Dernier message d'Harsault

par LES VOIVRES 88240  -  13 Décembre 2016, 04:54  -  #Municipalité

"Nous tenons toujours, mais nous subissons une attaque par les gaz et les fumées très dangereuses ; il y a urgence à nous dégager. Faites-nous donner de suite communication optique par Souville qui ne répond pas à nos appels. C'est mon dernier pigeon. Raynal."

4 juin 1916 11 heures 30

Harsault. Photo Pierre Broggini

Harsault. Photo Pierre Broggini

Presque aussi dramatique que le dernier message du commandant Raynal mais utilisant, comme l'opérateur radio du Titanic, les techniques modernes pour lancer son S.O.S.,

Pierre Broggini nous envoie cette photo d'un des derniers soleils levants qu'il sera possible de voir briller sur Harsault, futur Vôge les Bains.

Harsault bombed, atomisé, vitrifié, rayé de la carte, ses habitants déportés, déplacés vers un nouveau et lointain Pitchipoï ?

Non. Harsault fusionnant, à froid pourraient dire certains, avec sa voisine et la cité thermale.

Il va d'ailleurs falloir aux habitants de cette commune comme à ceux d'Hautmougey un double parachute dorsal et ventral et le coeur bien accroché car ils vont faire deux fois la culbute, en ce début d'année 2017. Ils vont basculer dans Vôge les Bains puis ou en même temps, suivant que la mécanique quantique des voyages dans l'espace le permette ou non, dans la Communauté d'Agglomération.

Il leur restera à se familiariser avec les termes. Plus d'Hautmougey ou d'Harsault mais Vôge les Bains. Par contre le Val de Vôge disparait lui. Pas dans l'intitulé de lesvoivres88240 car nous mettrons toujours autant d'obstination pour refuser de mourir que de mauvaise volonté pour aller à l'encontre des désirs de nos bons mait' qui souhaitent notre fin. Irréductibles gaulois et têtes de bois. En attendant gaffe aux erreurs.

Oh là, là, c'est bien compliqué tout çà !

Le plus important dans cette histoire est d'en tirer le meilleur profit. Si les administrés ne peuvent  empêcher ce regroupement, ils ont les moyens d'agir pour maintenir l'identité propre à chacune des structures.

Ces moyens ou plutôt ce moyen, c'est encore et toujours la communication. Mais il ne suffit pas d'en avoir la possibilité, il faut encore en avoir l'envie et la volonté. J'ai dix doigts et deux jambes. Cela ne fait pas de moi un virtuose du piano ou un champion de la course à pied. En ce qui concerne la communication, je serais tenté, ôtons le serais, ce sera plus honnête, de donner la médaille à Harsault.

Harsault, avec bien entendu sa championne, Diana, qui a porté le nom de la commune jusqu'en Italie et  ne désire qu'une chose : que les habitants et la municipalité répondent favorablement à la demande de jumelage de Maglie.

Cà, çà vous assoirait une réputation d'enfer.

Harsault avec Pierre Broggini qui surfe à tout va sur Internet et  régulièrement partage ses documents.

Harsault avec le Moulin Gentrey, son site, ses annonces sur Sitlor, sur Les Diners Insolites et les médias papiers.

Harsault avec sans aucun doute d'autres Faizeux qui sont cordialement invités, suivant la formule, à parler de leur activité sur ces pages et, ou, à partager leurs publications.

Si on avait laissé les moteurs de recherche choisir un nom pour ce regroupement, peut-être se serait il nommé Vôge en Harsault ? N'ayez pas de regrets Mr Broggini, tant que vous et vos pays pourrez communiquer, on ne vous oubliera pas.

 

 

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
B
Bravo Madame STAINE pour votre citation:"TACAPAVENIR". Lorsque nous découvrons CAPAVENIR dans notre quotidien, nous avons l'impression qu'il s'agit d'une zone commerciale.
Répondre
L
L'imagination n'est pas encore au pouvoir.
J
A l'occasion de cet article, j'ai relu, revu et parcouru, notamment sur le Net, ce qui se disait à propos de ce thème.
Comme pour beaucoup de choses, les avis sont partagés mais mon sentiment final est, tout de même, que la balance penche vers pas mal de frustration. On ressent bien que parmi les quelque 1200 communes qui ont (sont en cours ou auront) fusionné d'ici 2017– pardon, se sont regroupées, tant le terme précèdent passe mal – toutes ne l’ont pas fait de plein gré. "Alléchées" par l’aspect financier pour les unes mais contraintes, pour ne pas dire forcées par une sorte de chantage aux dotations, de la part de l’Etat, pour les autres, on les sent réticentes à cette évolution qui pose au moins autant, pour ne pas dire plus, de questions que de solutions. Perte d’identité et de repères, rupture des liens de proximité, accroissement des inégalités conduisant tout droit à « une nouvelle et dangereuse fracture territoriale », avenir du patrimoine et même avenir des associations communales de chasse agréées (Acca), voilà une partie des griefs qui sont exposés, comme d’autres à travers ce lien
http://www.ville-crangevrier.fr/Ville/La-fusion-des-communes-a-6/FAQ-la-Fusion-en-30-questions/(offset)/20/(year)//(month)//(day)//(namefilter)
et loin d’être résolus.
Il ne reste plus qu’à croire fermement ce titre d’un message que j’ai pu, aussi, lire sur la toile : « Fusion des communes : des mariages de raison parfois heureux ».

► La fusion des communes rurales prépare une nouvelle fracture territoriale
Ces regroupements contribueront à l’augmentation des inégalités entre d’un côté les grandes agglomérations et leurs campagnes périurbaines, et de l’autre des territoires de plus en plus enclavés.
Le Monde.fr | 11.01.2016
Ceux qui, parfois, ont l’occasion de traverser les villages de Bourgogne, de Champagne, ou de Franche-Comté ont peut-être déjà ressenti cette impression de parcourir un désert. Des dizaines de volets clos en plein jour. Des vitrines à l’abandon. Des affiches « A Vendre ». Parfois, au loin, le rondement d’un tracteur. Dans ces communes rurales où les écoles ont fermé progressivement (tout comme le bureau de poste, l’épicier, le boulanger, le garagiste, le centre des impôts, le cabinet médical), dans ces communes abandonnées, oubliées, délaissées, il restait un dernier symbole de la République, un ultime repère : la mairie. Son fronton orné de drapeaux bleu blanc rouge. Sa devise en lettres gravées : « Liberté, Égalité, Fraternité. »
Cela appartiendra bientôt à l’histoire. J’ai aujourd’hui 28 ans et je raconterai un jour avoir connu la France des 36 000 communes. L’époque où un grand pays jacobin laissait encore une place à la démocratie de proximité, précieux héritage de la Révolution française.
Le 1er janvier 2016, 921 communes de France ont fusionné, sacrifiées sur l’autel de la modernité et surtout sur celui de la dette publique. Quelque 400 autres devraient suivre le même chemin en 2017.
À l’origine de cette révolution, un texte de 2010 conforté par le vote de la loi NOTRE (Loi du 7 août 2015 portant nouvelle organisation territoriale de la République) établissant le statut de « commune nouvelle ». Dans le département de l’Yonne par exemple, 14 villages de Puisaye ont donné naissance à une commune nouvelle de 5153 habitants, perdant ainsi définitivement leur statut de collectivité locale et devenant de droit des « communes déléguées ». Les anciens élus sont nommés d’office adjoints du nouveau maire dans le cadre d’un régime transitoire. Après les élections municipales de 2020, il n’y aura plus qu’un seul conseil municipal et qu’un seul maire pour l’ensemble des villages fondateurs.
Fusion ou regroupement ?
Les velléités des hommes politiques de réduire le nombre de communes françaises ne sont pas nouvelles. En 1971 déjà, les élus locaux avaient vaillamment résisté aux tentatives de fusion initiées par la loi Marcellin.
Pour justifier ces mesures, Bruxelles explique que la France est une exception et qu’elle recense à elle seule 40 % des mairies des 28 pays de l’Union européenne. De surcroît, 86 % de ces municipalités comptent moins de deux mille habitants. La fusion de ces communes permettrait à ces territoires d’avoir plus de « poids » (même si cela reste à prouver) et surtout de faire des économies dans un contexte de réduction générale des dépenses publiques.
Conscient de l’attachement des Français à un échelon communal pluriséculaire et pour éviter une levée générale de boucliers, le gouvernement a pris soin de préparer « des éléments de langage ». Le terme de « fusion » est banni du vocabulaire. On lui préfère au contraire le joli mot de « regroupement ». (Mais les communes n’étaient-elles pas déjà regroupées en communautés de communes, alors à quoi bon ?)
Les députés de gauche comme de droite ont répété à l’unisson que les villages se regrouperaient de « de leur plein gré », sur la « base du volontariat ». Surtout elles « conserveront leur identité » puisque les anciens villages garderont leurs panneaux et deviendront des « communes déléguées » au sein d’une plus grande entité. En réalité, les prétendues « communes déléguées » n’auront plus aucun pouvoir puisque leur rôle devient purement consultatif. L’article L2113-10 du nouveau code des collectivités territoriales prévoit d’ailleurs que les conseils municipaux pourront les supprimer à tout moment.
Pour rassurer les habitants des campagnes, on leur explique pourtant que l’organisation des communes nouvelles ressemblera à celle des grandes agglomérations Paris, Lyon ou Marseille avec leurs arrondissements. Il est vrai que la taille des nouvelles communes, plus de 250 km2 pour certaines, s’apparente bien à celle d’une grande métropole comme Marseille. Mais pour le reste. La comparaison s’arrête là. Car dans les grandes villes, chaque arrondissement élit son propre conseil municipal. Ce qui ne sera plus le cas des communes historiques après 2020. Un seul maire sera élu et les « maires délégués », eux, seront choisis parmi les membres du conseil municipal et non par la population. Cela me semble être une différence de taille.
La création du statut de « commune déléguée » est un palliatif destiné à endormir provisoirement tous ceux qui refusent de voir mourir leur village.
Chantage financier
Quant à prétendre cyniquement que les communes seraient volontaires pour fusionner, c’est oublier que la plupart des maires, quand ils n’y ont pas été forcés (le premier magistrat d’une commune de Bourgogne m’a confié avoir été « convoqué » en préfecture après avoir voté contre la réforme) ont accepté de fusionner au terme d’un chantage financier d’une ampleur inédite. Les communes nouvelles créées avant le 1er janvier 2016 bénéficient du gel de la baisse de leur dotation pendant trois ans. Celles dont le nombre d’habitants est compris entre 1000 et 10 000 auront en plus droit à une majoration de 5 % de la somme.
Pour certains élus locaux, ces ressources financières étaient vitales puisqu’ils risquaient de perdre un quart de leur budget. La fusion ou la paralysie financière ? Un simple répit car sur le long terme, nul doute qu’aucun territoire n’échappera à la cure d’austérité.
Concentration des services publics
Dans les nouvelles communes, la réforme conduira inexorablement au regroupement des écoles, au regroupement des casernes de pompiers et de gendarmerie, à la mutualisation des services municipaux, à la concentration de l’activité dans les bourgs principaux, à la désertification des campagnes. Dans des territoires ruraux de 200 km2 à l’habitat dispersé, où les transports en commun sont lacunaires pour ne pas dire inexistants, la centralisation entraînera dans dix ou vingt ans une régression de l’accès au service public pour les pauvres et les plus fragiles.
Doit-on se réjouir de la réduction du nombre de conseillers municipaux ? Ce statut qui, loin du consumérisme et de l’individualisme rampant des grandes villes, permet à n’importe quel citoyen de s’engager en faveur de l’intérêt général et de prendre part au débat public. Les habitants vont perdre le lien de proximité qui les unissait avec leur maire et leurs conseillers municipaux. Au nom de quelle modernité mettons-nous fin à deux cents ans de tradition républicaine ?
À un moment où le pays traverse une crise d’identité sans précédent, était-il réellement opportun de supprimer les repères en brouillant les limites des communes après avoir supprimé celles des régions ?
Comme l’a justement souligné l’association des maires ruraux de France, la réforme contribuera à accroître les inégalités territoriales entre d’un côté les grandes agglomérations et leurs campagnes périurbaines et de l’autre des territoires de plus en plus enclavés qui subissent de plein fouet les ravages du chômage et de la désindustrialisation.
La politique d’austérité impliquant le désengagement massif de l’Etat exacerbe le sentiment d’abandon d’une partie de la population, en particulier dans le Nord-Est de la France, de plus en plus tentée par le vote protestataire. Le Front National semble l’avoir bien compris en faisant activement campagne dans ces territoires lors des dernières élections.
69 ans après la publication de Paris et le désert français de Jean-François Gravier, une nouvelle et dangereuse fracture territoriale se fait jour. Nos élites auraient tort de s’y désintéresser.
(Céline Blampain, journaliste en Bourgogne et Franche-Comté)

► Je suis Vosgienne, nous venons de perdre nos racines, notre identité, notre patrimoine qui était associé à notre si belle ville de Thaon les Vosges 88150 (la femme à barbe Clémentine Delais, Armand Lederlin , etc, etc. Nous voici …nous les habitants de cette ville, morts avec notre ville .. une honte ! Nous voici avec un nom ridicule et nos élus ont fait cela sans nous. Désormais nous sommes « CAPAVENIR » . Moi je dis haut et fort à mes amis : « Tacapavenir à Capavenir » ce nom ridicule, venez à Thaon les Vosges, la ville de mes ancêtres et la ville qui vient d’être enterrée.
88150 THAON LES VOSGES et pas capavenir .. Mme Staine)
Répondre
L
Fusion ou pas il faut tout faire pour préserver son identité et dans la région cette information passe mal.
B
Merci Bernard, certes la photo était banale mais votre article sur le devenir d'Harsault, est d'une succulence passionnelle. Le premier janvier prochain (très proche d'ailleurs), devrons nous aller encenser Monsieur le Maire de La Vôge les Bains, notre nouveau maire pour qu'il fasse une bonne gestion de notre ex-commune?
Répondre
L
Vous pouvez toujours le saluer, l'encenser c'est une affaire personnelle à moins que vous ne vouliez jouer les rois mages.