Pendant qu’Emmanuel Macron se faisait épousseter quelques pellicules sur sa veste par Donald Trump à la Maison Blanche devant les caméras du monde ce mercredi 25 avril, au même moment aux Voivres, au sud d’Épinal, soufflait toujours le vent de la visite présidentielle du 18 avril, une semaine plus tôt. Une visite présidentielle pour ce village de 300 habitants, c’est comme une visite d’État aux États-Unis : c’est fastueux et exceptionnel. Mais que ce soit à Washington où au fin fond des Vosges, une question reste la même : quelles sont les retombées  ? Pour Michel Fournier, maire des Voivres et président de l’association des maires ruraux des Vosges, « les retombées directes de la visite d’Emmanuel Macron sont fortes en termes d’image ». « S’il y a un point sur lequel nous n’avons pas à discuter, c’est celui-là : Les Voivres ont vécu un moment rare, qui ne se reproduira certainement jamais », assure le maire. Et d’ajouter : « Nous sommes fiers d’avoir accueilli le Président de la République. Même si nous pouvons avoir deux regrets : 1/L’absence de bains de foule comme à Saint-Dié, les habitants auraient aimé rencontrer le Président. Ce n’était pas prévu dans l’organisation présidentielle, mais l’organisation, elle a changé tellement de fois… ; 2/Parler davantage et plus globalement de la ruralité, même si la filière bois est un vecteur de développement économique essentiel pour nous tous dans ce département, notamment dans le cadre du projet Tiga : « Territoire d’innovation de grande ambition, des hommes et des arbres. »

Des retombées, la société IN’BÔ en espère. L’entreprise de fabrication de skateboard et de lunettes en bois est le porte-drapeau de l’avenir économique des Voivres. Pour l’heure, la rencontre avec le Chef de l’État ne fait pas décoller les ventes et les commandes. « La visite présidentielle ne va pas changer la face de l’entreprise à terme. Nous n’avons pas plus de commandes que d’habitude. Pour l’instant, cela ne se chiffre pas . En revanche, cela nous apporte une plus forte visibilité, c’est évident », explique Aurèle Charlet, un des fondateurs de la société, qui a pu échanger avec Emmanuel Macron pendant dix minutes le 18 avril.

Mickaël DEMEAUX