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LES VOIVRES 88240

Quand le Val de Vôge a décidé qu'il ne voulait pas mourir

Dans la brume

Dans la brume

Un petit tour par le Chaudiron emmitouflé dans la brume. Si ce n'était la verdure cela ferait des belles photos pour une veille de Toussaint. Enfin ne nous plaignons pas. Nous avons de la brume, de la pluie mais pas d'inondations.

Certains n'ont pas eu autant de chance et ont du fuir leurs habitations au bords de la Loire ou leur abris provisoires près des quais de la Seine :

" -De l'eau jusqu'aux cacahuètes" commentait l'un des sinistrés. On peut se demander ce qu'il en était l'an dernier pour les 15 millions de Pakistanais touchés par le même phénomène mais à une échelle sans aucune comparaison avec ce que la France a jamais connu.

En regardant quelques vidéos d'embouteillages à Paris causés par les routes et les trains bloqués par l'eau, on se dit une fois de plus qu'il fait bon à Les Voivres, même dans la brume, même sous la pluie, même avec des salades qui pourrissent, des tomates chlorotiques et des semis anémiés.

Et quel quelque soit le temps et la saison, le paysage est toujours aussi beau.

Photos Antoine
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Photos Antoine

Zola s'inspire d'un fait divers tragique arrivé en 1875. Récit publié en 1885.

C’était le soir d’un beau jour, et je pensais que tout notre bonheur, les grandes récoltes, la maison heureuse, les fiançailles de Véronique, pleuvant de là-haut, nous arrivaient dans la pureté même de la lumière. Une bénédiction s’élargissait sur nous, avec l’adieu du soir.

Cependant, j’étais revenu au milieu de la pièce. Nos filles bavardaient. Nous les écoutions en souriant, lorsque, tout à coup, dans la grande sérénité de la campagne, un cri terrible retentit, un cri de détresse et de mort:

–La Garonne ! la Garonne !II

Nous nous précipitâmes dans la cour.

Saint-Jory se trouve au fond d’un pli de terrain, en contre-bas de la Garonne, à cinq cents mètres environ. Des rideaux de hauts peupliers, qui coupent les prairies, cachent la rivière complètement.

Nous n’apercevions rien. Et toujours le cri retentissait :

– La Garonne ! la Garonne !

Brusquement, du large chemin, devant nous débouchèrent deux hommes et trois femmes ; une d’elles tenait un enfant entre les bras. C’étaient eux qui criaient, affolés, galopant à toutes jambes sur la terre dure. Ils se tournaient parfois, ils regardaient derrière eux, le visage terrifié, comme si une bande de loups les eût poursuivis.

– Eh bien ? qu’ont-ils donc ? demanda Cyprien. Est-ce que vous distinguez quelque chose, grand-père ?

– Non, non, dis-je. Les feuillages ne bougent même pas.

En effet, la ligne basse de l’horizon, paisible,dormait. Mais je parlais encore, lorsqu’une exclamation nous échappa. Derrière les fuyards, entre les troncs des peupliers, au milieu des grandes touffes d’herbe, nous venions de voir apparaître comme une meute de bêtes grises, tachées de jaune, qui se ruaient. De toutes parts, elles pointaient à la fois, des vagues poussant des vagues, une débandade de masses d’eau moutonnant sans fin, secouant des baves blanches, ébranlant le sol du galop sourd de leur foule.

À notre tour, nous jetâmes le cri désespéré :

– La Garonne ! la Garonne !

Sur le chemin, les deux hommes et les trois femmes couraient toujours. Ils entendaient le terrible galop gagner le leur. Maintenant, les vagues arrivaient en une seule ligne, roulantes, s’écroulant avec le tonnerre d’un bataillon qui charge. Sous leur premier choc, elles avaient cassé trois peupliers, dont les hauts feuillages s’abattirent et disparurent. Une cabane de planches fut engloutie ; un mur creva ; des charrettes dételées s’en allèrent, pareilles à des brins de paille. Mais les eaux semblaient surtout poursuivre les fuyards. Au coude de la route, très en pente à cet endroit, elles tombèrent brusquement en une nappe immense et leur coupèrent toute retraite. Ils couraient encore cependant, éclaboussant la mare à grandes enjambées, ne criant plus, fous de terreur. Les eaux les prenaient aux genoux. Une vague énorme se jeta sur la femme qui portait l’enfant.

Tout s’engouffra.

L'inondation (extrait)

Zola

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N
La France entière aussi est dans la brume... pour plein d'autres raisons que celle des inondations
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