Les Voivres autrefois : Le Pont des Fées

par LES VOIVRES 88240  -  3 Janvier 2020, 21:22  -  #Artisans et services

En Avril 1968 Jacqueline et Fernand ETIENNE rachètent le bar de Les Voivres à Marie et René DIDIER, un peu par hasard : ils ne sont pas restaurateurs de métier, Fernand travaille à la Tréfilerie, Jacqueline élève ses 5 enfants et fait de la broderie.

 

A l'époque c'est principalement un bar, épicerie ; on y sert exceptionnellement des repas, en particulier lors des enterrements.

 

Ils décident de l'appeler " le Pont des Fées ".

 

Jacqueline se souvient du premier jour d'ouverture, mémorable :

"On avait prévu d'ouvrir le jour des Rameaux.

Toute la semaine il avait neigé et dans la nuit le temps s'est radouci, la neige a fondu;

L'ancien propriétaire René Didier avait encore des vaches dans l'écurie derrière, à la place de l'actuelle cuisine ;

la neige en fondant a entrainé le purin qui, au matin, traversait tout le bar.

On était catastrophés : après la messe, les hommes du village se retrouvaient au bar pour l'apéritif, jouer aux cartes et prendre les dernières nouvelles du coin.

On a vite tout épongé avant l'arrivée des premiers clients.

Durant 25 ans passés au Pont des Fées, on en a des souvenirs !"

 

Allez Jacqueline, encore un

 

" Un Samedi en fin d'après midi, on servait quelques clients au bar. On voit entrer une mariée suivie de toute une noce.

- Vous voulez un renseignement ?

-Oui, où se trouve la salle pour le repas ?

- Mais quel repas ?

- Ben, le repas de mariage

- Mais vous ne m'avez pas réservé de repas

- Ah bon, on a oublié, on était venu il y a quelques semaines se renseigner sur les menus, on n'a plus pensé à réserver. Vous trouverez bien quelque chose à nous faire.

Heureusement, j'avais commencé à cuisiner pour un banquet prévu le lendemain, je leur ai servi ce que j'avais préparé.

 

On était ouvert tous les jours, on faisait à la fois bar, épicerie, tabac, dépôt de presse.

Durant plusieurs années on possédait le seul téléphone de la commune ; on portait aussi les télégrammes ".

 

L'épicerie a été progressivement abandonnée quand la restauration s'est développée

La cuisine familiale de Jacqueline a rapidement fait la renommée du Pont des Fées.

Fernand et Jacqueline cultivaient eux-mêmes leurs légumes et faisaient leurs conserves.

 

" On devait faire environ 700 bocaux de haricots tous les ans ; tout le monde aidait pour équeuter les montagnes de légumes ramassés : les enfants, certaines femmes du village et même des curistes ".

 

Pour faire face aux demandes de pension complète, ils rachètent la maison attenante pour y faire une grande salle de restaurant et des chambres dans les greniers.

Ils rachètent aussi les 2 maisons situées en face et la maison sur le côté, les démolissent et rasent la butte pour y faire l'actuel parking.

 

Arrivés à l'âge de la retraite ils vont avoir beaucoup de difficultés à trouver un repreneur : trop de travaux à réaliser pour répondre aux normes en vigueur.

Après avoir eu 5 gérants, ils vendent l'établissement à la commune qui va aménager des studios à louer dans les chambres de l'hôtel et confier la gérance du restaurant à" Rémy ".

Les Voivres autrefois : Le Pont des Fées
Les Voivres autrefois : Le Pont des Fées
Les Voivres autrefois : Le Pont des Fées
Carte postale année 1913

Carte postale année 1913

Les Voivres autrefois : Le Pont des Fées
rue de Bains 1908

rue de Bains 1908

Les Voivres autrefois : Le Pont des Fées
Vue côté Sud 1914

Vue côté Sud 1914

Les Voivres autrefois : Le Pont des Fées
L'autre entrée du village en 1915

L'autre entrée du village en 1915

Texte et photos G.Marmiesse

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