Un sursis pour le Val de Vôge

par LES VOIVRES 88240  -  15 Février 2018, 04:17  -  #Municipalité, #Ecole

Le verdict est tombé entrainant pleurs et grincements de dents, larmes et désespoir pour beaucoup de parents d’élèves et d'élus vosgiens même si le nombre de fermetures n'atteint pas l’hécatombe de la Moselle.

51 fermetures de classes actées à la rentrée prochaine dans les Vosges contre 95 dans ce département.  Pour eux ce n'est plus un remaniement, c'est un assassinat.

N’ayant eu aucune information sur les négociations que les élus du Val de Vôge ont menées pour éviter la fermeture de l'école de Fontenoy le Château et celle d'une classe dans les RPI de La Vôge les Bains et de la Chapelle aux Bois, ( c'est ce que l'on appelle les secrets du sérail) nous ne savons quels arguments ont fait pencher la balance en leur faveur. Car on en est là. Même si les chiffres d’effectifs minimum n'ont pas été toujours strictement appliqués, c'est quand même un jeu de chaises musicales qui s'est pratiqué dans bien des cas.

Il serait bon pour appuyer le maintien des écoles du Val de Vôge de savoir quels effectifs elles espèrent pouvoir accueillir dans les 5  ans à venir. Il suffit pour cela d'avoir connaissance des naissances dans le secteur ces 5 dernières années ( à ma connaissance ce n'est pas classé secret défense) . Sachant que le solde migratoire est négatif, il ne faut pas espérer qu'un afflux massif de jeunes parents viendra sauver nos écoles comme cela a été le cas à Les Voivres il y a 20 ans.

A l'heure actuelle, Les Voivres est aussi démunie de jeunes enfants que ses voisines et même si sa population augmente elle ne peut ni sauver le Val de Vôge, ni se sauver seule.

La seule question à se poser n'est pas de savoir comment faire pour amener l'éducation nationale à revenir pour un an sur une décision de fermeture.

La seule bonne question que les élus à tous les niveaux doivent étudier dans les Vosges et dans plusieurs départements du Grand Est, Vosges (seul département lorrain où les décès sont plus nombreux que les naissances), Meuse, Ardennes, Haute-Marne, c'est comment faire pour avoir de nouveau un solde démographique positif ?

La première décision à prendre serait déjà de tout faire pour installer partout le très haut débit. Pas dans 5 ans en dehors des zones prioritaires. Dans 5 ans les Vosges auront encore perdu 4 à 5 000 élèves en primaire. La baisse de natalité dans les Vosges a commencé alors que la moyenne nationale était encore assez élevée. Or celle-ci commence de diminuer. Cela laisse à penser que le mouvement que connait le département ne fera que s'amplifier. Chaque jeune couple habitant Les Vosges aura encore en moyenne moins d'enfants qu'actuellement. Les élus doivent aussi appuyer de tout leur poids pour maintenir les liaisons routières, ferroviaires et aériennes et soutenir aux maximum les entreprises vosgiennes qui créent des emplois.

Ce ne sont plus les grandes entreprises industrielles qui embauchent. Dans le département elles ferment les unes après les autres depuis des années. Ce sont les PME, les petites entreprises et les très petites entreprises. C'est aussi tout le secteur agricole et para agricole.

Malheureusement s'il est toujours permis d’espérer, il semble bien que l'état va refuser à la Grande Région les moyens de mettre en place un plan aussi ambitieux et que de ricochet en ricochet chaque subvention en moins, chaque plan d'aménagement réduit comme peau de chagrin, chaque décision vitale repoussée d'année en année, signeront l'arrêt de mort d'une école supplémentaire.

"Maman, ils sont où les autres enfants ?

"Maman, ils sont où les autres enfants ?

Compte rendu du CTSD de ce jeudi 8 février 2018

 

La carte scolaire a évolué positivement selon l’Unsa Education puisque 15 suppressions ont obtenu un sursis d’une année, suite aux interventions des organisations syndicales et au dialogue social.

Monsieur le DASEN rappelle la nécessité d’une réflexion à long terme, horizon 2030. En ne s’en tenant qu’aux chiffres et aux effectifs, 40 postes auraient pu être supprimés dans les Vosges, or le département n’en rend que 5.

 

Certaines fermetures de classe sont rendues inévitables par le faible effectif et le peu de perspective sur les années suivantes, d’autres ont obtenu un sursis du fait de discussions encore en cours entre les communes ou pour des raisons de locaux ou de contexte social.

 

Monsieur le DASEN rappelle « l’hémorragie dramatique et angoissante » des effectifs dans les Vosges. Selon lui, il faut construire le réseau scolaire de 2030 et ne pas se contenter de suivre la chute démographique, qui est de plus de 800 élèves par an pour les années à venir…

 

Pour l’anticiper, il convient de créer des écoles solides de 4 à 6 classes. Plutôt qu’être nostalgiques d’un passé révolu, il est nécessaire de rassembler les énergies pour construire l’avenir par un maillage équilibré des écoles en visant des structures de 3 ou 4 classes, car les réponses pédagogiques sont plus compliquées à mettre en place dans les écoles à 2 classes ( 4 niveaux)

 

La dépopulation touche tous les territoires : il y a une pénurie d’élèves et chacun doit prendre conscience de la situation.

Notons que les moyens « plus de maîtres que de classes » ont été préservés, que des postes ont été implantés au titre de la ruralité, que chaque circonscription aura un remplaçant pour permettre aux collègues d’aller en formation.

 

L’UNSA Education  pointé auprès de Monsieur le DASEN toutes les situations litigieuses de répartitions, d'effectifs, ou d'inadaptation des locaux, après les fermetures éventuelles.

L a alerté le DASEN sur les conséquences possibles, liées à l'application des directives ministérielles de dédoublement des classes de CP et CE1 : une vigilance particulière doit être portée sur les effectifs moyens par classe des cycles 3 de l'école concernée.

 Les orientations ministérielles sont dogmatiques,  nous réclamons que chaque équipe pédagogique puisse décider en concertation avec les équipes de circonscription de ce qui leur semble le plus efficace pour leurs élèves à savoir un PDMQDC ou un cp/ce1 dédoublé ou davantage...

L’Unsa Education a apprécié les efforts réalisés et la prise en compte de ses interventions :

- au GT (groupe de travail) –du mardi 23 janvier (passage de 113 suppressions à 92)

- et du premier CTSD du 30 janvier,(de 92 suppressions à 66)

- et encore au CTSD d’aujourd’hui, passage à 51 suppressions ,

au service de l’intérêt commun, des élèves et des collègues.

Nous défendons en toute transparence l'ensemble des situations portées à notre connaissance ; Les GT et CTSD sont des instances d'échanges, de concertations et de débat amenant le DASEN, seul, à faire des propositions.

 

 Nous nous satisfaisons de la qualité des échanges qui ont eu lieu lors de cette instance. Nous avons pu infléchir quelques décisions. En revanche, parce que la dotation n'est pas à la hauteur des enjeux pour le département et de la priorité au 1er degré - parce que les orientations ministérielles nient l'expertise des équipes enseignantes et de circonscription, l'UNSA Education s’est abstenu dans le vote sur cette carte scolaire.

Nous remercions tous les collègues qui nous ont informés de la situation de leur école, vos renseignements sont précieux et contribuent à notre argumentation.

 

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J
Qui dit sursis conduit bien souvent à une peine définitive...
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L
Si l'on rechute oui. Wait lundi pour le suite du feuilleton.
E
Petit à petit, nos villages se meurent.
Pas d'école, pas de réseau internet, pas de service à la population, comment être moins attractif?Nous allons perdre toute identité avec ces mesures :-(
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J
Dans un cadre plus général, rassurez-vous (!!!) bonnes gens, on commence à nous parler d'une "manipulation" de la TVA, ce qui nous promet encore de belles surprises ...
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