L'esprit Charlie

par LES VOIVRES 88240  -  11 Janvier 2016, 04:53

Photo Mr Noël Jean

Photo Mr Noël Jean

Mr Noël à partagé ce lien.

Quand on parle de l'esprit Charlie ou quand des milliers de personnes disaient et affichaient " Je suis Charlie " toutes n'aimaient pas forcément le contenu de Charlie Hebdo. Moi même, si j'appréciais beaucoup le travail de la plupart de ces dessinateurs j'avais parfois l'impression que quand ils travaillaient ensemble, il y avait une sorte d'émulation dans la provocation que je ne goûtais pas toujours.

C'est l'éternel débat. Jusqu'où peut on aller ?

On peut aimer ces hommes, le courage dont ils ont fait preuve devant les menaces, sans être fan de la revue.

A l'époque il y a eu des anti Charlie. Mais en fin de compte, comme je l'avais écrit en réponse à un commentaire de Mr Jean Noël, ce mois de janvier un attentat avait été prévu en France et on peut certainement remercier l'équipe de Charlie Hebdo d'avoir servi de cible, de bouc émissaire aux tueurs.

Nous avons eu malheureusement la preuve en novembre que ce qu'ils refusent ce n'est pas la publication de caricatures de Mahomet. Ils refusent la liberté d'expression, la tolérance, le respect de l'autre, le droit de penser tout court.

C'est bien ce qu'exprime ce dessin de Chaunu.

C'est cela l'esprit Charlie, s'opposer à cette vision manichéenne du monde où eux seraient les justes, ceux qui détiendraient la vérité et tous les autres des impurs, plongés dans l'erreur.

Chacun peut avoir raison. Nul n'a le droit d'imposer sa raison.

Les dessinateurs de Charlie Hebdo n'ont jamais obligé qui que ce soit à acheter leur revue et si ce n'avait pas été eux les victimes il y aurait eu sans aucun doute, comme le 13 novembre, des dizaines de tués dans l'attaque d'un lieu public.

Ne pas lire ou aimer cet hebdomadaire c'est votre droit mais c'est notre devoir de défendre ce que refuse les tueurs : la liberté d'expression, la tolérance, le respect de l'autre, le droit de penser tout court.

Depuis les attentats du 13 novembre la question se pose t elle encore de savoir si face à une telle barbarie, il est possible de rester neutre ?

C'est notre devoir d'avoir toujours l'esprit Charlie. Il ne faudrait pas qu'en France la liberté d'expression ne devienne précieuse que parce qu'elle risque de faire défaut.

Pour le moment ce n'est pas le cas. Elle a toujours droit de cité, nous sommes toujours en démocratie. Le changement de paysage politique aux dernières élections régionales qui s'est fait sans heurt et sans contestation en a été une preuve de plus.

Il est possible de se défendre contre les assassins sans restreindre cette liberté. Quels sont ces Diaforus qui prétendent tuer le malade pour l'en mieux débarrasser des maux dont il souffre ?

Traquez les avec des mesures réellement efficaces et laissez nous l'envie de vivre debout, de rire entre amis et de dire haut et fort comme la Marianne de Chaunu :

NON. NON AUX TUEURS. NON AUX BARBARES.

Pour ma part je pense maintenant que ce genre de dessin est très fort, très expressif, mais trop direct.

La provocation risque de masquer le message et de se retourner contre l'auteur qui ne pourra pas atteindre le but recherché qui était là de sensibiliser sur les migrants.
Je ne sais si j'ai raison mais je préfère maintenant utiliser l'ours de ma fille pour faire passer une émotion trop forte ou qui pourrait choquer
.

Le public n'est pas idiot, il comprend le sens mais je crois sans être forcément bon juge que l'on peut sensibiliser sans l'attaquer  et sans se lancer dans un djidad personnel.

 

L'esprit Charlie
L'esprit Charlie
L'esprit Charlie
L'esprit Charlie
L'esprit Charlie
L'esprit Charlie
L'esprit Charlie
L'esprit Charlie
L'esprit Charlie
L'esprit Charlie

Je viens d'avoir Claire au téléphone, elle autorise Chaunu et tous les collaborateurs de Charlie Hebdo à dessiner son ours. Et bien voilà, Mr Noël va pouvoir s'abonner à la revue.

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E
Et aussi, à un autre de ce monde qui a bousculé les conventions, anti-traditionnaliste !
#RIP David Bowie
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N
A ajouter à mon commentaire « le couturier Courrèges, promoteur de la minijupe et des robes-trapéze, ait aussi, après un chanteur, un acteur et un musicien, tiré sa révérence.» et à rapprocher d'un message qui avait dû à échapper à Bernard. http://www.loomji.fr/les-voivres-88520/vie-locale/la-fin-chemin-21947.htm
E
J'ai acheté le dernier Charlie et je suis satisfaiste de voir cette Une, un an après, et de constater que la bande de dessinateurs continue à se lâcher pour plaire ou déplaire, pour bousculer les conventions, le traditionnalisme, le bien-pensé. L'esprit Charlie c'est aller contre le « politically correct », c'est dénoncer ces attitudes où il ne faut surtout pas critiquer, dénigrer pour rester dans l'acceptable.
Ne pas respecter des obligations, des règles et de rester fort devant les menaces d'une minorité,  faire penser les mots, les dessins … C'est bien dans cet esprit que vit l'hebdo Charlie.

Il y a eu des commémorations tout au long de la semaine, Johnny a chanté, des plaques ont été déposées, la statue de Marianne s'est illuminée de Bleu, Blanc, Rouge. C'est bien !
Des projets ont été créés, faisant se rencontrer chrétiens et musulmans pour faire tomber les préjugés. C'est très bien !

On fait figurer dans les futurs programmes d'EMC (enseignement moral et civique) du CP à la Terminale, les attentas de janvier 2015. Bonne initiative de la part du système éducatif mais j'ose espérer qu'on n'a pas attendu les tragiques événements de janvier, auxquels s'ajoutent ceux de novembre pour travailler la laïcité, le vivre ensemble dans nos classes...
(et de renvoyer au commentaire de Mr Noël quand il parle de l'accessibilité à l'éducation pour tous... pour toutes!)

Pour terminer, continuons à entretenir l'esprit Charlie au quotidien pour pouvoir afficher nos idées qu'elles plaisent ou non, pour que tous arrivent à accepter les différences, pour faire réfléchir et/ou faire rire.
FEEL GOOD !
« Liberté, je crie ton nom,
 Je crois en toi et j'espère.
Lâchez-moi avec vos bonnes manières ! »
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N
Merci
E
Mr Noël :
Je découvre ce site dont vous mettez le lien. Je cliquais jusqu'à présent sur votre nom apparaissant dans les commentaires ici même qui amène sur votre devoir de mémoire.
Donc, très sympathique ce blog. Je le mets dans mes favoris.
N
- « dénigrer pour rester dans l'acceptable » : là est justement la difficulté, où commence l'inacceptable ? (bon sujet pour une enseignante, non ?)
- « faisant se rencontrer chrétiens et musulmans pour faire tomber les préjugés » : pas si facile quand on sait qu'en 1985, on dénombrait, au Liban par exemple, environ 16 religions différentes (c'est toujours le cas actuellement) et que, autre exemple, un quotidien bien connu nous demande chaque jour d'envoyer des dons pour "les minorités persécutées au Moyen-Orient".
- oui, j'ai parlé des jeunes filles car nous savons bien - pour faire simple - que dans beaucoup de pays musulmans, elles se retrouvent, à la puberté, au mieux séparées des garçons à l’école, au pire, confinées chez elles sans avoir les mêmes droits que leurs petits camarades.
Le Monde n'est pas fait que de bisnounours !
N
[LA LUNE, LE DOIGT, LE SAGE (par Michel Onfray)

Chacun connaît l’adage chinois : « Quand le sage montre la lune, l’idiot regarde le doigt ». Quand votre dessinateur Emmanuel Chaunu, qui est aussi mon ami, dessine l’enfant kurde échoué sur une plage turque avec pour texte : « Rentrée des classes », il faut comprendre que, pendant que nos enfants effectuent leur rentrée scolaire en paix, d’autres sur la planète n’ont pas cette chance et que ce petit garçon mort, le visage enfoui dans le sable, nous le rappelle tragiquement.

C’était un dessin de compassion pour l’enfant et d’ironie sur nous mêmes, nous qui nous prenons pour le centre du monde avec nos problèmes mesquins.

Les idiots ont été légion qui ont crié à ce contre quoi on crie désormais sur les réseaux sociaux : racisme, lepénisme, xénophobie, beaufitude, etc. Menace de mort, insultes, invectives, l’habituelle panoplie.

Or dans une civilisation où le fou a autant le droit de donner son avis que le sage, sinon plus, la loi est faite par la majorité qui est moins constituée de sages que de fous.

Le normand Marcel Duchamp a dit un jour : « C’est le regardeur qui fait le tableau ». Il ouvrait ainsi grand la porte à l’art contemporain. Autant dire que si le regardeur est un sage, il verra sagement ce que le sage y a mis ; en revanche, si le regardeur est un sot, il regardera sottement et il verra bêtement la sottise qu’il y met.

Un dessin de presse suppose toujours des prérequis : de l’intelligence, de l’humour, de la subtilité, de la culture, des références. Emmanuel Chaunu n’en manque jamais ; chez ses regardeurs tout ou partie de cela peut hélas faire défaut.

Quand le sot ne voit dans le dessin que ce qu’il y met et que ce qu’il y met est aussi pauvre que lui, le dessin lui paraît pauvre. Est-ce la faute du dessin ? Oui dit le fou. Mais le sage sait bien que non. ]

Je ne sais pas si, en citant Michel Onfray (lui--même devant faire face à ses "complexités") avec lequel je suis d'accord, je vais mieux me faire comprendre.
J'ose dire que ce dessin de Chaunu (qui, à ma connaissance et contrairement à ce que beaucoup de blogueurs ont cru, n'exerce pas à Charlie Hebdo) ne m'avait pas véritablement choqué - interpellé", oui - puisque, il faut bien le reconnaître, c'est déjà à partir de la photographie elle-même, que les "puissants" de ce monde avaient commencé à se bouger... un peu.
Il traduit bien - à mon sens - tout en lui rendant effectivement hommage, sans provoquer méchamment et gratuitement les croyances profondes des uns et des autres, la sinistre réalité d'un enfant (mais aussi de beaucoup d'autres) migrant, qui, lui, n'aura pas le bonheur de rentrer à l'école... tout comme aussi, il ne faut pas l'oublier, de nombreuses petites filles, tout simplement parce qu'elles sont filles.
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L
Pour Chaunu je parle d'esprit Charlie, pas de dessinateur à Charlie Hebdo
L
Il m'est arrivé moi aussi de soulever l'indignation vertueuse sur les réseaux sociaux, c'est pour cela que je préfère travailler au second degré.