Vieilles tombes

par LES VOIVRES 88240  -  22 Septembre 2017, 04:46  -  #Qu'il est beau mon village

Vieilles tombes

Pourquoi les Christs sur ces vielles tombes  ont ils tous l'air si pathétiques ? Il semblerait que ce modèle de crucifié soit de plus en plus abandonné maintenant mais à cette époque leur désespérance semblait de mise.

Couchés sur le gravier nu, la croix et les membres disloqués comme si une armée de légionnaires romains les suppliciaient sans fin, ils semblent revivre leur tourments jour après jour.

Le liseron les recouvre et les menotte. Les herbes folles les étouffent et les cache. Elles montent  à l'assaut de la Vierge.

Les stèles brisées s'effondrent, les dalles crèvent.

Une couronne de fleurs artificielles git solitaire, un massif de pivoines desséchées  a renoncé à lutter depuis longtemps.

Qui vient encore, se souvenant de ceux qui furent, prier sur ces sépultures ? De temps en temps l'une d'entre elles nettoyée depuis peu de ses mauvaises herbes témoigne que tous ne sont pas oubliés. Mais beaucoup d'entre elles sont des concessions perpétuelles, il n'y a donc pas forcément de descendants qui les entretiennent.

Perpétuelles. Pour combien de temps encore. Dans 10 ans, 100 ans, 1000 ans, quelqu'un se fraiera t il un chemin à travers les ronces et les orties, à travers les taillis et les épines noyant la commune pour perpétuer le souvenir de ses gisants ?

Perpétuelles. Seules nos œuvres et nos actions peuvent donner envie d'entretenir notre souvenir. Notre argent ne peut acheter la mémoire des vivants.

Perpétuelles. Encore faudrait il qu'il y ait des vivants. De ces village, ou ces villes mortes, abandonnés de tous, qui se souvient encore que certains vécurent là ?

Habitants de Les Voivres, si vous voulez avoir une chance que votre nom soit cité après votre décès, faites en sorte que votre village ne meurt parce vous n'aurez jamais rien fait pour le dynamiser.

Créer des emplois, permettre l'installation d'entreprises, de familles, s’investir dans la vie associative, cela vaut toutes les concessions perpétuelles du monde.

Vieilles tombes

A des cimetières

Séjour mélancolique, où les ombres dolentes
Se plaignent chaque nuit de leur adversité
Et murmurent toujours de la nécessité
Qui les contraint d'errer par les tombes relantes,

Ossements entassés, et vous, pierres parlantes
Qui conservez les noms à la postérité,
Représentant la vie et sa fragilité
Pour censurer l'orgueil des âmes insolentes,

Tombeaux, pâles témoins de la rigueur du sort,
Où je viens en secret entretenir la mort
D'une amour que je vois si mal récompensée,

Vous donnez de la crainte et de l'horreur à tous,
Mais le plus doux objet qui s'offre à ma pensée
Est beaucoup plus funeste et plus triste que vous.

François Tristan L'Hermite (1601-1655)

Vieilles tombes
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J
Présenté ainsi, j'ai eu peine (dans tous les sens du terme), voire un peu de honte, à reconnaître le cimetière de Les Voivres. Mais au regard de plusieurs indices et à la vue de la tombe d'un ancien maire (de 1837 à 1850) du village, Joseph Breton, il a bien fallu, cependant, m'y résoudre.
Je me garderai bien pourtant de condamner car je sais la difficulté pour les "expatriés", par exemple, de venir « prier sur ces sépultures ». Ce n’est pas, en effet, le petit moment - trop rare puisque annuel pour ce qui me concerne – que je passe, à défaut de prier, à entretenir cette « concession perpétuelle » de mes parents et à arpenter tout le cimetière pour tenter de me souvenir « de ceux qui furent » qui viendra me contredire.
Oui, qui viendra (pas ma descendance, selon toute vraisemblance) entretenir cette tombe quand les difficultés de l'âge que je ressens déjà, m'empêcheront de faire mon "pèlerinage annuel" et que moi-même aurai "passé l'arme à gauche" ?

« Seules nos œuvres et nos actions peuvent donner envie d'entretenir notre souvenir » : dans mon cas il n’est évidemment pas question de parler d’œuvre ni d’actions très significatives, surtout, hélas, pour mon cher village natal que j’ai quitté à l’âge de 11 ans, qui permettraient de donner envie d’entretenir mon souvenir. Je ne veux pas rappeler aujourd’hui les modestes initiatives – chacun étant en mesure de les apprécier… ou pas - que j’ai pu avoir, que ce soit pour "Les Casques blancs" auxquels j’ai eu l’honneur d’appartenir, la "76ème Section des Médaillés militaires" dont j’ai été le Secrétaire pendant plus de 13 ans et même pour Les Voivres dont j’espère pourtant mener à terme la dernière, celle d’honorer ceux qui y sont tombés le 18 juin 1940.

Pour le cimetière, et « les herbes folles », on trouvera bien d’autres Richard Rognet et ses "Elégies pour le temps de vivre" pour les sublimer… perpétuellement.
http://detobs85.easy4blog.com/article-andre-marchand2-416065.html

http://www.loomji.fr/les-voivres-88520/photo/tombe-soldat-marchand-23423.htm
Répondre
L
J'allais le dire, dans votre cas il y aura la tombe du soldat Marchand et espérons le, une plaque en l'honneur des soldats tombés à Les Voivres un certain 18 juin 1940. Ce ne serait déjà pas mal.
Ce n'est pas une condamnation de ces tombes plus ou moins à l'abandon. Elles dégagent beaucoup d'émotions. C'est ce qui m'a donné envie de parler d'elles.