Quand le Val de Vôge a décidé qu'il ne voulait pas mourir
21 Août 2016
Nous avons nivelé le terrain, planté des arbres et semé. C'est un endroit de bien-être et méditation pour moi.
Ce que nous avons planté se trouvera après le changement plusieurs mètres à l'extérieur de mon terrain et non plus en limite. Il faudra tout replanter de nouveau.
La parcelle agricole est plus élevée que la notre de 40 cm environ. Il faudra de nouveau tout niveler. Ce n'est pas gratuit et cela prendra du temps. Personne ne remboursera les frais.
Sylvia a peur pour son "Petit Paradis" de 300 m², autour de sa maison où elle fait un peu de jardin et qu'elle a emménagés pour s'y sentir bien, des arbres, des arbustes, des massifs de fleurs, des fruitiers. Régulièrement elle prend ces quelques ares en photos. Des magnifiques photos réalisées par une artiste aux multiples talents que nous partageons souvent sur ces pages.
Elle a peur pour son" Petit Paradis" car dans le cadre de l'Aménagement Foncier cette minuscule parcelle entourant pourtant sa maison devait être bien gênante puisqu'elle va être modifiée.
Nous sommes conscients qu'un remembrement est fait pour permettre à l'agriculture moderne d'exister. Il serait peut-être bon de poser la question: qu'est ce que l'agriculture moderne ? Celle de 2016 et des années à venir ou celle des années 1980 ?
Et une deuxième question s'impose : le Val de Vôge peut-il se prêter à cette vision que l'on veut imposer aux cultivateurs d'une agriculture se précipitant vers toujours plus de gigantisme, vers l'utopie de rendements plus élevés obtenus à coup d'engrais, de phytosanitaires et d'OGM ?
La réponse est non. Personne dans la région ne peut lutter contre les prix du lait bradé a 25 ctmes dont se contente la Ferme des Milles Vaches ou les gigantesques unités mises en place sur la frange de la Mer Baltique et en Mongolie.
Personne dans la région ne peut lutter contre les haciendas de milliers d'hectares du Brésil où durant toute l'année les tracteurs et engins sans conducteur, sèment et récoltent, sèment et récoltent, sèment et récoltent pour le plus grand profit des Monsanto, Doux ou Bonduelle.
S'ils veulent survivre, les agriculteurs de la région doivent se recentrer vers une agriculture familiale, à échelle humaine, et respectant l'environnement.
Pour ce faire, il est vital pour eux de prendre en cause la biodiversité, le réchauffement climatique, tous ces facteurs qui ne se mettent pas dans une équation du genre : si vous apportez 400 unités d'azote sur votre maÏs, vous aurez x quintaux, si vous en ajoutez 100 de plus, vous en aurez x en plus.
Ces modèles sont dépassés dans nos régions. A l'heure actuelle ils en existent d'autres qui montrent combien de quintaux de céréales en plus par hectare, un renard en mangeant les rongeurs permet d'obtenir, quel niveau de fécondation et de résistance aux maladies, un verger, un bosquet, une haie permet de gagner sur ses récoltes.
L'homme ne peut remplacer la biodiversité et le travail de la nature. L'homme ne peut se passer du beau et l'échanger contre des actions à terme à la bourse aux céréales de Chicago.
Il y a cent ans les plateaux de notre commune étaient couverts de véritables forêts de cerisiers. Les derniers arbres fruitiers ou d'ornement, les derniers bosquets qui restent à Les Voivres ne peuvent être supprimés sans être remplacés.
Sylvia connait tous ces paramètres. C'est pour elle double crève-coeur de penser qu'elle va à cause de cette logique du "toujours plus" perdre son " Petit Paradis" et que l'exploitant qui le cultivera en passant le bulldozer dedans n'obtiendra qu'une baisse de ses rendements.
À la demande du Président Mao, les moineaux furent tués par les paysans, causant un déséquilibre écologique majeur1
À la demande du Président Mao, les moineaux furent tués par les paysans, causant un déséquilibre écologique majeur
La campagne des quatre nuisibles, selon le langage officiel, aussi appelée grande campagne du moineau ou campagne « Tuez les moineaux » , fut l'une des premières campagnes lancé lors du Grand Bond en avant de 1958 à 1962. Les quatre nuisibles à éliminer étaient les rats, les mouches, les moustiques et les moineaux friquets
Campagne
La campagne contre les « quatre nuisibles » est une campagne d'hygiène à grande échelle, instaurée par Mao Zedong, qui a identifié la nécessité d'exterminer les moustiques, mouches, rats et moineaux. Les moineaux (principalement le Moineau friquet) ont été inclus sur la liste parce qu'ils mangent les graines de céréales, privant la population majoritairement rurale du fruit de leur travail. Les masses populaires chinoises ont été mobilisées pour éradiquer les oiseaux. Les citoyens avaient alors la consigne de faire du bruit (en frappant des pots et des casseroles ou des tambours) pour effrayer les oiseaux et les empêcher de se poser, les forçant ainsi à voler jusqu'à ce qu'ils tombent du ciel d'épuisement. Les nids ont été démolis, les œufs étaient cassés, et les oisillons tués. Les moineaux et autres oiseaux ont été abattus dans le ciel, entraînant la quasi-disparition des oiseaux en Chine.
En avril 1960, les dirigeants chinois se sont rendus compte que les moineaux ne mangeaient pas seulement les céréales, mais également une grande quantité d'insectes. Plutôt que d'être augmentés, les rendements de riz après la campagne ont sensiblement diminué. Mao a alors ordonné la fin de la campagne contre les moineaux, la remplaçant par la chasse aux punaises dans la campagne en cours contre les quatre nuisibles. Mais il était trop tard : en l'absence de moineaux pour les manger, les populations de criquets ont dangereusement augmenté dans le pays1. Il en résulta une amplification des problèmes écologiques déjà causés par le Grand Bond en avant. Un tel déséquilibre écologique est mis en avant par certains pour expliquer la Grande Famine chinoise dans laquelle plus de 30 millions de personnes seraient mortes de faim.
Pour lutter contre les mouches et moustiques, puis les punaises, les écoles distribuent des pompes de DTT aux enfants.
Les écoliers sont mis à contribution aussi pour les rats, et chaque classe lance un concours du nombre de queues de rat rapportées, pour encourager l'extermination.