Pierre Broggini raconte la Chanson des Cerises

par LES VOIVRES 88240  -  1 Juillet 2016, 04:48  -  #Ecole

Photos EvelynePhotos Evelyne

Photos Evelyne

Pierre Broggini est venu à Villersexel présenter les Cahiers de la Chanson des Cerises à la classe des CP. il a ensuite parlé du nomadisme au Sahara.

Le travail fait par les élèves de Les Voivres à cette époque a donné envie à Evelyne leur maîtresse de renouveler l'expérience sur Internet. Toute la classe publie maintenant ses articles et ses dessins.

Photos et texte : Pierre Broggini

Photos et texte : Pierre Broggini

UNE APRÈS MIDI À L’ÉCOLE DE CHANTEREINE À VILLERSEXEL

C’est au cours d’une conversation avec Évelyne, professeure des écoles à VILLERSEXEL, que je lui ai proposée de commenter l’historique du petit journal « La chanson des cerises », édité par les élèves de l’école de Les Voivres, en 1937 et dont j’étais un acteur.

Ainsi, ayant pris rendez-vous, comme convenu, je me suis présenté à l’école de Chantereine à Villersexel, devant la bonne vingtaine d’écoliers dont Évelyne a charge de dispenser son savoir. Quoique très ému, j’affectai une grande gaieté de me trouver dans une salle, oh combien joliment décorée de dessins et citations, devant des écoliers frappés d’un grand étonnement de voir un « professeur » âgé parler du petit journal « La chanson des cerises », réalisé dans le cadre d’exercices scolaires : sports et loisirs, à l’école de Les Voivres, qui demandait beaucoup d’adresse des mains pour composter, également beaucoup d’adresse d’esprit pour élaborer des textes à faire paraître.

Devant moi, des écoliers qui écoutaient, regardaient et réagissaient avec attention, mais, qui avec la complicité d ‘Évelyne, m’ont fait une démonstration constructive de leur « Chanson des Cerises » sur le grand tableau numérique fixé sur la paroi face aux élèves, foin de tableaux noirs. Ainsi sont apparues les photos prises lors de leur visite, le lundi 13 juin dernier, savoir le repas tiré du sac dans la yourte, la pêche aux petites bêtes avec Frédéric, la grenouille nonchalante, indifférente à la photographe, la fouille du sous bois, une journée pleine de découverte que ces enfants voudraient revivre.

Puis, ce fut le moment de la récréation, distribution de bons points pour les élèves méritants ? que nenni ! Évelyne a procédé à l’arrachage de quelques petits radis roses dans le bac potager de la cour de l’école qu’elle a mis dans des mains tendues avec la recommandation de bien les laver sous le robinet.

La seconde partie de mon exposé était réservée au nomadisme au SAHARA.

Lorsqu’ils sont venus à l’étang Lallemand, ces jeunes écoliers ont appris que la yourte dans laquelle, ils ont pris leur déjeuner était le mode d’habitation en Mongolie, les mongols montent et démontent leur yourte, tente traditionnelle en feutre et en bois, afin de se déplacer dans les vastes steppes vouées à l’élevage et il en est ainsi dans le désert du Sahara. À la différence qu’au Sahara, il n’y a pas de chevaux comme en Mongolie, mais des dromadaires qui sont utilisés au nomadisme des tribus qui vont de puits en puits et de pâturages en pâturages, ceci en fonction des pluies. Leur tente est faite de poils de dromadaire tissés par les femmes, la famille entière vit sous la tente appelée « raïma ».

J’ai expliqué le puisage de l’eau dans les fogaras, par le biais d’une chèvre équipée d’une poulie en bois avec une cordelette en poil de dromadaire, confirmé par une photo apparaissant sur le tableau numérique projetée par Évelyne suivie d’autres photos du Sahara que j’ai commentées. Les écoliers ont été frappés par l’aridité de cette région africaine.

Ce fut l’heure de se quitter avec promesse de se revoir à l’étang Lallemand, je crois que

Bernard va cogiter pour créer un jumelage avec cette sympathique école de Villersexel.

Un rêve réalisé, une visite à Les Voivres

Un rêve réalisé, une visite à Les Voivres

QUE FALLAIT-IL POUR IMPRIMER « LA CHANSON DES CERISES » ?

Je crois que tout est parti de l’initiative de Monsieur et Madame Felberg, en1934, Madame étant la maîtresse des « petits » et Monsieur le maître des« grands »

Tout d’abord, ce qui s’est mis en place fut une coopérative scolaire afin d’apporter de l’argent pour les achats de la presse et des consommables.

Comment était alimentée la coopérative ?

Par le produit des ventes de plantes médicinales récoltées par les élèves. Nous ramassions de la digitale, du frêne et du millepertuis.

Par des dons à l’occasion de mariages.

Par l’argent des abonnements.

Par des dons de personnes âgées.

Ensuite, l’achat de la presse à imprimer et des caractères en plomb,alphabet, ponctuation, espaces,etc…

Du papier blanc pour l’imprimerie.

Du lino et des plumes de différentes tailles pour graver les dessins.

Des composteurs en laiton, munis d’une vis de serrage, longueur environ 10 cm, largeur, de différentes tailles, minimales 3 mm.

Des tubes d’encre et un rouleau encreur.

Les élèves n’avaient plus qu’à faire des rédactions libres dont le maître retenait celles qu’il destinait à la rédaction du petit journal.

Ainsi, les élèves se mettaient au travail.

Le compositeur disposait du texte à imprimer, il intégrait les caractères dans le composteur en respectant la ponctuation et les espaces. Les titres sont placés dans de plus grands composteurs. Le compostage à l’envers était une question d’habitude.

Après avoir été gravés sur lino avec les plumes selon les vides et les pleins, les dessins étaient intégrés dans les textes.

Le tout était inséré dans la presse.L’encre était déposée sur un petit plateau, le rouleau écrasait l’encre, ensuite l’imprimeur passait le rouleau chargé d’encre sur le texte. Les lettres, etc étaient garnies d’encre.

L’imprimeur posait une feuille de papier et abattait le couvercle de la presse pour imprimer.

La feuille était retirée, le texte apparaissait à l’endroit, elle était accrochée sur un fil pour le séchage de l’encre.

Des feuilles manuscrites, selon le sujet, pouvaient être insérées dans le journal.

Le maître décidait du nombre de feuilles en fonction des écrits pour constituer le journal.

Les grandes filles assemblaient et agrafaient les feuilles.

Le journal de la Chanson des cerises était prêt à être distribué. La page une comportait toujours un thème selon la saison.

À qui ce journal était destiné ? d’abord aux parents d’élèves puis aux abonnés, je crois que l’abonnement annuel était de 5 francs à l’époque, certaines personnes n’ayant plus ou pas d’enfants scolarisés faisaient un geste en souscrivant un abonnement dont la sortie de ce journal n’était pas régulière. Il faut dire que les enfants étaient chargés de faire la promotion

de leur journal. Ensuite il y avait les correspondants, je crois dans le Puy de Sancy, dans le Var, etc…

À quel moment les élèves intervenaient pour imprimer le journal ?

Pendant les récréations. Une après midi par semaine, il me semble que c’était le mercredi après midi, était réservé aux sports et loisirs, une équipe était dirigée à l’imprimerie.

Le maître demandait aux élèves de bien vouloir rester après la classe pour imprimer ou graver, il y avait toujours des volontaires, car dispensés de devoirs.

Pierre Broggini raconte la Chanson des Cerises
Pierre Broggini raconte la Chanson des Cerises
Pierre Broggini raconte la Chanson des Cerises
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Pierre Broggini raconte la Chanson des Cerises
Pierre Broggini raconte la Chanson des Cerises

Merci à Pierre Broggini pour tout l'enthousiasme qu'il partage.

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L
Nous avons été heureux d'écouter Pierre Broggini nous parler des cahiers de la Chanson des Cerises et du Sahara.
Maintenant nous avons un blog à nous. On donnera des nouvelles pendant l'été.
Nous avons passé une bonne année de CP et on pensera toujours à Ipono
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L
Merci de votre accueil, merci pour ce commentaire et n'oubliez jamais que vous pouvez. Profitez bien du blog, personne ne vous notera, personne ne vous jugera et tout le monde sera content d'avoir de vos nouvelles.
E
Mr Broggini a su capter l'attention de petits écoliers âgés de 7 ans qui n'ont jamais vu une imprimerie et qui, pour eux, publier des nouvelles se fait via internet. Les lettres ne sont pas dans le composteur mais sur le clavier de l'ordinateur.
Ils garderont de cette année de merveilleux souvenirs.
Merci
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N
Je suis heureux que la résurrection (7 janvier 2015) de "la chanson des cerises" ait finalement conduit Pierre au pays des cerises aussi, en Haute–Saône, à Villersexel pour être précis.
Quand j’écrivais ce jour-là : « Inutile de dire que je considère cette découverte comme un petit succès. C'est avec grand plaisir que je communique le lien avec ce "petit bijou" :
http://www.icem-freinet.net/~archives/divers/ecoles/voivres/voivres.htm
Certains auront le bonheur de s'y retrouver et/ou d'identifier un des leurs. Reste à espérer que Voivraises et Voivrais exhument de leurs archives, des greniers, des vieilles malles et peut-être aussi de celles de l'Ecole actuelle, d'autres exemplaires et qu'ils veuillent bien - devoir de mémoire oblige - me les communiquer. Ils ne feraient qu'enrichir le passé si difficile à reconstituer de ce petit village, pourtant particulièrement actif maintenant. », je n’imaginais pas vraiment le chemin que pourrait prendre cette "affaire".
Heureux donc, notamment pour ces petits élèves des Voivres qui ne pensaient peut–être pas écrire pour la "postérité" en quelque sorte et, 79 ans plus tard, pour ceux de l’école Chantereine qui semblent prendre la relève "numérique" - qui a déjà déclenché plusieurs événements marquant indubitablement leur esprit - très au sérieux.
Moins satisfait cependant du résultat (mais je ne fais que me répéter) que j’avais mis dans l’espoir d’aboutir à plus de documents aux Voivres, bien entendu et malgré la bonne volonté de certains, mais aussi du côté de quelques autres écoles ayant correspondu avec nos petits écoliers de l’époque.
Répondre
L
Ce sont des toutes petites choses qui peuvent avoir sans que l'on s'en doute une grande influence. Peu d'écoliers de Les Voivres ont du comprendre que cette méthode les plaçait dans une classe d'avant-garde. C'est certainement pour cela que la plupart n'ont pas cherché à conserver ces Cahiers