En attendant la pluie

par LES VOIVRES 88240  -  19 Mars 2018, 04:03  -  #Qu'il est beau mon village

En attendant la pluie

Magnifique lever du jour jeudi entre 6 h 40 et 6 h 45. Cet instant fugace dans le ciel des Vosges a été abondamment photographié et ces images circulent aujourd'hui sur les journaux et les réseaux sociaux. Il y avait de quoi s'émerveiller devant le ciel en feu mariant les ors et les pourpres, les nuages bleu foncé ou rose au dessus du paysage en contre jour.

Tout le monde s'est donc exclamé : "Que c'est beau !"

En fait que ce soit dans le Grand Nord ou au cœur du Sahara, au bord de l'océan ou en haut des montagnes, la nature est toujours belle et nous la voyons comme telle. Sans aucun doute lorsque l'homme débarquera sur Mars ou sur une exoplanète les explorateurs diront ils "- Que c'est beau !"

Ils diront cela juste avant de sortir leur fusil à laser, à neutrons, à pile atomique ou à n'importe quoi d'autre qui permette de tuer, de détruire, d'anéantir en masse et de se mettre à tirer dans le tas, exterminer et polluer ce qu'ils trouvaient si beau.

Nous nous conduisons comme le possesseur d'une tapisserie d'Aubusson qui a dépensé toute la fortune de la famille, mis sur la paille ses enfants pour l'acquérir et qui s'en servirait pour essuyer ses bottes crotteuses dessus ou comme torche-cul tel un plagiaire de Gargantua*.

Cette nature que nous trouvons si belle, nous n'avons de cesse de la saccager et de la dilapider sans nous soucier des conséquences. Et pourtant elles sont là, ce ne sont pas que les ours blancs qui subissent les effets du réchauffement climatique. Ce ne sont pas que les parisiens qui toussent et crachent leurs poumons dans l'air pollué.

Depuis le début de l'hiver nous connaissons des amplitudes maximales des températures. Plusieurs fois nous avons battu des records de douceur et de froid et çà se répète les jours ci.

En ce qui concerne la pollution, à l'occasion de la diffusion du film "Zéro Phyto" où plusieurs membres de la Transition d'Ici de Les Voivres se sont rendus, on apprend que les campagnes sont plus empoisonnées que les villes par ces fameux phyto.

Épinal a installé des ruches où les abeilles récoltent plus de pollen que dans nos champs et sont plus saines.

Il ressort du débat qui a suivi le film que par ses achats le consommateur peut influencer les choix des agriculteurs de se reconvertir en bio ou de tout faire pour utiliser moins de phyto s'ils restent en agriculture conventionnelle.

Bien plus, le responsable d'une cantine scolaire démontre chiffres à l'appui qu'il est possible de cuisiner du bio en réduisant le prix du repas uniquement en limitant le gaspillage des plats cuisinés dont une bonne partie finissait avant à la poubelle. Cela uniquement en faisant le service d'une façon différente et en incitant les enfants à ne pas gaspiller la nourriture.

Si nous n'avons pas la possibilité de faire un grand nettoyage de notre planète peut-être pouvons nous changer nos habitudes pour éviter de la salir encore plus ?

 

En attendant la pluie
En attendant la pluie

Lever du jour en Alabama.

 

Quand je serai devenu compositeur
J'écrirai pour moi de la musique sur
Le lever du jour en Alabama
J'y mettrai les airs les plus jolis
Ceux qui montent du sol comme la brume des marécages
Et qui tombent du ciel comme des rosées douces
J'y mettrai des arbres très hauts très hauts
Et le parfum des aiguilles de pin
Et l'odeur de l'argile rouge après la pluie .Et les longs cous rouges
Et les visages couleur de coquelicots
Et les gros bras bien bruns
Et les yeux pâquerettes
Des Noirs et des Blancs des Noirs des Blancs et des Noirs
Et j'y mettrai des mains blanches
Et des mains noires des mains brunes et des mains jaunes
Et des mains d'argile rouge
Qui toucheront tout le monde avec des doigts amis
Qui se toucheront entre elles ainsi que des rosées
Dans cette aube harmonieuse
Quand je serai devenu compositeur
Et que j'écrirai sur le lever du jour en Alabama

 

Langston Hughes

En attendant la pluie
En attendant la pluie
En attendant la pluie
En attendant la pluie
En attendant la pluie
En attendant la pluie
En attendant la pluie
En attendant la pluie
En attendant la pluie
En attendant la pluie
En attendant la pluie
En attendant la pluie
En attendant la pluie
En attendant la pluie
En attendant la pluie
En attendant la pluie
En attendant la pluie
En attendant la pluie
En attendant la pluie
En attendant la pluie
En attendant la pluie
En attendant la pluie
En attendant la pluie
*CHAPITRE XIII

Comment Grandgousier reconnut à l'invention d'un torche-cul
la merveilleuse intelligence de Gargantua.

Sur la fin de la cinquième année, Grandgousier, retour de la défaite des Canarriens, vint voir son fils Gargantua. Alors il fut saisi de toute la joie concevable chez un tel père voyant qu'il avait un tel fils et, tout en l'embrassant et en l'étreignant, il lui posait toutes sortes de petites questions puériles. Et il but à qui mieux mieux avec lui et avec ses gouvernantes auxquelles il demandait avec grand intérêt si, entre autres choses, elles l'avaient tenu propre et net. Ce à quoi Gargantua répondit qu'il s'y était pris de telle façon qu'il n'y avait pas dans tout le pays un garçon qui fût plus propre que lui.

« Comment cela ? dit Grandgousier.
- J'ai découvert, répondit Gargantua, à la suite de longues et minutieuses recherches, un moyen de me torcher le cul. C'est le plus seigneurial, le plus excellent et le plus efficace qu'on ait jamais vu.
- Quel est-il ? dit Grandgousier.
- C'est ce que je vais vous raconter à présent, dit Gargantua. Une fois, je me suis torché avec le cache-nez de velours d'une demoiselle, ce que je trouvai bon, vu que sa douceur soyeuse me procura une bien grande volupté au fondement;
une autre fois avec un chaperon de la même et le résultat fut identique;
une autre fois avec un cache-col;
une autre fois avec des cache-oreilles de satin de couleur vive, mais les dorures d'un tas de saloperies de perlettes qui l'ornaient m'écorchèrent tout le derrière. Que le feu Saint-Antoine brûle le trou du cul à l'orfèvre qui les a faites et à la demoiselle qui les portait.

« Ce mal me passa lorsque je me torchai avec un bonnet de page, bien emplumé à la Suisse.

« Puis, alors que je fientais derrière un buisson, je trouvai un chat de mars et m'en torchai, mais ses griffes m'ulcérèrent tout le périnée.

« Ce dont je me guéris le lendemain en me torchant avec les gants de ma mère, bien parfumés de berga-motte.

« Puis je me torchai avec de la sauge, du fenouil, de l'aneth, de la marjolaine, des roses, des feuilles de courges, de choux, de bettes, de vigne, de guimauve, de bouillon-blanc (c'est l'écarlate au cul), de laitue et des feuilles d'épinards (tout ça m'a fait une belle jambe !), avec de la mercuriale, de la persicaire, des orties, de la consoude, mais j'en caguai du sang comme un Lombard, ce dont je fus guéri en me torchant avec ma braguette.

« Puis je me torchai avec les draps, les couvertures, les rideaux, avec un coussin, une carpette, un tapis de jeu, un torchon, une serviette, un mouchoir, un peignoir; tout cela me procura plus de plaisir que n'en ont les galeux quand on les étrille.
- C'est bien, dit Grandgousier, mais quel torche-cul trouvas-tu le meilleur ?
- J'y arrivais, dit Gargantua; vous en saurez bientôt le fin mot. Je me torchai avec du foin, de la paille, de la bauduffe, de la bourre, de la laine, du papier. Mais

Toujours laisse aux couilles une amorce

Qui son cul sale de papier torche.
- Quoi ! dit Grandgousier, mon petit couillon, t'attaches-tu au pot, vu que tu fais déjà des vers ?
- Oui-da, mon roi, répondit Gargantua, je rime tant et plus et en rimant souvent je m'enrhume. Ecoutez ce que disent aux fienteurs les murs de nos cabinets :

Chieur,

Foireux

Péteur,

Breneux

Ton lard fécal

En cavale

S'étale

Sur nous.

Répugnant,

Emmerdant,

Dégouttant,

Le feu saint Antoine puisse te rôtir

Si tous

Tes trous

Béants

Tu ne torches avant ton départ.


- Revenons, dit Grandgousier, à notre propos.
- Lequel, dit Gargantua, chier ?
- Non, dit Grandgousier, mais se torcher le cul.
- Mais, dit Gargantua, voulez-vous payer une barrique de vin breton si je vous dame le pion à ce propos ?
- Oui, assurément, dit Grandgousier.
- Il n'est, dit Gargantua, pas besoin de se torcher le cul s'il n'y a pas de saletés. De saletés, il ne peut y en avoir si l'on n'a pas chié. Il nous faut donc chier avant que de nous torcher le cul !
- Oh ! dit Grandgousier, que tu es plein de bon sens, mon petit bonhomme; un de ces jours prochains, je te ferai passer docteur en gai savoir, pardieu ! Car tu as de la raison plus que tu n'as d'années. Allez, je t'en prie, poursuis ce propos torcheculatif. Et par ma barbe, au lieu d'une barrique, c'est cinquante feuillettes que tu auras, je veux dire des feuillettes de ce bon vin breton qui ne vient d'ailleurs pas en Bretagne, mais dans ce bon pays de Véron.
- Après, dit Gargantua, je me torchai avec un couvre-chef, un oreiller, une pantoufle, une gibecière, un panier (mais quel peu agréable torche-cul !), puis avec un chapeau. Remarquez que parmi les chapeaux, les uns sont de feutre rasé, d'autres à poil, d'autres de velours, d'autres de taffetas. Le meilleur d'entre tous, c'est celui à poil, car il absterge excellemment la matière fécale. Puis je me torchai avec une poule, un coq, un poulet, la peau d'un veau, un lièvre, un pigeon, un cormoran, un sac d'avocat, une cagoule, une coiffe, un leurre.

« Mais pour conclure, je dis et je maintiens qu'il n'y a pas de meilleur torche-cul qu'un oison bien duveteux, pourvu qu'on lui tienne la tête entre les jambes. Croyez-m'en sur l'honneur, vous ressentez au trou du cul une volupté mirifique, tant à cause de la douceur de ce duvet qu'à cause de la bonne chaleur de l'oison qui se communique facilement du boyau du cul et des autres intestins jusqu'à se transmettre à la région du coeur et à celle du cerveau. Ne croyez pas que la béatitude des héros et des demi-dieux qui sont aux Champs Elysées tienne à leur asphodèle, à leur ambroisie ou à leur nectar comme disent les vieilles de par ici. Elle tient, selon mon opinion, à ce qu'ils se torchent le cul avec un oison; c'est aussi l'opinion de Maître Jean d'Ecosse. »

In "Gargantua" Rabelais

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E
Une douzaine de substances toxiques sont présentes dans nos assiettes, selon les conclusions des Etudes de l’alimentation totale menées en 2011 par l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation) sur près de 20 000 produits de consommation courante.
Les fruits et légumes bios contiennent 10 à 20 % de matière sèche de plus que leurs homologues issus de l’agriculture conventionnelle (moins d'eau et plus de nutriments). La viande bio serait également plus riche en oméga-3, tout comme le lait et les œufs bios.
Dans un autre reportage j'ai retenu " puissions nous continuer à nous souhaiter bon appétit en venant à table et non pas bonne chance"
Consommer bio c'est choisir de préserver, par un acte quotidien nécessaire, les ressources de la planète tout autant que la santé de la terre et celle des humains.
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J
A la vue de cette couleur rouge revenant assez régulièrement dans ce blog, notamment dans cet article, j'ai voulu en savoir un peu plus.

Je connaissais Picasso et sa période bleue (rose aussi), prétendant : « Quand je n'ai plus de bleu, je mets du rouge », Klein et son célèbre bleu, le vert supposé porter malheur au théâtre, mais, à part la couleur rouge de notre drapeau et celle, écarlate, de mon gilet d'arme d'artilleur, peut-être aussi le ciel de Verdun, sinistrement "illuminé" en 1916
http://centenaire.org/sites/default/files/styles/full_16x9_media/public/atoms/images/01_bdic_b_066_046.jpg?itok=EdqYrC-N , je ne m'étais, jusqu'alors, guère posé de questions à propos des couleurs. J’avais tort car, quand je lis ce qui est dit à propos du rouge et de sa symbolique https://www.almanart.org/la-couleur-rouge.html cela invite vraiment à s’intéresser de près aux autres couleurs.

Je crois d’ailleurs qu’un artiste comme vous a dû s’y atteler depuis longtemps.
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J
« il suffit de bruler une sorcière ou de lapider un bouc émissaire » : .alors, il devient urgent de trouver l'une ou l'autre. J'aurais bien quelques noms à proposer...
L
Picasso a eu sa période bleue car il parait que c'était la couleur la moins chère.
C'est vrai que si nous voyons peu le soleil en ce moment nous avons eu droit à des levers du jour ou de l'astre assez spectaculaires. Un ciel rouge à l'aube est un signe de pluie. Il pleuvait une heure après.
Mais on peut aussi voir dans ce ciel des présages de guerres, de révolutions, de calamités à venir. Pour conjurer cela il suffit de bruler une sorcière ou de lapider un bouc émissaire.