En passant par la fontaine de la Grande Fosse

par LES VOIVRES 88240  -  30 Août 2018, 04:00  -  #Qu'il est beau mon village

En passant par la fontaine de la Grande Fosse

Malgré la sécheresse l'eau coule dans le bassin rénové de la fontaine de la Grande Fosse.

Pendant longtemps toutes les autres sources alimentant le hameau une fois taries, elle a été le seul moyen pour les habitants de se fournir en eau potable. Le chemin qui y mène descend à pic et remonter les quelques dizaines de mètres pour rejoindre l'orée du bois demande bien des efforts.

Essayons imaginer ce que pouvait représenter le fait d’effectuer ce parcours en portant à bout de bras un ou deux seaux d'eau ou de lourds paniers de linge mouillé.

Sans aucun doute ce devait être, comme c'est encore le cas actuellement dans les pays du tiers monde, les femmes et les enfants qui s'attelaient à cette tache. Celui qui est le plus fort peut se permettre d'utiliser ses muscles pour contraindre le plus faible à faire les travaux les plus rudes.

Ces quelques litres d'eau amenés à grand peine à la maison devaient sans doute être économisés de toutes les façons possibles.

Comme le rappelait un ancien garde forestier des forêts de Les Voivres :

"-Avant on se lavait les mains dans l'eau qui avait servi à nettoyer la salade et on allait vider cette eau pour arroser le jardin."

Les techniques modernes ont permis que pratiquement tout le monde en France bénéficie de l'eau courante. C'est une bonne chose. Personne n'a jamais rien gagné, à part quelques baffes pour apprendre le respect du au seigneur et maître, à vieillir prématurément en effectuant des travaux de bagnard.

Plus de bras cassés par les lourdes seilles et les lessives. Plus d'obligation d'abreuver le bétail seau par seau quand il n'était pas possible de le conduire à la source. Dans les premiers temps où le réseau était installé, beaucoup de communes coupèrent l'alimentation des fontaines publiques pour obliger les consommateurs à faire tourner leurs compteurs d'eau.

Maintenant où le gaspillage des ressources de la planète est devenu un mot d'ordre, ces mêmes autorités lancent des alertes pour inciter leurs administrés à restreindre leur consommation.

Malheureusement en matière de gaspillage il en va de même que lors d'une addiction à une drogue, à la boisson ou à un jeu.

Une fois qu'une habitude nuisible est prise, il devient très difficile de s'en débarrasser. Peut-être faudrait il pour inciter chacun à ne pas dilapider ce bien qui sera de plus en précieux, l'eau, obliger les contrevenants à faire quelques allers et retours depuis cette fontaine jusqu'en haut du hameau en portant deux seaux d'eau pleins à ras bord ?

A ce régime nul n'aurait l'idée de remplir sa piscine, de laver ses véhicules ou d'arroser en abondance son jardin.

En passant par la fontaine de la Grande Fosse

Que serais-je sans toi.

Recueil : Le roman inachevé (1956)

Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre
Que serais-je sans toi qu'un coeur au bois dormant
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre
Que serais-je sans toi que ce balbutiement.

J'ai tout appris de toi sur les choses humaines
Et j'ai vu désormais le monde à ta façon
J'ai tout appris de toi comme on boit aux fontaines
Comme on lit dans le ciel les étoiles lointaines
Comme au passant qui chante on reprend sa chanson
J'ai tout appris de toi jusqu'au sens du frisson.

Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre
Que serais-je sans toi qu'un coeur au bois dormant
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre
Que serais-je sans toi que ce balbutiement.

J'ai tout appris de toi pour ce qui me concerne
Qu'il fait jour à midi qu'un ciel peut être bleu
Que le bonheur n'est pas un quinquet de taverne
Tu m'as pris par la main dans cet enfer moderne
Où l'homme ne sait plus ce que c'est qu'être deux
Tu m'as pris par la main comme un amant heureux.

Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre
Que serais-je sans toi qu'un coeur au bois dormant
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre
Que serais-je sans toi que ce balbutiement.

Qui parle de bonheur a souvent les yeux tristes
N'est-ce pas un sanglot de la déconvenue
Une corde brisée aux doigts du guitariste
Et pourtant je vous dis que le bonheur existe
Ailleurs que dans le rêve ailleurs que dans les nues
Terre terre voici ses rades inconnues.

Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre
Que serais-je sans toi qu'un coeur au bois dormant
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre
Que serais-je sans toi que ce balbutiement.



Louis Aragon
En passant par la fontaine de la Grande Fosse
En passant par la fontaine de la Grande Fosse
En passant par la fontaine de la Grande Fosse
En passant par la fontaine de la Grande Fosse
En passant par la fontaine de la Grande Fosse
En passant par la fontaine de la Grande Fosse
En passant par la fontaine de la Grande Fosse
En passant par la fontaine de la Grande Fosse
En passant par la fontaine de la Grande Fosse
En passant par la fontaine de la Grande Fosse
En passant par la fontaine de la Grande Fosse
En passant par la fontaine de la Grande Fosse
En passant par la fontaine de la Grande Fosse
En passant par la fontaine de la Grande Fosse
En passant par la fontaine de la Grande Fosse
En passant par la fontaine de la Grande Fosse
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