Redoux

par LES VOIVRES 88240  -  28 Janvier 2016, 04:34  -  #Qu'il est beau mon village

Redoux

Un peu de givre ce dimanche matin mais le vent de sud-ouest qui se lève va le faire fondre avant que la lumière ne soit assez bonne.

Effectivement c'est un peu juste. Enfin dans le fond de la vallée, les arbres sont encore tout blancs.

Le ruisseau Jeandin, dont autrefois la partie qui traversait le Ban Saint Pierre s'appelait le Ru Milenot, a été certainement à son époque l'endroit le plus industrieux de la commune.

Pendant plusieurs siècles les moulins se sont implantés ici les uns à la suite des autres donnant leurs noms Milenot au ruisseau.

Cette force hydraulique qui faisait la richesse du massif vosgien a été négligée par la suite au profit de la vapeur puis de l'électricité fournie par les entreprises productrices.

Si l'eau est partout chez nous, le débit est très irrégulier et souvent dans les historiques météo des Vosges portant sur les 18 ème et 19ème siècles, à chaque année de sécheresse correspond la mention : "- les entreprises chôment."

Aujourd'hui ceux qui montent des turbines hydrauliques dans notre région revendent l'électricité produite et il n'y a plus de roues à eau sur ce ruisseau.

Les prés avec leurs rigoles d'irrigation qui apportaient tous les ans l'assurance de faire d'abondantes récoltes de fourrages ou de pommes de terre sont pour la plupart incultes et envahis par les ronces ou les broussailles.

En regardant les photos prises ce matin de ces arbres dénudés, certains morts ou couverts de lierre et de lichens, de ces prés où l'herbe a poussé sans être récoltée, il est bien difficile de se représenter l'aspect que pouvait avoir autrefois cette petite vallée si active pendant plusieurs siècles.

Ces vallées qui meurent en très peu de temps, étouffées par les broussailles parce que plus personne ne les met en valeur ne vont elles pas comme une lèpre s'étendre progressivement sur des portions de plus en plus importantes de la commune ?

Ce qui a demandé tant de peine et de temps pour être défriché peut en quelques années seulement retourner à la friche.

Les Voivres sont sortis il y a quelques siècles seulement de ces broussailles et de ces zones humides.

Maintenant tout comme certains requins de la finance bradent, dèpecent et ferment un secteur après l'autre d'un groupe industriel sous prétexte qu'il n'est pas assez rentable, l'état et les grands décideurs font de même dans notre région.

Zones blanches, zones blanches.

Comme au temps de la Grande Peste c'est le cri qui vide nos campagnes :

"-Longe fuegas et tarde redeas " *

Chaque fermeture de services : trésorerie, hôpital, école, entraîne automatiquement des pertes d'emplois, des départs de personnes.

El la boucle est bouclée. Celles-ci justifient à leur tour le refus d'installer les infrastructures qui manquent, la fermeture de nouveaux services;

Et cette course à la mort ne pourrait, ne devrait être enrayée que par ceux qui justement la programme et la soutienne.

Un service est dit public quand il doit être au service de tous, pas seulement des plus riches.

Quand un état oublie cela, quand un état établit sa politique uniquement pour servir les puissants, il n'a plus le droit, de prétendre diriger une res publicae.

Il doit se démettre.

* Fuyez loin et tardez à revenir.

Au Moulin Rouge anciennement Moulin Jeandin

Au Moulin Rouge anciennement Moulin Jeandin

Moulin Rouge

Sur la hauteur, tout près des cieux,
Quand la nuit descend sur la terre,
On voit s'allumer les grands yeux
Du bruyant moulin de Cythère...
Dis-nous pour qui tu mouds ton grain,
Moulin, pour qui tournent tes ailes ?
Mouds-tu la joie ou le chagrin ?
Mouds-tu pour Eux ? mouds-tu pour Elles ?

Refrain
Moulin-rouge, Moulin-rouge,
Pour qui mouds-tu, Moulin-rouge,
Pour la mort ou pour l'Amour ?
Pour qui mouds-tu jusqu'au jour ?

Je mouds pour que les nains, les fous,
Les déshérités, les malades
Aient moyennant quarante sous,
Leur part d'amour et de ballades.
Je mouds pour que les malheureux,
Les orphelins, les sans-caresses
Aient des hivers moins rigoureux
Près de leurs soeurs les pécheresses.

Refrain
Moulin-rouge, Moulin-rouge,
Pour qui mouds-tu, Moulin-rouge,
Pour la mort ou pour l'Amour ?
Pour qui mouds-tu jusqu'au jour ?

Je mouds pour que les meurt-de-faim,
Oubliant que leur ventre gronde,
S'enivrent de rythmes sans fin
Et de visions de chair blonde.
Je mouds pour que les assassins,
Eblouis, laissent passer l'heure
Où les ventrus et les malsains
Regagnent, tremblants, leur demeure.

Refrain
Moulin-rouge, Moulin-rouge,
Pour qui mouds-tu, Moulin-rouge,
Pour la mort ou pour l'Amour ?
Pour qui mouds-tu jusqu'au jour ?

Pour les ouvriers des cités
Je mouds la danse qui console
Et qui fait croire aux libertés,
Pourvu qu'ils y aient la Carmagnole...
Ils rêvent de l'Egalité
C'est un vis à vis, aux quadrilles,
Avec un baron bien renté
Qui jette un peu d'or à leurs filles.

Refrain
Moulin-rouge, Moulin-rouge,
Pour qui mouds-tu, Moulin-rouge,
Pour la mort ou pour l'Amour ?
Pour qui mouds-tu jusqu'au jour ?

Sur la montagne des Martyrs
Je mouds le Rêve et l'Harmonie,
Le Rachat par l'ignominie.
Je mouds l'or et les repentirs,
Je mouds un Avenir meilleur,
Je mouds pour Eux, je mouds pour Elles,
Ayez pitié de nous, Seigneur,
Par la croix rouge de mes ailes.

Refrain
Moulin-rouge, Moulin-rouge,
Pour qui mouds-tu, Moulin-rouge,
Pour la mort ou pour l'Amour ?
Pour qui mouds-tu jusqu'au jour ?

Poésie de Maurice Boukay mise en musique et chantée par Marcel Legay

Vanik Berberian, président de l'AMRF

Vanik Berberian, président de l'AMRF

Association des Maires Ruraux de France

52 Av Maréchal Foch

69006 LYON

MINISTERE DE L'AGRICULTURE

Monsieur Stéphane LE FOLLMinistre

78 rue de Varenne

75349 PARIS CEDEX 7

Lyon ,le 29 décembre 2015

Objet : Votre intervention à l’émission «On n’est pas couché»

Monsieur le Ministre,Vous étiez récemment l’invité de l’émission de divertissement «On n’est pas couché», très écoutée des Français, le 19 décembre dernier sur France 2

.A cette occasion, répondant à une question sur le résultat des élections régionales et le score du Front national en zones rurales, vous avez dit la chose suivante:

« que l’on offre certes des perspectives, certes que l’on parle des services publics ; mais que les maires des communes rurales prennent bien conscience que ce n’est pas seulement en disant il manque ci, il manque ça qu’on règlera ce problème, c’est beaucoup plus complexe».

Sans être particulièrement paranoïaques, nous nous sommes permis de nous sentir visés et en tout cas les seuls acteurs cités pour expliquer ce phénomène. C’est à coup sûr un grand honneur et une attention qui nous va droit au cœur. Aussi, je tenais à vous faire part de ma très grande gratitude.

Nous avons depuis pris le temps d’analyser la situation à la lumière de votre déclaration. Nous avons regardé les choses de plus près. Nous sommes en mesure de vous dire que nous nous étions trompés.

Tout va bien. Il n'y a pas de problème de médecins en milieu rural, le Très haut débit est une réalité généralisée, la téléphonie mobile fonctionne partout. Nous sommes en plein développement économique.

Nos habitants n’ont aucun problème de mobilité ni même pour scolariser leurs enfants.

Je salue également la lucidité du gouvernement d’avoir suspendu ce funeste projet de réforme visant à traiter de manière égale les ruraux et les urbains en termes de dotations et d’avoir réduit les crédits de développement rural dans le projet de budget 2016. Tout comme nous saluons chaque fois que cela est possible la fermeture d’une école rurale ou la réduction de l’amplitude d’ouverture de tel ou tel bureau de poste.

Nous vous remercions chaudement de nous avoir ouvert les yeux sur la complexité des enjeux.

Cette invitation à cesser de demander l’impossible nous amène également à suggérer une autre analyse du développement des votes frontistes. Sans doute faut-il y voir un encouragement exprimé auprès du gouvernement de continuer cette politique qui donne tant de bons résultats.

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E
Chez nous, c'est pas mieux, niveau carte scolaire
http://70.snuipp.fr/spip.php?article2259
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N
- Les moulins ont beaucoup inspiré les poètes, pas celui (ou ceux, puisqu'il y en aurait eu deux) du Moulin des Voivres... hélas.
- Je remarque au passage que c'est un poète (mais pas seulement) originaire de la Haute-Saône
http://www.hervedavid.fr/francais/montmartre/montmartre1900/Boukay.htm
qui vient d'être cité. Coïncidence heureuse ou connivence opportune ?
- Inquiétez-vous, bonnes gens, Bernard ne parle pas de la lèpre - contre laquelle on s’apprête à lancer la 63ème Journée mondiale - pour rien : Les Voivres pourraient bien retourner, malheureusement, à une « terre inculte recouverte de mauvaises broussailles ».
On a bien noté que la priorité actuelle de l’État (qu’il ne faut pas fustiger mais, au contraire, ses dirigeants) est la quasi inutile déchéance de nationalité, dont je doute qu’elle puisse bien participer (au prix d'une manœuvre hypocrite) au relèvement de notre Pays.
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E
Bien vue l'analogie entre les friches qui envahissent les champs au point d'étouffer leurs possibilités de ressources et la fermeture des services publics par les dirigeants du pays.
Les champs devenaient vains, les petites communes suivent le même chemin.
Triste réalité, triste futur
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