Soirée jeux sous la yourte autour du poële

par LES VOIVRES 88240  -  21 Janvier 2016, 04:52  -  #C'est quoi Tsa ?

Soirée jeux sous la yourte autour du poële

Dans son livre " Si c'est un homme " , l’écrivain Primo Levi raconte son expérience concentrationnaire avec les yeux de quelqu'un qui a réussi dans les pires moments à rester un Homme.

Dans un passage, il évoque les souffrances d'un travail sous la pluie glaciale d'Auschwitz et l'espoir berçant alors tout un chacun qui se disait : "- Si seulement il était possible de travailler à l'abri de cette mortelle pluie. "

Si d'aventure, les gardiens les envoyaient trimer sous un hangar, alors c'était l'envie de se reposer, de souffler quelques minutes qui se faisait lancinante. Et si par miracle, ce repos était permis, la faim, la faim terrible prenait le dessus, occupait toutes pensées.
Mais par bonheur il vous restait un crouton de pain dans la poche. Une fois mâché vous venaient les regrets des êtres chers et de la liberté que vous aviez perdus.

Pour lui, c'est le propre de l'homme de toujours vouloir ce qu'il n'a pas, de ne jamais se satisfaire de ce qu'il possède.

Vous êtes ce soir à côté du poêle qui ronfle.

Le profond bien-être que vous éprouvez en entendant les buches bruler, en ressentant la chaleur qu'il dégage, en regardant Romain en mettre une autre dans le foyer et la danse des flammes, est renforcé car l'hiver est arrivé. Vous savez qu'il fait froid dehors.

A travers la porte vitrée, vous voyez la neige pressée qui tombe, sous la clarté de la lampe les flocons drus descendent au milieu des arbres voisins.
Mais c'est une bonne neige, il n'y a ni verglas, ni formation de congères, rien qui pourrait vous faire craindre un retour difficile.

Que souhaiter de plus puisque vous avez tout ? Une soirée sous la yourte bien douillette, une blanche nuit d'hiver, entouré de vos amis qui sont venus jouer tout en mangeant des beignets de carnaval et en buvant un vin chaud.
Pendant ce temps vous dessinez leurs mains.

Il est des moments où l'on peut être un homme et toutefois ne rien désirer de plus.

Soirée jeux sous la yourte autour du poële
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Petite piqure de rappel, si, si c'est plus prudent :

Le 6 février à 19 h, Repas très Insolite

Soirée jeux sous la yourte autour du poële
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E
J'aime beaucoup vos photos de mains. Très expressives.
Répondre
L
oui
N
C'est le pied.
L
Les mains parlent.
N
Bernard parle du livre de Primo Lévi et des terribles souffrances du camp d’Auschwitz;
Pas plus tard qu'hier, je commentais le message « Le film "Demain" sera diffusé à Bains les Bains », citant un certain nombre de légumes, notamment les rutabagas.
Devoir de mémoire oblige, me revient alors à l’esprit qu’il y a quelques années, j’avais eu un aperçu émouvant d’un autre camp au moins aussi sinistre, celui de Ravensbrûck à travers une opérette (une des chansons s’appelle justement Rutabaga)
https://www.youtube.com/watch?v=ofVuYwwE8qo
: "Le Verfûgbar aux enfers", de la résistante et déportée Germaine Tillon, maintenant "panthéonisée".
http://www.cndp.fr/crdp-reims/memoire/pdf/2013_02_operette.pdf

« Rire et chanter pour survivre dans cet univers concentrationnaire »

[ Une œuvre clandestine
Ne serait-ce le tragique de la situation, on aimerait déguster avec le sourire ce livret d’opérette qu’a rédigé dans des conditions un peu particulières Germaine Tillion, oui cette magnifique résistante dont le Panthéon conserve désormais la mémoire. La partition, reconstituée, et pour cause, fut exécutée au Théâtre du Châtelet le 2 juin 2007, et rediffusée sur France-Culture dimanche dernier avec ces musiques détournées de leur répertoire habituel. Quant au texte de cette œuvre clandestine, écrite dans le camp de la mort de Ravensbrück, longtemps caché dans une caisse d’emballage, il est publié aujourd’hui par les Editions de la Martinière, avec une belle préface de Tzvetan Todorov et, cadeau émouvant, le fac-similé du texte manuscrit, sous son titre original, lequel éclaire d’emblée les intentions de l’auteur : « Le Verfügbar aux Enfers ».
Le Verfügbar, pris comme une espèce animale nouvelle, appartient à la classe des gastéropodes (car il a « l’estomac dans les talons ») ; sous-prolétaire volontaire, le Verfügbar refuse de travailler, mais est disponible pour toutes les corvées du camp. « Survivre, notre ultime sabotage »… Et, comme technique de survie, « le refus délibéré de l’esprit de sérieux. » Il faut oser ! Germaine Tillion note qu’il s’agit « d’un camp modèle avec tout le confort, eau, gaz, électricité » – « Gaz surtout ». Et le chœur chante : « Nous sabotons, nous sabotons… »..

Six semaines de cachot
Il faut être passionnément engagée dans un combat, posséder d’immenses certitudes, disposer d’un grand talent pour l’humour noir et l’autodérision pour tenir la route pendant près de deux heures de spectacle. Il faut du courage pour passer du statut de victime à celui d’« ennemi de ses ennemis. » Et une belle lucidité pour évoquer la déchéance physique de ces quelque six cent mille femmes qui furent, comme Germaine Tillion, déportées, torturées, affamées à Ravensbrück. Quant à imaginer une « opérette », sur les musiques les moins tragiques, les plus anodines…
Toutes les partitions d’origine n’ont pas été identifiées, mais on sait que la chanson, l’opéra, la marche militaire, et Offenbach étaient passés par là… On sait également qu’à Noël 1944, une représentation destinée aux enfants fut autorisée ; mais une deuxième représentation, clandestine, valut six semaines de cachot aux trente-deux prisonnières, compagnes de douleur et de résistance de Germaine Tillion. ]
(Claude Samuel sur l'actualité musicale et culturelle)
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N
En matière d'arts, avec le musicien Glenn Frey, l'écrivain Michel Tournier et le réalisateur Ettore Scola, la faucheuse s'en donne, si je puis dire, à cœur joie.
Pas sûr non plus que le poème d’Évelyne "Before I go" honteusement pastiché par mes soins
« De la Terre, ils sont nés
Vers elle ils sont retournés
Poussière ils ont fini... »
nous remonte le moral.
L
Seul l'art peut permettre de raconter l'indicible.
On peut noter que Primo Levi comme beaucoup d'anciens déportés à connu une fin tragique. Certainement le poids des souvenirs.
G
Je suis venue à cette soirée lors d'un séjour éclair au Moulin des Voivres, entrainée par quelques membres de l'association c'est quoi T'sa
Je vais répéter ce qu'a dit Bernard mais c'est vrai qu'il y avait tout : la yourte avec le poêle qui ronflait, le vin blanc chaud (excellent!) , des gens sympas, des joueurs de scrabble redoutables (va falloir que je m'entraine sérieusement) et la neige qui tombait dehors en gros flocons
Un vrai décor de carte postale
Merci à l'association pour cette soirée
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