Quand le Val de Vôge a décidé qu'il ne voulait pas mourir
19 Janvier 2017
Il y a ceux qui manient la pelle et ceux qui ont sorti l'appareil photo. Il doivent être aussi nombreux les uns que les autres, en témoignent les nombreux partages rien que pour la commune. Un périple depuis les Feugnottes jusquà la Chapelle de Bonne Espérance. Un autre fait par Sylvia depuis chez elle à la Grande Fosse, en passant par ces mêmes Feugnottes pour revenir en longeant le Bois la Chèvre, avant de redescendre vers le hameau.
Une série prise à la lumière de la pleine lune par Claire et une autre par la Maisondici.
Pendant ce temps d'autres travaillent pour dégager les trottoirs et les abords des maisons.
Il y a aussi ceux que ce temps inspirent et qui prennent leur plume. Mais la neige ne laisse personne indifférent. On râle pour les conditions de circulation, pour les notes de chauffage, pour le coût des pneus hiver et parce que le prix des légumes frais dans votre magasin explose. On râle parce que cette bise est tellement froide que ce manteau payé la peau des fesses, vous donne soudainement l'impression d'être aussi peu épais qu'un mouchoir en papier.
On râle parce que freschou les petits doigts quand il faut gratter sur les vitres et le pare-brise de votre voiture un givre aussi épais que ce que le vendeur vous avez garanti à propos de ce manteau foireux.
On râle parce que bien évidemment la route n'a pas été dégagée par les Ponts et Chaussées pour l'heure où l'on part au travail et que les employés du chantier d'insertion semblent passer tout leur temps à poser pour les photos sur lesvoivres88240.
On râle, mais qu'est ce que c'est beau. Si l'univers a été créé pour qu'une conscience le regarde, alors, l'hiver et la neige devaient être prévus. Imaginez 365 jours par an, avec 30°, un ciel bleu, des cocotiers, le sable fin et l'océan. L'horreur glauque.
"L'ennui naquit un jour de l'uniformité" Antoine Houdar de La Motte. Nous avons la chance de nous lever avec tous les jours, du printemps à l'hiver, un paysage tellement changeant qu'il faut le matin une demie heure pour aller à la mairie, retardé par des arrêts ou des détours pour prendre des photos tandis que les malheureux résidents aux Seychelles voient à longueur d'année la même chose que la veille.
Bleu, bleu, bleu, bleu ponctué du ploc, ploc, ploc, ploc, des noix de coco qui tombent. Et quand elles tombent ce n'est plus comme dans la pub, la fraicheur du lait de coco. Non c'est dur comme du chien.
Alors sachons apprécier nos paysages, c'est gratuit et de toute façon ces iles paradisiaques vont bientôt être englouties par la montée des eaux. Pas la peine d'économiser pour y aller passer sa retraite.
Bon on en était où. Je vous parle de Les Voivres et vous m'embarquez aux antipodes. Oui je voulais dire, que : Un, la poésie est dans la rue. Deux, l'art est dans la rue. Trois, les élèves de Freinet le savent depuis toujours mais c'est réconfortant d'entendre tout un chacun s'émerveiller devant des paysages d'hiver, en réclamer et dire qu'un poème agrémente bien des photos de paysages. Pourquoi seule une élite serait elle capable d'être sensible à la beauté et d'en créer ?
Les premiers qui ont voulu transplanter l'art dans la rue était les soviets. Bolchéviks avec le couteau entre les dents mais permettant à des troupes de théâtre de jouer dans les usines et rapatriant soigneusement dans les musées, pour que tout le monde puisse les voir, les précieuses collections de tableaux que de riches connaisseurs russes avaient constituées.
Les suivants furent bien entendu le Front Populaire Français avec comme ministre Léo Lagrange. On l'a enterré bien vite et pour faire passer la sauce on a donné son nom à une foultitude de centres culturels et de collèges.
Les autres furent les disciples de Freinet. Là nous retombons, ho coïncidence, à Les Voivres sur une histoire maintes fois contée mais qu'il est bon de répéter.
Nous sommes tous capables. Capables de créer, capables de se prendre en main, capable d'exister et de dire aux grands qui doutent de nos capacités :
"- Nous sommes capables de faire sans vous. Pas la peine de nous enchainer sous le prétexte de nous aider."
Bonjour Bernard,
J’ai reçu ce joli texte plein de délicatesse et de douceur, écrit par une habitante de la Vôge qui souhaite rester anonyme. Respect…
J’aimerais bien le partager sur le blog de Les Voivres car il s’inscrit merveilleusement dans la poésie que tu nous offre souvent et dans le temps de ces derniers jours marqué par le ralentissement dont nous fait cadeau la nature…
Savourons ensemble cette pause hivernale.
Annick
- Home Sweet Home,
- Amie comme pas deux avec Monsieur Hiver sans en avoir l'air, Dame Météo a posé ses mains de glace sur notre joli coin de campagne qui doucement engourdi rêvasse... Douillettement lovés dans la chaleur du nid douillet mes songes distillent à la cadence d'un métronome un édifiant "Home Sweet Home"... Sur le paysage frileux la nuit peu à peu a posé son voile de satin bleu, tandis que la neige irise de blanc immaculé le chemin pris de frissons qui mène à la Maison... Magnifiquement parés de soie veloutée les arbres un tantinet coquets se plaisent à parader un brin pensifs sous nos regards admiratifs... Les sens en alerte Chouquette patiente blottie dans sa cachette... Avec beaucoup d'Amour, je complète la traditionnelle recette de la galette... Demain qu'on se le dise viendront s'en régaler des amis particulièrement réputés pour leur gourmandise... Délicatement je pose des assiettes d'un autre temps, celui qui raisonne encore des éclats de rire de Maman, sur la table parée d'une nappe par des doigts de fée enchantée, à cette époque où les brodeuses œuvraient pour "l'Amour du travail bien fait"... Que d'heures et de jours passés pour réaliser cette pièce de toute beauté... En plus du bonheur qui m'emplit le coeur j'éprouve un respect infini pour cette oeuvre qui n'a pas de prix, pour toutes ces Grandes Maisons de Broderie de Bains-Les-Bains établies, au sein desquelles Tradition rimait avec Passion sans aucune concession... Avec reconnaissance je tourne mes pensées vers cette Amie qui en me l'offrant savait l'immense Bonheur qu'elle me procurerait...
S.
Photos lesvoivres88240, Claire Munier, Sylvia Von Kaenel, Odcvl lamaisondici