Les RPI du Val de Vôge à hue et à dia

par LES VOIVRES 88240  -  7 Février 2018, 04:27  -  #Ecole, #Municipalité

Les RPI du Val de Vôge à hue et à dia

Alors que le RPI de La Vôge les Bains et celui de La Chapelle aux Bois voient leurs effectifs fondre et sont menacés à plus ou moins long terme de perdre une classe, alors que la survie de l'école de Fontenoy le Chateau est remise en cause pour la cinquième année consécutive, certaines écoles sont dans la situation inverse.

C'est le cas du nouveau RPI Charmois l'Orgueuilleux-La Haye. A l'heure où chaque élève vosgien est aussi précieux qu'un prince héritier, le rêve de toute municipalité est de maintenir les effectifs et si cela n'est pas possible, d'éviter que les enfants habitant sa commune ne pâtissent de trajets scolaires trop longs. La Haye avait la possibilité entre envoyer les siens à l'école de Bains les Bains ou à Charmois l'Orgueilleux. Ce fut celle ci qui a été choisi par Patrick Casadevall, maire de La Haye. C'est sa décision. Nous lui feront simplement remarquer que la Vôge les Bains est aussi une commune rurale* et que l'agglomération de Bains les Bains n'est pas précisément une mégalopole.

Peut-être se révélera t'il judicieux sur le moyen ou le plus long terme d'avoir misé sur une commune dont l'avenir de l'école semble assuré pour les prochaines années ?

En sera t il de même pour les RPI et écoles restantes du Val de Vôge si chacun avance en ordre dispersé et ne veut pas entendre parler de nouveaux regroupements avec les voisines ?

La baisse de la natalité dans Les Vosges est un fait.* *Ce n'est pas une fable inventée par les décideurs de l'éducation nationale mais une réalité. Les Voivres a une population qui augmente régulièrement et compte maintenant environ 350 habitants. Il y a eu 2 naissances l'an dernier. En prenant comme base le taux de natalité en France pour la même période, il aurait du y en avoir 4. La population étudiée est bien entendu trop faible pour être représentative mais ces chiffres inquiètent. Ils sont le reflet d'un département ou le taux de mortalité avec 10,5 pour mille est supérieur au taux de natalité. Avec 10,4 pour mille, celui ci est inférieur de deux points à la moyenne nationale. Réalité aussi le dédoublement de classes dans les zones défavorisées d’Épinal qui devrait être suivi par Saint-Dié et Vagney. Réalité encore le fait que ce dédoublement s'accompagne non de créations de postes mais de ponctions parmi les enseignants d'autres écoles, ponctions qui entrainent leur fermeture. Cette politique a été dénoncée par de nombreux maires ruraux dont leur président Vannik Bébérian.

Pour toutes ces raisons la seule attitude qui permettrait de maintenir une école de proximité dans le Val de Vôge et d'éviter que les enfants ne prennent le bus pour aller remplir les écoles d'Epinal qui, elles aussi se vident à la vitesse grand V, serait de réunir au maximum les écoliers de la région dans des RPI et peut-être même dans un seul à plus long terme.

A moins que par miracle et comme cela se passe régulièrement au cours des siècles, les Vosges ne connaissent une nouvelle attractivité qui inciterait comme c'est le cas pour la Haute-Saône des personnes à s'installer dans le département et permettrait une augmentation de sa population. Encore faudrait il que ces arrivants soient des jeunes couples ce qui n'a pas l'air d'être le cas en Haute-Saône où l'on a, et une augmentation de la population, et une baisse importante de la natalité.

Voilà de quoi donner aux élus du Val de Vôge bien des insomnies s'ils veulent trouver une solution pour sauver leurs écoles en particulier et le Val de Vôge en général.

Il est toujours permis d’espérer.

*" Nous nous sommes rapprochés de Charmois-l’Orgueilleux, commune rurale comme la nôtre, avec un premier contact avec René Drouot, l’ancien maire "

Patrick Casadevall, maire de La Haye

**Il y a eu en 2007 4274 naissances pour 3 765 décès dans les Vosges et 3 334 naissances pour 4 328 décès en 2016.

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Y
Propos tenus par Emmanuel Macron, le 17 juillet 2017, lors de la Conférence nationale des territoires : « Ce qui est sûr, c’est que les territoires en particulier les plus ruraux ne peuvent plus être la variable d’ajustement d’économie. C’est pourquoi d’ici là en particulier, il n’y aura plus de fermeture de classes dans les écoles primaires ».

Réponse de V. Berberian, président des Maires Ruraux :« Si certaines situations d’effectifs trop faibles pour assurer une dynamique pédagogique satisfaisante sont difficilement défendables au risque de perdre toute crédibilité, nous ne pouvons accepter que les retraits de postes aient pour conséquences des kilomètres supplémentaires à parcourir pour les enfants, des classes surchargées à niveaux multiples ou des regroupements dans les villes voisines ».
Et de s’adresser directement aux maires : « Aussi nous devons montrer notre détermination sans démagogie du genre : Un village sans école c’est un village qui meurt, soyons positifs et parlons plutôt d’offrir les meilleures conditions de scolarité aux enfants des territoires ruraux, dont les attentes et les besoins légitimes sont nombreux. Cela passe par des moyens appropriés, des méthodes adaptées, une volonté politique concrétisée. »
Les maires ont une responsabilité aussi !
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Y
D’où l’impérieuse nécessité de se rassembler en commune nouvelle pour pallier les problèmes liés à la dénatalité. Il reste à peine un an pour se pencher sur le sujet (2020 élections municipales). Si ce n’est pas une démarche volontaire, c’est l’état qui décidera. Il y va de l’avenir du Val de Vôge car dans cette affaire, aucune commune ne vivra mieux, ce n’est qu’une question de temps.
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L
Y a t il des discussions entamées sur le sujet ?
J
En regardant hier soir, dans l'édition du soir du journal "Ouest-France", « La carte des endroits inhabités en France », je me dis, ce matin, que pour les Regroupements Pédagogiques Intercommunaux, il y a - même en s'activant - du souci à se faire. Il y a déjà un moment que certains villages n'ont plus de poumon !

Faisons confiance au Gouvernement : après un semblant de concertation où il s'agit surtout de diviser pour régner, la décision tombera, mise en œuvre par quelques "seconds couteaux" aux ordres d'un tout puissant grisé par son image...

Si le dédoublement a été généralement bien accueilli, nombreux sont ceux qui ont oublié qu'il y avait - forcément - un loup et que pour supprimer 120 000 fonctionnaires en 4 ans maintenant, il va falloir sabrer ferme dans les 3 fonctions publiques (Etat, territoriale et hospitalière), y compris donc dans « le mammouth ». Si les Armées étaient plutôt habituées à garder le petit doigt sur la couture du pantalon quand elles servaient de variable d'ajustement pour les décideurs, pas sûr que l'Education nationale soit aussi disciplinée.

Interrogeons-nous aussi, par exemple, sur l'avenir (notre avenir) des offres de soins souvent fragilisées par des ARS plus ou moins compétentes.

Pas grave tout cela me direz-vous puisque (étant entendu que les taxes ne sont pas des impôts) le pouvoir d'achat a augmenté ! On croit rêver. Comme je l'ai déjà écrit, ne nous réjouissons pas trop vite de la suppression de la TA car, en réalité, nous risquons de le payer très cher. Rassurons-nous, en cas d'insuffisance, les classes dites moyennes seront là pour y pourvoir.

Oui, « il est toujours permis d'espérer » car c'est bien cela qui coûte le moins cher et puis zut, pourquoi se prendre la tête avec tout cela puisqu'on vient de découvrir qu'il peut, en effet, neiger en hiver.
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J
Lire TH (taxe d'habitation) au lieu de TA
E
On craint une école à deux vitesses. Tous les enfants ne seront pas égaux en matière d'accès aux écoles.
Les communes rurales vont etre dépouillées pour aller habiller la villle la plus proche. C'est inacceptable !
Il est évident que ce qui se dessine pour certaines communes à la rentrée 2018 se reproduira aux futures rentrées
C'est maintenant qu'il faut s'activer en mesurant les enjeux.
Article de Vosges Matin ce matin en accès libre :
https://www.vosgesmatin.fr/education/2018/02/07/nos-enfants-doivent-etre-la-priorite
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