  -  25 Avril 2020, 03:27  -  #Société

Un bol d'air pour les résidents en Ehpad

L'annonce était passée ce week-end mais étant donné le nombre de nouvelles contradictoires depuis 2 mois, le doute persistait. Les résidents en Ehpad allaient-ils pouvoir de nouveau recevoir la visite de leur famille ? Il faut dire que les préconisations de certains médecins ou responsables, dont la présidente de l'Union Européenne, de les garder confinées au moins jusque la fin de l'année, avait fait l'effet d'une douche froide. Ma sœur, mon frère et moi, nous nous demandions si nous reverrions un jour notre mère vivante. Nous n'étions pas seuls dans ce cas. A Paris, une personne a même entamée une grève de la faim pour avoir le droit de voir sa mère confinée en maison de retraite.

Bien sûr tout le monde ne peut pas venir en même temps. Seules une ou deux personnes par famille sont autorisées à rencontrer leurs parents. Il faut porter des protections, respecter les distances de sécurité. Il n'est pas question de se faire la bise ou de rester assis côte à côte. Mais cela a fait quand même un énorme plaisir à ma mère de voir ma sœur et de lui parler et il faut espérer que beaucoup de familles pourront elles aussi rencontrer leurs proches. Moi-même je n'ai pu la voir que de loin et lui adresser un salut à 5 mètres à travers une porte vitrée. Dommage, mais elle a vu que j'étais en bonne santé.

Malheureusement pour eux, tous les résidents ne recevront pas de visites. Certains ne voient jamais personne à part les bénévoles du CCAS de la Vôge les Bains ou quand une animation se déroule dans l'établissement. Soit ils ont rompu tous liens avec leurs proches ou bien ceux-ci habitent trop loin et ne peuvent venir guère plus d'une fois ou deux par an. En fin de compte, on peut se retrouver aussi seul là que chez soi.

Pendant le confinement le directeur avait demandé d'envoyer des dessins, des poèmes aux pensionnaires de la résidence Les Sentiers d'Automne. L'appel a été entendu par de nombreuses personnes du Val de Vôge. Cela fait parti de ces élans de solidarité qui compensent les actes inciviques de ceux qui ne respectent pas les règles du confinement ou jettent dans la rue après usage les masques et les gants souillés. Il ne faut pas oublier les actes carrément malveillants contre des soignants, des pompiers ou des salariés actuellement en activité sous le prétexte qu'ils risquent de contaminer leurs voisins.

On voit donc qu'avant la date officielle de déconfinement le vie reprend tout doucement son cours. Petit à petit des commerces autorisés sont de nouveaux ouverts. Les serres Thomas René à côté de chez moi accueillent ainsi leurs premiers clients. Il était temps car beaucoup de plants de légumes sont assez grands pour être repiqués. Sur la zone aménagée, les entreprises Corba et In Bô semblent se préparer à reprendre leurs activités au jour J, du moins en partie. Les portes des ateliers sont de nouveaux ouvertes et il y a des voitures sur le parking.

En fin de compte la plupart des pays envisagent un déconfinement fin avril, début mai. Même aux États-Unis qui voient pourtant le nombre de leurs morts grimper en flèche, tout le monde veut sortir de cette situation. La Floride qui fait partie des états les plus touchés par cette épidémie a franchi le pas. Dans la foulée elle a rouvert certaines de ses plages. Elles ont été immédiatement prises d'assaut. La Géorgie a fait de même avec ses commerces en dépit de l'avis des scientifiques. Encore une fois merci pour les mesures de sécurité que chacun est censé prendre à l'heure du déconfinement.

En fait nos dirigeant s'appuient sur ces soi-disant gestes barrières qui devront être respectés partout, aussi bien sur les lieux de travail, que dans la rue, les transports ou les écoles pour annoncer la reprise des activités sans être sûrs que l'épidémie sera jugulée. Ils ont lancé la consigne de les observer et après, ils s'en lavent les mains*. D'après ce que l'on peut voir, partout où il est possible de sortir normalement, c'est au contraire le foutoir le plus complet avec des queues devant les guichets et la cohue dans les rues. Tout le monde a l'air de se conduire comme si le déconfinement lui conférait une immunité. Ce n'est pas du tout le cas et dans les faits, il n'est même pas certain que des personnes qui ont été malades, ne puissent pas de nouveau être contaminées. En France il sera possible de savoir dés le 20, 25 mai si la levée des mesures a été prise trop tôt ou pas. Mais si par malheur c'était le cas et qu'une nouvelle vague de malades arrive, on voit mal quelles décisions le gouvernement pourrait prendre. Décider d'un nouveau confinement qui plomberait définitivement notre économie, cela ne parait guère pensable. Autrement il reste, comme le préconise des médecins à laisser la maladie suivre son cours jusque ce qu'une grande partie de la population ait été contaminée.

Pour le moment en France on en est loin. Il n'y a guère que 160 000 cas déclarée. Même en ajoutant les porteurs sains qui faute de tests n'ont pas été détectés, il n'y a donc qu'une très faible partie de la population qui a été touchée.

Malgré cela le pays compte déjà plus de 20 000 personnes décédées. Combien y en aura-t-il si l'on applique cette théorie de laisser le Covid-19 suivre son chemin ? Sans doute entre 0,5 et 1 % des personnes contaminées, soit entre 250 000 et 500 000 morts.

*Jules César craignait-il déjà d'être contaminé ?

En fait il fallait lire Ponce Pilate. La semaine a été chargée. C’était un test pour voir si vous suivez dirait Booder.

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J
Des maisons de retraite, j'en ai plutôt une très mauvaise opinion.
D'abord avec ma mère du côté de Mirecourt (en1978 -79) où je pense que les conditions de vie en vigueur n'ont fait qu'accélérer sa fin.
Plus récemment, à La Flèche dans les années 2000, où j'ai eu l'occasion de visiter un vieil ami dans un établissement pourtant de "haut niveau" (surtout financier) et constater amèrement le délaissement des patients au motif, toujours invoqué par les personnels soignants, du manque d'effectifs.
S'ils « s'en lavent les mains », on dira pour leur défense, que les dirigeants ne font qu'appliquer une mesure barrière qu'il recommandent à longueur de journée (mais que certains connaissaient déjà bien avant). Rendons cependant à Ponce Pilate, plus qu'à Jules César, ce qui lui appartient.
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L
Oups ! une boulette !