Commémoration du 11 novembre à La Chapelle aux Bois

par LES VOIVRES 88240  -  16 Novembre 2017, 04:33  -  #HISTOIRE

Commémoration du 11 novembre à La Chapelle aux Bois

Comme c'est l'usage depuis plusieurs année, la commémoration du 11 novembre a été faite en commun par les communes de Les Voivres et de La Chapelle aux Bois. Remercions les enfants des écoles stoïques sous la pluie, avec une double mention pour certains qui étaient présents au Monuments aux Morts de Les Voivres et qui sont venus aussi à La Chapelle aux Bois.

Double mention aussi aux musiciens qui avaient manifestement déjà reçu leur content de pluie avant de venir. Leurs habits et leurs cheveux trempés en témoignaient.

Devant le débordement des cieux personnes n'a protesté quand Michel Georges annonça que les écoliers chanteraient la Marseillaise et feraient l'appel aux Morts pour la France à la salle des fêtes.

Commémoration du 11 novembre à La Chapelle aux Bois

Drapeaux alourdis par la pluie, secoués par les rafales, les Anciens Combattants avaient parfois bien bien du mal à garder l'équilibre. Ils réussirent cependant à descendre en bon ordre avec les musiciens, les enfants de l'école et les officiels à la salle des fêtes.

Par contre les personnes équipées d'un parapluie qui empruntèrent  l'escalier pour quitter le parvis de l'église  virent celui-ci rendre l'âme sous les bourrasques.

Les enfants déploient le drapeau national avant de faire l'appel aux Morts pour la France.

Les enfants déploient le drapeau national avant de faire l'appel aux Morts pour la France.

Commémoration du 11 novembre à La Chapelle aux BoisCommémoration du 11 novembre à La Chapelle aux Bois

Après avoir chanté la Marseillaise, les enfants interprétèrent 3 chansons sur le thème de la paix et de l'amour dont celle de Marie Myriam.

Le 11 novembre est maintenant la journée de commémoration des morts pour la France pendant toutes les guerres, mais aussi des victimes des attentats terroristes.

Tous les gamins du monde
Saez
 
 
 
Tous les gamins du monde charbon sur du papier
Dessineront toujours ton visage, ô Liberté
Nos crayons comme un poing levé contre des balles
Pour montrer à l'obscurité qui tient la flamme
Ressers les rang puis taille la mine à ton crayon
Dis petit prince, dis redessine-moi l'horizon
Des libertés qui font la vie de nos bistrots
Des sourires que nous tirent tous nos potes au pinceau
Tous les gamins du monde charbon sur du papier
Dessineront toujours ton visage, ô Liberté
Ici oui mon ami que c'est pas l'ignorance
Jamais qui sera le drapeau de notre France
A l'encre du crayon, à l'encre de ma plume
A l'encre de nos yeux, au combat sous l'enclume
Menacés mais libres toujours et contre tout
Que rien jamais ne mettra ma France à genoux
Tous les gamins du monde charbon sur du papier
Dessineront toujours ton visage Liberté
A ceux qui plieront jamais sous la tyrannie
Que nous sommes tous les enfants du même pays

Ce n'est pas mon pays ce soir qu'on assassine
C'est l'histoire de l'Homme, c'est Pierrot, c'est Colombine
C'est Michel-Ange puis c'est Lascaux puis c'est Paris
C'est la lumière n'en déplaise à la tyrannie
C'est un peu de nous qui est parti avec nos frères
Et si vient l'obscur, nous avons la lumière
Puis il n'est rien de plus fort que le don de soi
Que la main tendue vers celui qui vous combat
Je suis la France puis nous sommes les enfants du libre
Ici ça fait longtemps qu'on brûle plus les livres
Des violences enfants de nos sociétés malades
De nos arts pris sous les terreurs de nos fusillades
A Cabu, à Tignous, à Charb, à Wolinski
A tous les autres et puis aux fils de mon pays
A nos enfants, misère, qui savent même plus lire
Ils est temps mon pays, oui de redevenir
Allez la Terre, allez la France, allez mes frères
De tous les horizons, de toutes les frontières
Que jamais ne plient nos genoux devant la haine
Puisque toujours la force se nourrit de la peine
Ton pays chante ton prénom pour que là-haut
Pour que Cabu boive un canon avec Mano
Si nous chantons puis si nous chanterons encore
La liberté aux mémoires de nos amis morts
Autant que dessineront tous les gamins du monde
Ton nom sur les arbres et puis parfois des jocondes
Aux pinceaux qui font les Vinci, les Wolinski
Puis tous nos frères qui font les cultures des pays
Ami c'est pas fini, ami il reste à boire
Dans nos sanglots qui viennent faire pleurer nos buvards
Retourner à la mine, à la mine du crayon
Contre leurs champs de mines en tous genres, mort aux cons
C'est pas la prière des bons dieux que nous chantons
C'est celle de nos enfants libres sous leurs crayons
Un trait pour mettre un peu de couleur à nos cœurs
Pour dessiner des jours prochains, des jours meilleurs
Et si c'est un crayon, oui contre la mitraille
Alors que le papier soit le champ de bataille
Que nos plumes à jamais gardent toujours leur libre
Qu'il est plus important d'être debout que de vivre
Ils peuvent assassiner nos corps mais pas nos âmes
Le souffle du néant n'éteindra pas la flamme

Tous les gamins du monde charbon sur du papier
Dessineront toujours ton visage, ô Liberté
Tous les gamins du monde charbon sur du papier
Dessineront toujours ton visage, ô Liberté
Ici toi mon ami que c'est pas l'ignorance
Jamais qui sera le drapeau de notre France
Commémoration du 11 novembre à La Chapelle aux Bois
Commémoration du 11 novembre à La Chapelle aux Bois

 

Maurice Genevoix raconte à la première personne son expérience de soldat de la première guerre mondiale.

C’est très long, quand on ne voit même pas la fumée de sa pipe, quand l’homme qui est tout près n’est plus qu’une masse dombre indistincte, quand la tranchée pleine d’hommes s’enfonce dans la nuit, et se tait. Sous les planches les gouttes d’eau tombent, régulières. Elles tombent, à petits claquements vifs, dans la mare qu’elles ont creusée. Une...deux... trois... quatre... cinq... Je les compte jusqu’à mille. Est-ce qu’elles tombent toutes les secondes ?... Plus vite : deux gouttes d’eau par seconde, à peu près ; mille gouttes d’eau en dix minutes... On ne peut pas en compter davantage.

On peut, remuant à peine les lèvres, réciter des vers qu’on n’a pas oubliés.

Victor Hugo ; et puis Baudelaire ; et puis Verlaine ; et puis Samain... C’est une étrange chose, sous deux planches dégouttelantes, au tapotement éternel de toutes ces gouttes qui tombent... Où ai-je lu ceci ?

Un homme couché, le front sous des gouttes d’eau qui tombent, des gouttes régulières qui tombent à la même place du front, le taraudent et l’ébranlent, et toujours tombent, une à une, jusqu’à la folie... Une... deux... trois... quatre... Il n’y a pourtant, sur les planches, qu’une mince couche de boue. Depuis des heures il ne pleut plus.

D’où viennent toutes les gouttes qui tombent devant moi, et mêlées à la boue enveloppent ainsi mes jambes, montent vers mes genoux et me glacent jusqu’au ventre ?

Le bois était triste aussi,

Et du feuillage obscurci,

Goutte à goutte,

La tristesse de la nuit

Dans nos cœurs noyés d’ennui

Tombait toute...

Les gouttes tombent au rythme de ce qui fut la

Chanson Violette, je ne sais quelle burlesque antienne qui s’est mise à danser sous mon crâne...

Une... deux...trois... quatre...

La planche était triste aussi

Et de son bois obscurci,

Goutte à goutte...

Je vais m’en aller. Il faut que je me lève, que je marche, que je parle à quelqu’un...

Maurice Genevoix, « La Boue »,

Ceux de 14,

1916

Commémoration du 11 novembre à La Chapelle aux Bois
Commémoration du 11 novembre à La Chapelle aux Bois
Commémoration du 11 novembre à La Chapelle aux Bois
Commémoration du 11 novembre à La Chapelle aux Bois
Commémoration du 11 novembre à La Chapelle aux Bois
Commémoration du 11 novembre à La Chapelle aux Bois
Commémoration du 11 novembre à La Chapelle aux Bois
Commémoration du 11 novembre à La Chapelle aux Bois
Commémoration du 11 novembre à La Chapelle aux Bois
Commémoration du 11 novembre à La Chapelle aux Bois
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Commémoration du 11 novembre à La Chapelle aux Bois
Commémoration du 11 novembre à La Chapelle aux Bois
Commémoration du 11 novembre à La Chapelle aux Bois
Commémoration du 11 novembre à La Chapelle aux Bois
Commémoration du 11 novembre à La Chapelle aux Bois
Commémoration du 11 novembre à La Chapelle aux Bois
Commémoration du 11 novembre à La Chapelle aux Bois
Commémoration du 11 novembre à La Chapelle aux Bois
Commémoration du 11 novembre à La Chapelle aux Bois
Commémoration du 11 novembre à La Chapelle aux Bois
Commémoration du 11 novembre à La Chapelle aux Bois
Commémoration du 11 novembre à La Chapelle aux Bois
Commémoration du 11 novembre à La Chapelle aux Bois
 

Deux atroces journées de souffrance et de découragement, deux journées dont je veux que le souvenir me soit une arme contre les épreuves à venir, puisque la force m'est restée alors de tenir quand même, et de ne point me renoncer. (p 78)

Ils regarderont ; ils verront le camarade s'affaisser ; ils se diront : "Tout à l'heure peut-être, ce sera moi ; dans une heure, dans une minute, pendant cette seconde qui passe, ce sera moi." Et ils auront peur dans toute leur chair. Ils auront peur, c'est certain, c'est fatal ; mais, ayant peur, ils resteront. (p 96)

Mais Pannechon, c'est là justement un des secrets de notre force : avec de toutes petites joies, nous savons faire du bonheur. - Vous dites bien ça, mon lieutenant. Alors, quand on a eu mal jusqu'à descendre au fond d'son courage, comme des fois, comme la nuit dernière, suffit d'une miette de joie pour nous r'donner goût à la vie. (p 258)

Pitié pour nos soldats qui sont morts ! Pitié pour nous vivants qui étions auprès d'eux, pour nous qui nous battrons demain, nous qui mourrons, qui souffrirons dans nos chairs mutilées ! Pitié pour nous, forçats de guerre qui n'avions pas voulu cela, pour nous qui étions des hommes et qui désespérons de jamais le redevenir ! (p 478)

Ceux de 14 Extrait

Maurice Génévoix

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J
Avec les messages sur la commémoration du 11 Novembre concernant La Chapelle-aux-Bois, La Flèche, Les Voivres et Villersexel, je pense que nous avons là une modeste mais honnête image - à notre niveau - du Devoir de Mémoire et d'Histoire.
Que « seule la fiction puisse dépeindre la réalité » est une affaire entendue (je crois d'ailleurs que nous en avions déjà parlé) mais la réalité peut être aussi souvent pire qu'une épouvantable fiction.
Répondre
L
C'est bien pour cela qu'elle ne peut être entendue telle quelle. La fiction doit la rendre audible et crédible.
G
Magnifiques textes de Maurice Genevoix
Répondre
L
Jorge Semprun disait que seule la fiction peut dépendre la réalité. C'est le cas même s'il décrit une expérience qu'il a vécue.