73 éme anniversaire de l'anéantissement du maquis de Grandrupt

par LES VOIVRES 88240  -  6 Septembre 2017, 04:32  -  #HISTOIRE

73 éme anniversaire de l'anéantissement du maquis de Grandrupt

Les pères Hubert Devillard et Daniel Rémy on dit la messe devant une assistance recueillie, civils et militaires. Une importante délégation anglaise est là, le Spécial Air Service venu avec son cornemuseux. Des membres de l'association Les Héros du passé sont  en uniforme de combattants du Commonwealth engagés dans les deux guerres mondiales. Le temps est à l'unisson de la cérémonie. Un temps de Toussaint, un temps de chape et de plomb, un temps de Nuit et Brouillard.

De grosses gouttes tombent des arbres et les nasillements de la cornemuse appellent la banschee portant ses messages de mort.

Ils ne sont plus que deux, deux survivants du maquis de Grandrupt, deux survivants des survivants des camps de la mort, deux miraculés de cet enfer si terrible que les témoins ne pouvaient en parler.

Ce sont une fois de plus les bourreaux qui se sont chargée de donner de la voix, se glorifiant, chantant leurs louanges et faisant l'apologie de leurs crimes. L'an dernier à l'occasion du 72 ème anniversaire j'avais écrit :

"A côté de moi un ancien déporté revivait ces années :

"-C'était le Mal "

A part quelques survivants, à part ceux qui étaient là aujourd'hui, combien dans leur stupide aveuglement veulent admettre qu'aujourd'hui encore, le Mal Absolu est tout près de nous, qu'il peut être chacun de nous ?

Combien pensent ils que l’appeler pour soi disant protéger les intérêts des siens et son pays est la plus belle connerie qui soit et que ce vœu idiot ne doit en aucun cas être justifié par l'incompétence de nos gouvernants ?

C'est là que le Devoir de Mémoire prend tout son sens et sa force."

Cette année pendant des semaines et des mois, à l'occasion des élections présidentielles et législatives, nous avons entendus des électeurs tenir comme au temps du nazisme des messages de haine. La bête n'est pas morte. La bête ne mourra jamais car la bête c'est nous. La souffrance ne peut se partager, ne peut se comprendre, la souffrance que les déportés ont subie ne servira jamais de leçon si on laisse parler ces monstres.

Il n'est pas possible d'imaginer ce qu'à pu être, pendant des jours, des semaines, des mois, celle de ces hommes. Ce qu'ils endurèrent, jusqu'à ce qu'ils meurent ou soient libérés.

Il n'est pas possible de se mettre à la place d'un homme qui chaque jour, chaque heure, chaque minute, chaque seconde, risque de mourir : gazé, torturé, fusillé, tué à coup de gummi, condamné à mourir de froid pendant un appel, pendu, ou au cours des expériences menées par des médecins fous.

Mais des millions de preuves de ces atrocités ont été retrouvées et il est au moins facile de savoir, même si certains le nient ou le minimisent, qu'elles ont bien eu lieu. Elles peuvent recommencer et toucher nos frères et nos enfants.

Le dimanche 3 août 1941, quelques semaines après l'entrée en guerre de l'Allemagne contre l'URSS, l'évêque de Münster, en Rhénanie, dénonce en chaire l'opération Aktion T4, le meurtre des handicapés par les nazis.

Mgr Clemens-August von Galen (68 ans) lance : « C'est une doctrine effrayante que celle qui cherche à justifier le meurtre d'innocents, qui autorise l'extermination de ceux qui ne sont plus capables de travailler, les infirmes, de ceux qui ont sombré dans la sénilité... N'a-t-on le droit de vivre qu'aussi longtemps que nous sommes productifs ? ».

Officiellement ces massacres devaient permettre de libérer de lits pour les blessés de guerre. Dans la réalité, même de grands mutilés de guerre ont été gazés. S'il n'est pas plus moral de tuer un handicapé mental ou un juif qu'un grand mutilé de guerre, cela montre bien le cynisme et l’inconscience des dirigeants allemands qui en agissant ainsi prenaient le risque de se mettre l'armée allemande à dos.

Quand la bête se réveille nul n'est à l'abri, même ceux qui l'ont appelée.

Aktion T4 servira aussi à mettre au point les techniques qui aboutiront à la construction des chambres à gaz dans les camps d'extermination.

Si le devoir de mémoire ne peut permettre de comprendre ce qu'ils ont subi, il devrait convaincre même les plus obtus d'entre nous que tout peut toujours recommencer, qu'elle que soit la bannière sous laquelle, on se range si le seul but de nos dirigeants n'est pas de respecter l’homme et sa liberté.

Quand Albert Fâh ,  voyait descendre du ciel dans la nuit du 6 au 7 septembre les parachutes du SAS, il pensait voir arriver ses libérateurs.

Dans la réalité leur arrêt de mort était déjà signé. Dans leur peur d'approvisionner en armes les communistes, les alliés ne leurs en ont donnés qu'au compte goutte. Mal équipés, mal formés, ils avaient peu de chances de pouvoir résister.

Ils l'ont cependant fait car ils avaient estimé que le plus important c'était de se lever et de dire non aux bourreaux.

Espérons que cette cérémonie et le rappel de ces évènement donneront à d'autres français la lucidité et la force de caractère nécessaires pour ne pas être séduits par les tueurs.

 

73 éme anniversaire de l'anéantissement du maquis de Grandrupt

"- Qu'est ce qui était le pire au camp ? " demanda Max.

Mon père pousse un soupir :

"-Voilà qu'on pose des devinettes maintenant ?

- Non, je veux savoir c'est tout.

- Ce genre de questions est un peu simpliste, dit mon père. Quest ce qui était le pire, la faim ou les brimades, le froid de l'hiver ou la chaleur de l'été ? Est ce qu'être gazé valait mieux que d'être pendu ? Qui peut le dire ? Moi pas en tout cas..."

in Mon Père Couleur de Nuit

Carl Friedman

Des membres de l'association Les Héros du passé sont  en uniforme de combattants du Commonwealth

Des membres de l'association Les Héros du passé sont en uniforme de combattants du Commonwealth

73 éme anniversaire de l'anéantissement du maquis de Grandrupt
73 éme anniversaire de l'anéantissement du maquis de Grandrupt
73 éme anniversaire de l'anéantissement du maquis de Grandrupt
73 éme anniversaire de l'anéantissement du maquis de Grandrupt
73 éme anniversaire de l'anéantissement du maquis de Grandrupt
73 éme anniversaire de l'anéantissement du maquis de Grandrupt
73 éme anniversaire de l'anéantissement du maquis de Grandrupt
73 éme anniversaire de l'anéantissement du maquis de Grandrupt
73 éme anniversaire de l'anéantissement du maquis de Grandrupt
73 éme anniversaire de l'anéantissement du maquis de Grandrupt
73 éme anniversaire de l'anéantissement du maquis de Grandrupt
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
J
[Mgr Clemens-August von Galen (68 ans) lance : « C'est une doctrine effrayante que celle qui cherche à justifier le meurtre d'innocents, qui autorise l'extermination de ceux qui ne sont plus capables de travailler, les infirmes, de ceux qui ont sombré dans la sénilité... N'a-t-on le droit de vivre qu'aussi longtemps que nous sommes productifs ? ».] : une doctrine condamnable et condamnée mais qui laisse songeur... Il faut cependant que je prenne certaines précautions pour m'exprimer afin de ne pas être accusé, à tort bien évidemment, de dénonciation mensongère, de diffamation ou que sais-je encore ?
Il n'empêche que ceux-là même qui, par exemple, martèlent, quotidiennement, les différences entre les retraités et les actifs, prônent constamment l'augmentation du pouvoir d'achat les travailleurs aux détriment des "coupables" d'avoir profité des "30 Glorieuses" et des responsables à jamais du non-avenir de leurs enfants, petits enfants, de toute leur descendance en fait, ne prennent-ils pas le risque, à court d'imagination et impuissants qu'ils sont à gérer intelligemment les problèmes - sauf à culpabiliser intentionnellement les Français, à fracturer la fragile cohésion "nécessaire et insuffisante" de notre Pays en assénant régulièrement du haut de leur carence d'explication et de leur pédagogie de quat'sous la même antienne -, de dresser entre-elles plusieurs catégories de citoyens, de multiplier les différences, d'attiser les haines ?
Que dire, même si, paraît-il, il devrait être mieux pris en compte et malgré le mérite de la majorité des personnels soignants, aidants, assistants, du traitement bien insuffisant des infirmes et handicapés, de l'accueil, si onéreux et malgré tout en manque d'effectifs par souci de rentabilité, des personnes devenues séniles, des Alzheimer comme on dit ?
En réalité, on sent bien que tout cela gêne. Alors sans parler (encore que) de meurtres, d'extermination, il faut rappeler sans cesse que les mots ont un sens,qu'ils peuvent devenir des armes et tuer. Redire aussi, et pour le coup le plus souvent possible, que cette doctrine est toujours plus ou moins d'actualité, que ce soit chez nous en France, en Europe et dans le Monde. A force de nous fustiger, de donner des leçons de moralité en oubliant leurs propres turpitudes, d’infliger des cours de citoyenneté à ceux et celles qui n'ont pas forcément démérité, de vouloir ériger un fossé - ou construire un mur, c’est d'actualité aussi - entre les générations, de nous culpabiliser, certains dirigeants risquent de "mettre le feu aux poudres". Il y a péril en la demeure et oui, la question : « N'a-t-on le droit de vivre qu'aussi longtemps que nous sommes productifs ? » finit, hélas, insidieusement par se poser.
Répondre
L
A propose des dangers de toutes discriminations j'ai écrit : Si le devoir de mémoire ne peut permettre de comprendre ce qu'ils ont subi, il devrait convaincre même les plus obtus d'entre nous que tout peut toujours recommencer, qu'elle que soit la bannière sous laquelle, on se range si le seul but de nos dirigeants n'est pas de respecter l’homme et sa liberté.