En passant par la fontaine de la Grande Fosse

par LES VOIVRES 88240  -  3 Octobre 2019, 03:24

Il pleut depuis plusieurs jours seulement. La plupart du temps ce ne sont que quelques averses. Parfois il est vrai une bruine plus âpre nous cingle le visage. Mais on ne peut parler de  grandes eaux. Depuis dimanche soir il est tombé seulement quelques centimètres, entre 5 et 10 selon les endroits.

Dans notre inconséquence nous grognons. Il fait plus froid, c'est mouillé et après avoir travaillé dehors on revient avec les chaussures pleines de boue alors qu'il y a une semaine il aurait été possible de rester en pantoufle pour aller au jardin.

A propos de cette boue qui recouvrait les vêtements et les mains, ma grand-mère disait :

-"Il n'y a rien de plus propre quand c'est lavé."

Dieu sait pourtant qu'elle avait, comme ces contemporains, comme tous les gens de Les Voivres jusqu'à la deuxième moitié des années cinquante, connu les problèmes qu'il fallait affronter pour se laver ou faire une lessive.

Chez les grands-parents une moto-pompe avait été installée qui permettait de réduire la corvée d'eau quand elle voulait bien fonctionner car les arrêts pour cause de pannes du moteur et de gel était nombreux. On voyait alors arriver le Paul Vilmon, le plombier mécanicien du village aux doigts d'or. D'ailleurs même après avoir bénéficié de l'eau du réseau, les coupures du à des fuites ne manquaient pas. Nous ne parlons même pas de ce fameux hiver au début des années soixante où les conduites mal protégées ont gelé.

Il faudrait un chapitre entier pour évoquer ces semaines. On peut quand même mentionner les efforts qu'il fallait faire pour démarrer le tracteur, aller chercher de l'eau à la fontaine des Bastien et se battre ensuite avec les couvercles des bidons soudés par le gel. Si ceux ci n'étaient pas mis, l'eau se renversait pendant le trajet et transformait la route en patinoire. Mais il fallait coûte que coûte abreuver le bétail qui ne pouvait sortir sans risquer de se casser une patte. Personne dans nos régions ne connaissait la recette des habitants du Grand Nord qui mettent de la neige sur leurs récipients pour éviter de renverser de l'eau.

Quoiqu'il en soit nous sommes une civilisation qui ne sait plus se passer de celle-ci sur l'évier. On ne peut laver de la salade ou faire une vaisselle sans en user de 10 à 15 litres. Idem pour aller pisser ou se laver le visage.

Ne parlons pas des douches, bains, ni des jacuzzis. En ce moment ces derniers sont d'ailleurs concernés par les mesures de restrictions d'eau.

Alors que ferons nous si un jour, comme cela a été le cas pendant quelques temps à Harsault, l'eau du réseau venait à manquer parce que la source était à sec ?

Il ne serait même pas question d'aller en chercher aux fontaines comme celle de la Grande Fosse car il est probable que la plupart seraient elles aussi en déficit. La solution de se faire ravitailler par les communes voisines ne tiendrait sans doute pas longtemps car la situation en cas de sécheresse extrême tournerait vite au chacun pour soi comme cela a été le cas au cours des siècles chaque fois où cela est arrivé.

Il ne reste donc qu'une solution, celle qu'on adopté la plupart des Australiens, incités en cela par les amendes faramineuses pouvant aller jusqu'à 50 000 dollars, qu'ils risquent d'avoir s'ils gaspillent l'eau.

Ils se sont mis à adopter les bons gestes, à acheter des économiseurs d'eau, à remplacer leurs pelouses par d'autres plantes, à ne plus utiliser leurs piscines ou laver leur voiture à grande eau.

Cela à marché. Cela a même marché très bien. Il y a eu de 20 à 30 % d'économies. Cela a même été si efficace que les gouverneurs de ces régions qui vont être prochainement touchées par une sécheresse sans précédent savent qu'ils ne pourront pas demander beaucoup d'efforts supplémentaires à leurs concitoyens.
Chez nous par contre il y a de la marge. Une marge énorme même car pratiquement personne, particuliers, entreprises ou collectivités n'a respecté les consignes de restrictions d'eau édictées par la préfecture.

Depuis l'usage des fameux jacuzzis, en passant par celui des piscines, le lavage des véhicules, l’arrosage des jardins ou des espaces publics en dehors des heures autorisées, le remplissage de plans d'eau pour l'agréement, sans parler de ceux qui ont servi pour faire une compétition de 4/4 dans la boue, tout le monde s'en fout.

En fait que ce soit l'eau, le pétrole ou toutes autres sources d'énergie ou de vie nous les gaspillerons. Quand on est con, on est con !

 

 

Paroles
Quand ils sont tout neufs
Qu'ils sortent de l'œuf
Du cocon
Tous les jeunes blancs-becs
Prennent les vieux mecs
Pour des cons
Quand ils sont d'venus
Des têtes chenues
Des grisons
Tous les vieux fourneaux
Prennent les jeunots
Pour des cons
Moi, qui balance entre deux âges
J'leur adresse à tous un message
Le temps ne fait rien à l'affaire
Quand on est con, on est con
Qu'on ait vingt ans, qu'on soit grand-père
Quand on est con, on est con
Entre vous, plus de controverses
Cons caducs ou cons débutants
Petits cons d'la dernière averse
Vieux cons des neiges d'antan
Petits cons d'la dernière averse
Vieux cons des neiges d'antan
Vous, les cons naissants
Les cons innocents
Les jeunes cons
Qui, n'le niez pas
Prenez les papas
Pour des cons
Vous, les cons âgés
Les cons usagés
Les vieux cons
Qui, confessez-le
Prenez les p'tits bleus
Pour des cons
Méditez l'impartial message
D'un qui balance entre deux âges
Le temps ne fait rien à l'affaire
Quand on est con, on est con
Qu'on ait vingt ans, qu'on soit grand-père
Quand on est con, on est con
Entre vous, plus de controverses
Cons caducs ou cons débutants
Petits cons d'la dernière averse
Vieux cons des neiges d'antan
Petits cons d'la dernière averse
Vieux cons des neiges d'antan
Fontaine de la Grande Fosse. Photos Genevieve Marmiesse

Fontaine de la Grande Fosse. Photos Genevieve Marmiesse

Jean, Louis, Paul GERVAIS (1859-1944)

La Fontaine de Jouvence

 

 

J’aime l’eau des fontaines
chantant dans les bassins
sa joyeuse rengaine
aux froufrous cristallins

vive et impatiente
elle fait mille tours
pour garder transparente
l’écume de ses jours

en sa rythmique danse
d’un manège sans fin
elle sourd et s’élance
en gracieux dessins

ses figures isotropes
forment furtivement
un kaléidoscope
aux liquides fragments

son élégant murmure
ravit les promeneurs
il berce et il rassure
les pigeons picoreurs

les belles demoiselles
fréquentant les jardins
relèvent leurs dentelles
pour rafraîchir leurs mains

dans cette eau en mouvance
elles leur offrent un temps
un pur bain de jouvence
à l’ombre du printemps

les hommes en goguette
s’approchent pour flirter
l’on voit leurs yeux en fête
dans l’onde miroiter

alors autour des vasques
aux purs jaillissements
des mots aphrodisiaques
s’échangent tendrement

et sur chaque fontaine
cachées dans les jeux d’eau
les nymphes en leur domaine
veillent les tourtereaux

En passant par la fontaine de la Grande Fosse
En passant par la fontaine de la Grande Fosse
En passant par la fontaine de la Grande Fosse
En passant par la fontaine de la Grande Fosse

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M
L'eau, ce bien précieux, comme vous l'écrivez, on remplit des piscines, des jacuzzys, on lave les voitures, en résumé on la gaspille à outrance. La sécheresse de cet été nous a imposés de nouvelles règles en matière d'économie d'eau. C''est une bonne chose. De par ma profession au Sahara, j'ai connu la limitation de la consommation d'eau et quelle eau, une eau saumâtre, voire ne pas se laver le matin. Là bas, la question de l'eau était cruciale, tellement cruciale que ce couple de touristes anglais ont certainement connu une mort lente par manque d'eau, une imprudence du fait de s'être lancé sur une fausse piste en plein coeur de l'erg.
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G
Depuis le temps qu'on sait ! Je me souviens de René Dumont , candidat à la présidentielle de 1974 , qui se présentait avec un verre d'eau pour nous sensibiliser au problème qu'allait poser le manque d'eau potable
Mais on continue de faire l'autruche
Magnifiques poèmes !
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