Commemoration du 11 novembre du 1917

par LES VOIVRES 88240  -  13 Novembre 2017, 04:51  -  #HISTOIRE

Un 11 novembre comme il en faudrait tous les ans. Un 11 novembre dans la pluie glacée et les rafales de vent. Un 11 novembre qui pourrait donner une vague idée des souffrances des combattants pendant ces 4 années. Un 11 novembre qui pour beaucoup de ceux-ci n'était qu'une journée trop souvent recommencée à laquelle il faudrait ajouter, pour tenter de comprendre ce qu'ils ont supporté, la boue, les obus, l'inconfort des tranchées françaises, voulu par l’État Major qui craignait que nos poilus perdent l'esprit offensif si on aménageait trop bien l'enfer.

Pour ces messieurs en cette année 1917, les poilus n'avaient pas encore assez soufferts, on a commencé à les fusiller pour l'exemple, au cas où ils se seraient mis à penser que la guerre était une saloperie.

Ils n'étaient pas assez morts. Il fallait encore aux balles de l'ennemi y ajouter le peloton d'exécution et couvrir de déshonneur les héros.

Mais l'impensable, ce n'est pas que quelques uns aient dit leur dégoût de cette boucherie, c'est qu'ils ne se soient pas tous révoltés contre leurs chefs qui les menaient à la mort comme du bétail.

De la glorification en 1914 des charges à la baïonnettes contre les canons et les mitrailleuses ennemies, du refus de quitter l'uniforme garance pour satisfaire le lobby des producteurs, des atermoiement pour sortir un casque qui ne soit plus une simple casquette alors qu'il suffisait de copier le modèle allemand existant depuis avant Sadowa, de l'obstination assassine d'entasser toutes les troupes dans des  premières lignes volontairement mal équipées, les motifs ne manquaient pour les poilus de se révolter.

Ils ne l'ont pas fait, ils ont tenu en attendant les renforts alliés en 1917. Ils n'ont pas résister pour que leurs chefs reçoivent des distinctions. Ils l'ont fait parce qu'il le fallait pour leur famille, pour le petit coin de terre qu'ils connaissaient.

Et leurs sacrifices ne serviront à rien si leur mémoire n'est pas célébrée, si on laisse les marchands de canons, les Lagardère et les Dassault infléchir la politique de notre gouvernement comme cela c'est fait avant et pendant la Grande Guerre. Ils ne serviront à rien si on laisse les patriotes de Café du Commerce se gargariser de messages racistes sous le prétexte d'honorer le drapeau français.

Le drapeau français n'a pas besoin de sang. Il a besoin que deux enfants coiffés d'une coccinelle et d'un lapin se souviennent des disparus.

Un rayon de soleil dans cette journée, les bonnets des deux enfants portant la gerbe

Un rayon de soleil dans cette journée, les bonnets des deux enfants portant la gerbe

Michel Georges remercie la mairie de Les Voivres pour son accueil et la collation offerte. Il remercie également les élus présents, le père Hubert Devillard pour l'office qu'il va célébrer à l'église de Les Voivres, les Sapeurs Pompiers et les Jeunes Sapeurs Pompiers présents, Serge Henry pour accompagner la cérémonie avec son clairon, les enfants des écoles stoïques sous la pluie, les enseignants et les parents, les anciens combattants et tous les participants venus nombreux.
Souffrant, Hubert Florentin , le chef de la section des Anciens d'Afrique du Nord, s'est excusé.

Commemoration du 11 novembre du 1917

La mort de près

Le 17 février en début d’après-midi, les Français font sauter des mines sous les lignes allemandes. Les fantassins, sous la mitraille des deux artilleries, montent alors à l’assaut de la crête et s’y installent, y résistent, doivent refluer, repartent au combat. Durant quatre jours, la mort rode à chaque instant sur un bout de terre dévastée

Maurice Genevoix subit les orages d’acier et assiste, impuissant, à l’écrasement de ses hommes. Il perd une grande partie de ceux avec qui il était monté sur la colline des Éparges. Il en a entendu les plaintes :

« Il y a Chantoiseau le jeune, qui recommence tout haut le compte de ses blessures, et d’heures en heures en découvre une nouvelle ; il y a Petitbru, qui ne cesse de hurler ; il y a Jean qui ne dit rien, immobile sur le dos, mais qui tousse par longues quintes exténuées, et tourne un peu la tête pour cracher les caillots qui l’étouffent ; et Gaubert, et Beaurain, et Chabeau qui délire toujours, clappant de la langue et menant ses chevaux, derrière sa charrue, dans son champ : “Dia ! Hue ! Allons petit ! Dia !” […] Et la nuit dure toujours»

Maurice Genevoix

Les Sapeurs Pompiers et les Jeunes Sapeurs Pompiers étaient présents

Les Sapeurs Pompiers et les Jeunes Sapeurs Pompiers étaient présents

 Alors, puisqu’il est temps encore, une dernière fois, ils entendent témoigner. Les a-t-on assez écoutés ? Non, certes. Entendus seulement ? Non plus. Ils ne récriminent pas, ne s’indignent pas. Mais enfin, cela est plus fort qu’eux. Ils voudraient ne pas s’en aller avec cette tristesse au cœur . »

Maurice Genevoix

Michel Georges présente le déroulement de la cérémonie

Michel Georges présente le déroulement de la cérémonie

Les anciens combattant avec les drapeaux alourdis par la pluie et malmenés par le vent.

Les anciens combattant avec les drapeaux alourdis par la pluie et malmenés par le vent.

Envoi des couleurs

Envoi des couleurs

" Epuisés, haletants, nous ne courions plus. Une route coupait les ruines et une mitrailleuse invisible la criblait, soulevant un petit nuage à ras de terre. "Tous dans le boyau !" cria un adjudant.

 

Sans regarder, on y sauta. En touchant du pied ce fond mou, un dégoût surhumain me rejeta en arrière, épouvanté. C'était un entassement infâme, une exhumation monstrueuse de Bavarois cireux sur d'autres déjà noirs, dont les bouches tordues exhalaient une haleine pourrie ; tout en amas de chais déchiquetées, avec des cadavres qu'on eût dit dévissés, les pieds et les genoux complètement retournés, et, pour les veiller tous, un seul mort resté debout, adossé à la paroi, étayé par un monstre sans tête. Le premier de notre file n'osait pas avancer sur ce charnier : on éprouvait comme une crainte religieuse à marcher sur ces cadavres, à écraser du pied ces figures d'hommes. Pourtant, chassés par la mitrailleuse, les derniers sautaient quand même, et la fosse commune parut déborder.

 

- Avancez, nom de Dieu !...

 

On hésitait encore à fouler ce dallage qui s'enfonçait, puis, poussés par les autres, on avança, sans regarder, pataugeant dans la Mort... "

Les Croix de Bois

Roland Dorgeles

Michel Fournier s'apprête à lire le " Message de la Secrétaire d’Etat auprès du Ministre des armée"s

Michel Fournier s'apprête à lire le " Message de la Secrétaire d’Etat auprès du Ministre des armée"s

Message de la Secrétaire d’Etat auprès du Ministre des armées

Quatre-vingt-dix-neuf années ont passé depuis cette fin de matinée où, ce 11 novembre 1918, à 11h,sur le front, les clairons ont surgi pour sonner le cessez-le-feu. Un conflit de quatre ans et demi s’achevait alors.

Si l’avant et l’arrière communient dans la fierté nationale, c’est aussi le temps du deuil qui commence face aux pertes considérables, tant civiles que militaires. La Grande Guerre a profondément bouleversé les nations européennes, les équilibres mondiaux sont durablement modifiés.

Cette année, nous célébrons plus particulièrement le centenaire de 1917. Après trois ans de conflit, c’est l’année de la « fatigue des peuples » mais aussi le tournant de la guerre. Sur le temps long, elle s’avère déterminante pour le XXème siècle. Ses conséquences se font encore sentir aujourd’hui.

D’avril à octobre, le Chemin des Dames a rendu son terrible verdict ; cet échec sanglant affecte le moral des combattants et celui de l’arrière. L’armée française n’est pas seule à se sacrifier. Au prix de lourdes pertes, les Canadiens mènent l’offensive à Vimy, les Britanniques à Passchendaele, les Italiens sont vaincus à Caporetto.

Les Etats-Unis rompent avec l’isolationnisme et s’engagent aux côtés de l’Entente. L’arrivée progressive des soldats américains change le rapport de force et va contribuer à forger la victoire. La mondialisation du conflit s’est intensifiée.

Traversée par deux révolutions, la Russie connaît de profonds bouleversements et signe le 15 décembre un armistice avec l’Allemagne. Cette dernière va pouvoir, en 1918, concentrer toutes ses forces sur le front occidental.

Victimes indirectes de la guerre, des centaines de milliers d’enfants en portent les séquelles et se retrouvent orphelins. Ils grandiront seuls ou au sein de familles incomplètes marquées à jamais par la perte. C’est pour leur permettre de vivre dignement que l’Etat crée le 27 juillet 1917 le statut de « pupille de la Nation ». Destiné à l’origine aux orphelins de guerre, il est étendu aujourd’hui aux orphelins d’un parent tué en opération militaire extérieure ou lors d’un attentat terroriste.

Le 16 novembre 1917, il y a presque cent ans, au milieu de la tempête, Georges Clemenceau était appelé à former le gouvernement. Président du conseil et ministre de la guerre, à 76 ans, il appelle à la « guerre intégrale » et remobilise la Nation et les armées avec l’obsession de mener la France à la victoire.

En ce jour du 11 novembre, depuis la loi de 2012, nous rendons hommage à l’ensemble des morts pour la France. A ceux tombés lors de la Grande Guerre, lors de la Seconde Guerre mondiale, lors des guerres de décolonisation, à ceux tombés hier et aujourd’hui, lors de nos opérations extérieures partout dans le monde, la Nation reconnaissante rend hommage et perpétue l’indispensable mémoire.

"Nous sommes devenus des animaux dangereux, nous ne combattons pas, nous nous défendons contre la destruction. Ce n'est pas contre des humains que nous lançons nos grenades, car à ce moment là nous ne sentons qu'une chose: c'est que la mort est là qui nous traque, sous ces mains et ces casques[...] la fureur qui nous anime est insensée: nous ne sommes plus couchés, impuissants, sur l’échafaud, mais nous pouvons détruire et tuer, pour nous sauver... pour nous sauver et nous venger."

A l'Ouest rien de nouveau

Erich Maria Remarque

— Car on nous méprisera vigoureusement, hein, Norbert ?... Des inutiles, des incapables, des attardés ! Nous rappellerons de si sales souvenirs !... Et puis, rien qu'en existant, nous affirmerons qu'une guerre reste possible, et on nous accusera de la regretter, de la préparer en la souhaitant...

Commemoration du 11 novembre du 1917
Commemoration du 11 novembre du 1917
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