Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
LES VOIVRES 88240

Quand le Val de Vôge a décidé qu'il ne voulait pas mourir

« Terres sacrées – des Vosges aux Amériques » Lever de soleil à Notre dame de Bonne Espérance


 

La chapelle de Bonne Espérance dédiée à la Vierge Marie a été construite entre 1857 et 1858. par l'abbé Daubié desservant la paroisse de Les Voivres. C'est ce que nous pouvons lire dans l’ouvrage écrit par la Voivraise Marie Houillon sur l'histoire de la commune. A l'époque son inauguration avait fait l'objet d'un grand article dans "L'Espèrance, Courrier de Nancy" du vendredi 1er octobre 1858.

A Les Voivres beaucoup d'archives manquent. Heureusement l'histoire locale retient que la cloche de l'édifice a été offerte par l'impératrice Eugénie. Elle a rencontré l'abbé Daubié quand elle accompagnait l'empereur Napoléon III venant régulièrement dès 1856 en cure à Plombières les Bains. Avertie de l'intention de l'abbé de construire une chapelle, elle a alors proposé de financer cette cloche.

Gravement endommagée par un arbre qui s'abat sur la toiture en 1990, elle a été entièrement restaurée par une équipe de bénévoles. Depuis 1993 où l'édifice a été consacré par Monseigneur Guillaume, une messe est célébrée chaque lundi de la Pentecôte.

Pour apprécier pleinement la beauté de l'édifice il faut venir là au moment où le soleil levant s'élève juste au dessus de la colline voisine, de préférence un jour où il joue à cache-cache avec les derniers nuages de l'aube. Ses rayons frappent à l'horizontale pendant quelques minutes les vitraux encadrant l'autel qui s'illuminent alors et rougeoient comme s'ils étaient en feu.
Pendant ce temps tout l'intérieur est éclairé comme par un projecteur.

Les constructeurs de cette chapelle, reprenant les traditions des bâtisseurs de cathédrales, l'ont sans aucun doute orientée pour que juste à ce moment précis, elle se trouve dans l'axe du soleil levant.

Ouverte pendant les beaux jours du matin jusqu'au soir, de nombreux promeneurs viennent se recueillir là. Le livre d'or bien rempli porte le témoignage de leur passage.

 

Exposition « Terres sacrées – des Vosges aux Amériques »

Exposition « Terres sacrées – des Vosges aux Amériques »

Ciel sans fin des Grandes Plaines d'Amérique du Nord et des premiers contreforts des Montagnes Rocheuses. Ciel d'un été particulièrement sec dans les Vosges quand les premiers rayons de soleil jouant entre les nuages illuminent la Chapelle de Bonne Espérance.

Partout et tous les jours, en toute saison et à toute heure, la nature est belle. Celle des Vosges autant qu'ailleurs. Celle du Val de Vôge encore plus qu’ailleurs car c'est là que nous vivons.

Même aujourd'hui où tout est pelé, grillé, calciné, roussi, desséché et malheureusement dans bien des cas à l'agonie, la nature qui nous entoure, nos paysages familiers sont beaux.

Même les prairies où les vaches ne trouvent plus la moindre trace de verdure nous offrent un magnifique camaïeu de brun et de fauve que les trop brèves et trop rares averses rehaussent d'orange et de dorures.

Même les houppiers desséchés des arbres morts qui griffent désespérément les nuages stériles sont beaux.

Même les derniers maïs, non encore ensilés en catastrophe, dont les feuilles mortes bruissent sous le vent brulant comme les doigts des pendus de Villon sont beaux.

Celui qui n'est pas capable de voir la beauté dans son environnement quotidien, qui ne consent à ouvrir les yeux que devant les paysages consacrés par les lieux communs, ne peut vivre en symbiose dans une commune rurale avec la nature, le climat et les habitants.

Ailleurs l'herbe n'est pas plus verte, les nuages ne font pas plus rêver.

Un maître verrier (Mr Grandgeuri Gérard de Saint-Nabord ), puisant dans son stock de colorants et de matériaux a fait les nouveaux  vitraux

Un maître verrier (Mr Grandgeuri Gérard de Saint-Nabord ), puisant dans son stock de colorants et de matériaux a fait les nouveaux vitraux

 
Le nuage (1820)


J'apporte de fraîches averses pour les fleurs assoiffées,
Venues des mers et des fleuves;
Je répands une ombre légère sur les feuilles qui reposent
Dans leurs rêves de midi.
De mes ailes, je secoue la rosée qui éveille
Tous les charmants bourgeons,
Bercés et assoupis sur le sein de leur mère,
Quant elle danse devant le soleil.
Je brandis le fléau de la grêle,
Fouettant et blanchissant les vertes plaines plus bas,
Puis, à nouveau, je la dissous en pluie,
Et je ris quand je passe, apportant le tonnerre.

Je tamise la neige sur les monts au dessous,
Et leurs pins géants gémissent de terreur;
Et toute la nuit, c'est là mon blanc oreiller,
Tandis que je dors, dans les bras de la tempête.
Souverain, sur les tours de mes demeures aériennes
Se tient l'éclair, mon pilote;
Dans un antre inférieur est enchaîné le tonnerre;
Il se débat et rugit par accès;
Au-dessus de la terre et de l'océan, d'un mouvement doux
Ce pilote me guide,
Attiré par l'amour des génies qui hantent
Les profondeurs de la mer empourprée;
Par dessus les ruisseaux, les rochers, les collines,
Par dessus lacs et plaines,
Partout où il rêve que, sous monts ou rivières,
L'esprit qu'il aime demeure;
Et moi tout ce temps, je me baigne dans le sourire bleu du firmament,
Tandis qu'il se fond en pluie.

Le soleil levant écarlate, aux yeux de météore,
Aux plumes de flammes largements ouvertes,
Bondit sur mes vapeurs flottantes,
A l'heure où s'amortit l'éclat de l'étoile du matin;
Comme à la pointe d'un roc escarpé
Qu'un tremblement de terre ébranle et fait osciller,
Un aigle perché se repose un moment
Dans la lumière de ses ailes d'or.
Et quand le soleil couchant exhale, de la mer qu'il illumine
Ses feux où s'endort l'amour,
Et que le linceul rutilant du soir
Tombe des hauteurs du ciel,
Les ailes repliées, je repose sur mon nid aérien,
Aussi tranquille qu'une tourterelle qui couve.

Cette sphère vierge, rayonnante de flammes blanches,
Que les mortels appellent Lune
Glisse et luit sur ma toison
Éparpillée par les brises de minuit;
Et toutes les fois que ses invisibles pas
Entendus par les anges seulement,
Rompent la trame de ma mince tente,
Les étoiles regardent derrière elle à la dérobée;
Et je ris de les voir se mouvoir en cercle et fuir,
Comme un essaim d'abeilles dorées,
Quand j'élargis l'ouverture de ma tente, dressée par le vent;
Jusqu'à ce que les calmes rivières, les lacs et les mers,
Comme des rubans de ciel tombés de là-haut à travers moi,
Tous, miroitent sous la lune et sous les astres.

J'entoure le trône du Soleil d'une ceinture brûlante,
Et celui de la Lune d'une cordelière de perles;
Les volcans sont obscurs, les étoiles chancellent et tournoient
Quand les tourbillons déploient ma bannière.
D'un cap à l'autre, semblable à un pont,
Par dessus une mer torrentueuse,
Insensible aux rayons du soleil, je suspends ma voûte,
Dont les montagnes sont les colonnes.
L'arche triomphale à travers laquelle je m'avance
Avec la tempête, l'ouragan, le feu et la neige,
Quand les Puissances de l'air sont enchaînées à mon trône,
Est l'arc-en-ciel aux millions de couleurs;
Cette sphère de feu là-haut tissa ses changeantes teintes,
Tandis que la Terre humide riait au-dessous.

Je suis l'enfant de la Terre et de l'eau,
Et le nourrisson du Ciel;
Je passe à travers les mailles de l'océan et du rivage;
Je change, mais ne puis mourir.
Car, après la pluie, quand sans la moindre tache,
Le pavillon du ciel est dégagé,
Et que le vent, avec les rayons du soleil, de leurs reflets convexes,
Bâtissent le dôme bleu de l'air,
Je ris en silence de mon propre cénotaphe;
Et, des cavernes de la pluie,
Comme un enfant du sein maternel, comme un fantôme de la tombe,
Je me lève, et le détruis à nouveau.

Percy Bisshe Shelley

Lever de soleil à Notre dame de Bonne Espérance
Lever de soleil à Notre dame de Bonne Espérance
Lever de soleil à Notre dame de Bonne Espérance
Lever de soleil à Notre dame de Bonne Espérance
Lever de soleil à Notre dame de Bonne Espérance
Lever de soleil à Notre dame de Bonne Espérance
Lever de soleil à Notre dame de Bonne Espérance
Lever de soleil à Notre dame de Bonne Espérance
Lever de soleil à Notre dame de Bonne Espérance
Lever de soleil à Notre dame de Bonne Espérance
Lever de soleil à Notre dame de Bonne Espérance
Lever de soleil à Notre dame de Bonne Espérance
Lever de soleil à Notre dame de Bonne Espérance
Lever de soleil à Notre dame de Bonne Espérance
Lever de soleil à Notre dame de Bonne Espérance
Lever de soleil à Notre dame de Bonne Espérance
Lever de soleil à Notre dame de Bonne Espérance
Lever de soleil à Notre dame de Bonne Espérance
Lever de soleil à Notre dame de Bonne Espérance
Lever de soleil à Notre dame de Bonne Espérance
Lever de soleil à Notre dame de Bonne Espérance
Lever de soleil à Notre dame de Bonne Espérance
Lever de soleil à Notre dame de Bonne Espérance

Lever de soleil à Notre dame de Bonne Espérance

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article