Les légumes de La Massonne bientôt sur votre table

par LES VOIVRES 88240  -  14 Mars 2018, 04:06  -  #Cultivar

Il faut en premier remercier Actu88 pour ce bel article qui sera aussi son dernier pour le moment. Faute d'avoir trouvé le financement, après s'être battue pendant des mois pour maintenir seule contre tous son site en vie. B. Boulay doit se résoudre à le fermer. Une grande plume, un grand cœur, une journaliste engagée contre les inégalités, les discriminations, est obligée d'arrêter.

Trop peu de personnes ont répondu à son appel de financement participatif et comme dab, les banques ne prêtent qu'aux riches.

Avec cette fermeture chacun de nous fera un grand pas de plus vers l'enclos à moutons où il pourra tout à son aise ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire, qui pourrait déplaire.

Thierry Bourlette, de la route aux champs !
B.Boulay 9 mars 2018
Thierry Bourlette, de la route aux champs !
 

Après avoir enchainé une série de  « boulots alimentaires », Thierry Bourlette, a voulu reprendre sa vie en main. Les problèmes de santé de sa fille, ont été le déclencheur. Plus question de partir toute la semaine sur les routes ! Il décide alors de faire le pas et reprend une formation pour créer son entreprise de maraîchage, le travail de cœur !

Thierry Bourlette commence sa vie professionnelle, sur une déception. Muni d’un CAP d’ébéniste, il ne trouve pas de travail. Une remise en cause de son orientation sur laquelle il ne veut pas s’attarder. Il lui faut gagner sa vie et les choix deviennent alimentaires. Il entre en usine et passe par différents postes de machiniste, magasinier, logistique … Des postes qui ne lui déplaisent pas, mais qu’il ne choisit pas vraiment. Comme beaucoup, il se fond dans la vie en usine, la camaraderie et la solidarité.

J’étais toujours « fourré » à la ferme voisine

Après une dizaine d’années de salaires, en 1992, il achète sa maison à Gruey-les-Surance. « Dès que j’avais un moment, j’allais à la ferme voisine, la ferme du Coucou, j’étais toujours fourré là-bas, raconte-t-il. Ce sont eux qui m’ont tout appris de la terre. Dès que j’ai pu, j’ai acheté 7 à 8 bovins et une vingtaine de moutons à moi.». Mais ça restait un hobby. La journée, le travail à l’usine, les soirs et les week-ends, la ferme et la terre …

Peur de retourner à l’école

« Je n’ai jamais eu envie de recommencer une formation agricole., poursuit-il. J’étais jeune, je voulais gagner ma vie et j’avais peur de « retourner à l’école ». Je ne m’en croyais pas capable ». Il poursuit son chemin au gré des opportunités et devient chauffeur routier. « J’aimais bien rouler, mais j’ai dû arrêter l’élevage parce que je n’étais plus assez présent. Je partais de plus en plus loin».

Le déclic

Et puis il y a sa fille. Avec sa maladie, la fillette doit aller à l’hôpital régulièrement et Thierry Bourlette n’accepte plus d’être sur les routes dans ces moments-là. Le bouleversement d’une remise en question en profondeur. Dans ses premières années, la priorité était de « vivre » et le métier avait peu d’importance. Ce qui comptait, c’était gagner sa vie correctement, avoir sa maison, un certain confort à offrir à sa famille. Mais la maladie de la fillette remet ces choix en cause. Il arrive à la cinquantaine. Il est temps d’oser faire ce qu’il aime.

C’est maintenant ou jamais !

« Pourquoi ne pas se lancer et développer sa propre activité ? ».Les Vosges manquent de maraichers. Il dit Banco. Les vergers de sa voisine sont à vendre après le décès de son mari, il les rachète et fait un bilan de compétence, où l’exercice est la déclinaison de son projet. La maison est payée. Les risques maîtrisés, il prend une année sabbatique pour se donner le temps d’installer son entreprise.

Une formation de 8 mois

Se sentant un peu juste en connaissances, il entre en formation agricole en mars 2017 pour 8 mois, en productions Horticoles et Maraîchage biologique au CFPPA de Valdoie (90). C’est parti ! La semaine en formation, le week-end sur son exploitation. Mais avec la formation, il y a la motivation, la détermination, le vécu de l’usine et l’expérience acquise en bénévole à la ferme. Une maturité qui lui sert dans les choix à faire et les risques à prendre.

L’impression de vivre

Pour tester l’activité, il investit 5 000€ et plante 8000 pieds de fraisiers comme produit d’appel. Ce qui lui permet de faire une première Porte ouverte et cueillette à la ferme les 9 et 10 septembre 2017. Les week-ends, il prépare 1 ha de terrain pour la production 2018 en légumes et fruits bio. « Quand ça plait, on y est tôt le matin et tard le soir ». Il n’a pas l’impression de travailler, mais tout simplement de vivre !

Pas facile d’apprendre mais ça apporte beaucoup

« Le corps va très bien, commente Thierry Bourlette, et croiser les jeunes, ça donne la pêche. Mais en formation, on est avec des adultes en reconversion. On discute entre nous de nos projets, de nos expériences. C’est intéressant et ça crée une solidarité ! Ce n’est pas toujours facile de tout apprendre, parce qu’on n’a plus trop l’entrainement pour enregistrer des connaissances en un temps record, mais ça nous apporte beaucoup ».

« On apprend à être efficace »

Il apprend la sécurité, l’agronomie, l’impact des produits phytosanitaires, la transformation des produits … Il dévore tout avec fougue. Tout lui semble passionnant ! « On apprend des techniques maraichères, mais surtout à aller vite sans se fatiguer. Je peux planter 800 pieds de salades par heure au lieu d’y mettre la journée. On nous donne des éléments pour la gestion et le commercial ». La formation a du sens.

Le cerveau travaille jour et nuit

Il réfléchit sa stratégie au fur et à mesure de ses découvertes. Il compte enclencher une démarche de certification. Les idées fusent, il s’enthousiasme ; « C’est passionnant ! Le cerveau travaille jour et nuit ». Il combine passion et conviction car il croit dur comme fer, qu’une nourriture saine et les circuits courts sont l’avenir.

Le choix du coeur

L’expansion se poursuivra au cours des mois suivants autour de la fraiseraie, avec divers plants de légumes de « plein champs » ou sous serre. La ferme de La Massonne privilégiera les circuits courts et la vente directe pour être le plus près possible du consommateur. L’aventure se concrétise. Il y croit et prend plaisir à tout ce qu’il développe. Il a fait le choix du cœur !

Article en partenariat avec La Semaine : www.lasemaine.fr

Contact : lamassonne88240@gmail.com
06.95.78.12.53

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Du rêve et de l'huile de coude

Toute la semaine il partait au volant de son camion ou en formation. Tous les week-end, toutes les vacances, quel que soit le temps, qu'il pleuve, qu'il neige ou qu'il vente, Thierry Bourlette s'est battu pour concrétiser son rêve et préparer son installation en maraichage biologique sur sa ferme de La Massonne.

Il y est presque. Il touche au but même si en raison de son âge, il ne bénéficie pas d'aides à l'installation. Sa magnifique plantation de fraisiers a porté les premiers fruits à l'automne dernier. Ses semis de légumes en mottes attendent le printemps pour être plantés. L'ossature d'une serre est montée depuis l'automne. Une deuxième est achetée et aussitôt installée, bientôt sans doute une troisième.

Son rêve ne se réalisera que grâce aux centaines d'heures de travail qu'il y consacre. Son énergie doit remplacer les investissements lourds en matériel de l'agriculture intensive. Mais il a prouvé qu'il ne manque pas d'huile de coude.

Trop souvent ce genre de projet de retour à la terre est le fait de personnes qui ne sont pas capables de respecter une discipline de travail dans une entreprise et ne comprennent pas qu'en se mettant à leur compte, ils devront pour réussir faire le double d'heures que lorsqu'ils étaient salariés. Inévitablement l'installation capote rapidement car ce qui demande le plus de travail, l'aménagement du site, jardins, chemins, bâtiments, serres, irrigation, ne sera fait ni correctement, ni à temps. Thierry fait partie de ces rares qui savent que sans travail il ne pourront pas concrétiser leurs rêves.

Maintenant il touche au but. Dés le printemps il pourra commencer de vendre sa production.

Encore bravo, les installations de toutes sortes dans le Val de Vôge sont trop peu nombreuses, celles qui réussissent le sont encore plus, pour ne pas le féliciter. Bravo aussi à tous ses amis qui l'ont aidé, encouragé et ont parlé de lui pour le faire connaître. Continuez à le faire et venez dès les premières récoltes visitez la ferme de La Massonne et remplir votre panier.

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B
Bravo Boubou, tu dois réussir dans ton entreprise, nous souhaitons que la météo soit clémente afin que les belles fraises s'emplissent des rayons de soleil de mai afin de satisfaire les clients qui sauront prendre le chemin de la Massonnedans quelques mois.
Répondre
B
Merci bernard
Répondre
L
Oui, étant donné le talent de cette journaliste nous espérons pouvoir le lire de nouveau.
E
Vous chipotez Monsieur Noël :-)
J
Vu, mais une journée aurait donc été une longue période de soleil ? Heureusement... ou pas, qu'il va repleuvoir.
E
Monsieur Noël : Le soleil est reviendu en Haute Saône ☺
Demain par contre il repleut (notez le re en préfixe. Typique) donc retour au pays de la léthargie pour ma pomme ☺
J
« Vous me ferez signe quand le soleil sera revenu pour une longue période. Je retourne dans mon état léthargique. » : faudrait savoir... si j'ai bien tout compris ☺
En tout cas, félicitations et tous mes encouragements à Boubou...que j'ai sans doute raté de peu en octobre dernier avec René.
Tristesse pour "Actu 88" mais je veux surtout retenir : « article qui sera aussi son dernier pour le moment. », ce qui laisse une note d'espoir.
E
J'ajouterai qu' effectivement pour mener à bien le démarrage de son entreprise, Boubou a depuis un an travaillé dur weekend et le soir en semaine après sa formation.
Il faut du rêve dans une vie. Il met tout en place pour concrétiser le sien avec un savant mélange de courage, d'énergie et sans oublier une bonne dose d'huile de coude! Tout ça toujours avec la même bonne humeur ☺
L
De rien et soigne ton look pour les photos au Festival Artisanal.