Nous allions vers les beaux jours

par LES VOIVRES 88240  -  18 Avril 2020, 03:36  -  #Société

Nous allions vers les beaux jours

Il fait beau et chaud comme dans la fameuse contrepèterie belge. C'est une des rares que je connaisse avec " ne pas confondre patins à roulettes et ..." ou "couper les nouilles au sécateur...". Bon je vous laisse phosphorer. Cela vous fera du bien. Avec ce confinement je vous trouve un peu ramollo en ce moment. Il est vrai que tourner en rond dans la maison avec comme seule possibilité de peigner la girafe n'aide guère à se maintenir en forme physiquement et la télé ou les jeux vidéos que vous bouffez à longueur de journée finissent de vous destroyer le bulbe.

C'est donc l'été qui arrive aussi brutalement que le dernier coup de froid nous est tombé dessus. Ce ne sera sans doute pas le dernier. Gare aux Saints de glace. Mercredi soir, c'était encore le vent du Nord qui dominait. Jeudi au lever du jour, le vent d'Ouest soufflait déjà fort. Il n'y a toujours pas de pluies en vue à part la possibilité de quelques orages. Il va falloir que je campe la pompe pour arroser le jardin. Ça risque de ne pas être de la tarte. Il faut quand même tenter le coup. Ce n'est pas possible de tout arroser à la main et dans ce cas il faudrait limiter les semis car nous allons tout droit vers la sécheresse, sauf changement de temps radical. Décidément, ce printemps, le soleil n'est pas forcément une promesse de beaux jours.

Dans le beau livre de Patrick Cauvin " Nous allions vers les beaux jours", le printemps qui arrivait semblait constituer une promesse de bonheur et d’amélioration de leur sort pour les prisonniers juifs, enrôlés par la Gestapo, qui participaient au tournage d'un film montrant les conditions de vie fictives dans les camps d'extermination. On dit toujours que la vie réelle est plus forte que la fiction. Dans les faits, ce camp monté de toute pièce pour tromper la Croix Rouge a bel et bien existé. Il s'agissait du camp de concentration de Theresienstadt, à l'été 1944, dont une partie avait tout des allures d'une résidence  de vacances pour les besoins du film.

Cet épisode tragique n'est  pas sans rappeler la légende des " villages Potemkine " qui auraient été construits à l'occasion du voyage en Crimée de l'impératrice russe Catherine II par son favori et amant, Grigori Potemkine.

 Désinformation, propagande, ces  instruments sont privilégiés par tous les  pouvoirs depuis toujours. Ils ne sont pas le privilège des dictatures, même les démocraties les emploient. En ce moment l'état français semble vouloir gérer la situation en les utilisant à plein régime. La liste des actions menées depuis le début de la pandémie est longue :

-Refus, pour des motifs économiques, de considérer qu'il fallait appliquer rapidement un confinement tout en affirmant qu'il n'y avait pas lieu de s'inquiéter. La Chine c'est loin. La preuve est donnée maintenant que pour les pays l'ayant appliqué tôt, que ce soit la Chine, le Danemark ou l’Autriche, cette stratégie a payé. Au USA, où chaque état a décidé de le déclarer ou non, la Californie qui a pris ces mesures dès le début a eu beaucoup moins de morts que l'état de New York qui a freiné des 4 pattes et des sabots avant de se décider.

Ne parlons pas de Coin-Coin qui prétendait que la crise économique provoquée par le confinement provoquerait plus de morts par suicides que la maladie.

-Les masques ne servent à rien. C'est sans doute là que l'on a commencé à nous prendre vraiment pour des cons. Qui pouvait croire cela quand il était évident que seule leur incapacité de fournir des masques à toute la population était en cause.

-Nous ne mentionnerons même pas les débats pour ou contre la chloroquine qui ne font que retarder l'utilisation possible à grande échelle d'un médicament à bas prix.

-La rentrée scolaire le 11 mai doit permettre d'éviter le décrochage des élèves les plus défavorisés. Très bien mais au risque de nous répéter, pourquoi dans ce cas faire revenir les maternelles si ce n'est la volonté de se servir de l'école comme garderie pour les parents qui reprendront le travail ? De toute façon Covid 19 ou pas, nous sommes dans un système scolaire qui, malgré toute la bonne volonté des enseignants comptent entre 20 et 30 % d'élèves qui décrochent. Cela va de l'analphabétisme à la sortie de l'école sans diplômes permettant de trouver du travail. Aujourd'hui avoir le brevet ou le bac, sauf si c'est un bac professionnel ne sert presque à rien. Contrairement à l'Allemagne, trop peu de jeunes sont dirigés vers des filières techniques ou l'apprentissage et il n'y a pas assez de passerelles permettant de reprendre par la suite des études plus longues. De toute façon, même si c'est malheureux à dire, les élèves qui décrocheront cette année, l'auraient sans doute fait de toute façon.

-Le site officiel du gouvernement  Info Coronavirus COVID-19 | Gouvernement.fr ne mentionne toujours pas les morts en Ehpad ou dans les établissements spécialisés. A la date du 15 avril au soir, il indiquait 10 643 personnes décédés à l'Hôpital depuis le 1 mars. Or à la même date en additionnant les morts dans les autres établissements dont les Ehpad on arrive à 17 167 morts. Ce n'est plus tout à fait la même chose. Ce mercredi là, il y a eu ainsi 1 438 décès recensés. Du jamais vu. Peut-on dire dans ce cas qu'un pic ou même un plateau a été atteint et prévoir la date d'un déconfinement ?

Ceci n'est qu'un florilège que nous pourrions prolonger longtemps. On peut se demander si le gouvernement, en voulant à tout prix que les élections municipales aient lieu, malgré les risques qui pesaient déjà sur la France, ne craignait pas de se faire blackbouler à la sortie du confinement, à force de prendre les électeurs pour des demeurés.

Je ne sais pas si je vous l'ai dit. Quand le film de propagande sur Theresienstadt a été terminé, une grande partie des acteurs fut éliminée.

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J
« la télé ou les jeux vidéos que vous bouffez à longueur de journée finissent de vous destroyer le bulbe » : de destroyer j'en arrive irrésistiblement à porte-avions et je m'étonne du quasi silence-radio du Chef des Armées, lui qui avait été si prompt à le rappeler au Général de Villiers.
Il est vrai qu'à voir l'embarras de la Ministre de ces mêmes Armées manifestement dans ses petits souliers lors de son audition hier et celui du Porte-parole de l’EMA ce matin, il est clair que la 5ème ou 6ème Puissance du Monde en prend - et bien que le mot à la mode soit « humilité » depuis quelque temps - un sacré coup... au moins pour son orgueil. Ce regrettable épisode au goût de Covid-19 nous fait passer, au mieux pour des "charlots" (c’est le cas de le dire, un peu irrespectueusement, s’agissant du "Charles de Gaulle"), au pire pour des incompétents.
Dans une vie antérieure qui nous parait maintenant si loin dans cette vie baignée de virus, on avait parlé de « capitaine de pédalo » pour son prédécesseur. Mais qu’est-ce qu’un porte-avions sans la moitié de son équipage parti probablement s’égailler imprudemment dans les rues brestoises ?
Il faut dire que notre ex-Jupiter a bien d’autres chats à fouetter et qu’il a dû se faire remonter sérieusement les bretelles par sa protectrice "déesse" quand elle a compris qu’à partir du 11 mai elle allait – limite d’âge oblige - se retrouver toujours confinée (il y a pire) à l’Elysée.
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L
On peut croire qu'ils font concurrence aux Ehpad. Sauf que les malheureux résidents n'ont jamais mis les pieds dehors. On leur apporte la mort à demeure.