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LES VOIVRES 88240

Quand le Val de Vôge a décidé qu'il ne voulait pas mourir

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Nuit et Brouillard

Never more.

Never more.

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Nuit et Brouillard

Nuit et Brouillard

C'est à la Basse des Orges, dans ce pré au bord du chemin qu'une voiture conduite par des hommes du maquis de Grandrupt de Bains s'est embourbée en septembre1944. Ils allaient chercher le docteur Alexandre à Les Voivres. Ou bien n'était-il encore qu'étudiant en médecine ?

Peu importe.

Les voilà donc bien marris et ce furent les voisins, les Bastien qui les sortirent de là avec leurs bœufs. Ils leurs conseillèrent en passant d’ôter leurs brassards et le drapeau français qui était accroché sur leur voiture.

Quelques jours après, les allemands attaquèrent ceux qu'ils appelaient des terroristes. Ils firent 218 prisonniers dont 120 ne revinrent jamais des camps de la mort.

Nuit et Brouillard

Nuit et Brouillard

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13 novembre 2015, attaques de tueurs à Paris : 130 morts. Vendredi le Président de la République demande d'afficher le drapeau français pour leurs rendre hommage.

Nuit et Brouillard

Nuit et Brouillard

Dans les deux cas l'histoire retiendra certainement le même terme : terroristes.

Mais y a-t-il un quelconque rapport à 70 ans d'intervalle entre ces hommes que leurs adversaires ont appelé du même nom.

Dans un cas, des tueurs, des assassins, envahissent un pays, s’infiltrent parmi sa population avec de l’armement lourd, tuent des civils sans défense qui n'ont jamais cherché à leurs nuire. Ils tuent pour faire un exemple, pour espérer gagner le paradis s'ils meurent au cours de cette action.

Ils tuent pour le simple plaisir de tuer en prenant le premier prétexte venu.

Ils tuent avec une aussi bonne conscience que le bourgeois du Moyen-Âge s'achetait des années d'indulgence en versant son obole au moment de la quête. Pour eux la vie humaine n'a aucune valeur, elle ne peut d'ailleurs pas en avoir pour des êtres qui ne sont que des sous-bêtes.

Dans l'autre cas, les maquisards français, les partisans russes ou yougoslaves se battaient contre un ennemi qui avait occupé leur pays, ils se battaient contre des soldats bien armés, contre des combattants expérimentés qui avaient suffisamment de moyens pour se défendre et rendre coups pour coups. Ils se battaient pour défendre non seulement la liberté de leurs compatriotes, mais la liberté tout cours, les valeurs humaines.

Ils ne luttaient pas pour détruire la vie mais pour que chacun puisse un jour vivre dans un pays de nouveau en paix.

Ils combattaient pour, si possible, aider les armées de libération et si ce ne pouvait être, pour montrer qu'ils étaient des hommes.

Nuit et Brouillard

Nuit et Brouillard

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Aujourd'hui, et malheureusement pour de longues années sans aucun doute, nous devons reprendre leur combat. Nous mêmes qui habitons dans une région, les Vosges, où la répression contre ceux que les Allemands appelaient terroristes fut particulièrement terrible à l'automne 1944, nous savons qu'ils étaient des soldats.

Nous devons chacun à notre façon, avec nos moyens propres, prendre leur relève dès aujourd'hui avant que les derniers d'entre eux ne puissent plus témoigner pour nous montrer l'exemple.

Nous devons être vigilants, promouvoir la vie, demander à l'état plus de moyens pour les détruire tout en sachant que le front n'est pas seulement en Syrie.

Il est dans nos villes, dans nos campagnes. Il est en chacun de nous. Il n'y aura plus dans cette nouvelles guerre de planqués ou d'embusqués. Ceux qui ne seront pas contre eux, les mous, les tièdes, ceux qui les approuvent seront avec eux et devront être eux aussi combattus.

Il n'y a plus de ligne de front. il n'y a plus de prêcheurs de courage à bon compte à l'abri derrière leur sextuple muraille. Il n'y a plus de puissants barricadés derrière la chair à canon de la piétaille. Chacun peut partir, chaque matin, et ne plus revenir. Chacun peut dire un au revoir qui sera un adieu.

Ce front il avancera ou reculera avec chacun de nous au fur et à mesure que nous saurons nommer nos vrais ennemis ou que nous nous tromperons de cible.

Ce front il avancera ou reculera avec chacun de nous au fur et à mesure que nous accepterons de les combattre avec tous les moyens dont nous disposons ou que nous dirons que notre action individuelle est inutile.

Il reculera ou avancera avec chacun de nous au fur et à mesure que nous serons dominés par la peur ou que nous irons sur les chemins pour dire combien notre commune est belle.

Nuit et Brouillard

Nuit et Brouillard

Elsa au miroir

Louis Aragon

C’était au beau milieu de notre tragédie
Et pendant un long jour assise à son miroir
Elle peignait ses cheveux d’or Je croyais voir
Ses patientes mains calmer un incendie
C’était au beau milieu de notre trag
édie

Et pendant un long jour assise à son miroir
Elle peignait ses cheveux d’or et j’aurais dit
C’était au beau milieu de notre tragédie
Qu’elle jouait un air de harpe sans y croire
Pendant tout ce long jour assise à son mi
roir

Elle peignait ses cheveux d’or et j’aurais dit
Qu’elle martyrisait à plaisir sa mémoire
Pendant tout ce long jour assise à son miroir
À ranimer les fleurs sans fin de l’incendie
Sans dire ce qu’une autre à sa place aurait
dit

Elle martyrisait à plaisir sa mémoire
C’était au beau milieu de notre tragédie
Le monde ressemblait à ce miroir maudit
Le peigne partageait les feux de cette moire
Et ces feux éclairaient des coins de ma mém
oire

C’était un beau milieu de notre tragédie
Comme dans la semaine est assis le jeud
i

Et pendant un long jour assise à sa mémoire
Elle voyait au loin mourir dans son miroi
r

Un à un les acteurs de notre tragédie
Et qui sont les meilleurs de ce monde maudi
t

Et vous savez leurs noms sans que je les aie dits
Et ce que signifient les flammes des longs soir
s

Et ses cheveux dorés quand elle vient s’asseoir
Et peigner sans rien dire un reflet d’incendi
e

Louis Aragon, La Diane française, 1945

Nuit et Brouillard

Nuit et Brouillard

Le monde ressemblait à ce miroir maudit
Le peigne partageait les feux de cette moire
Et ces feux éclairaient des
coins de ma mémoire

Nuit et Brouillard

Nuit et Brouillard

Je ne suis pas naïf, un sourire n'a jamais stoppé un terroriste pas plus qu'une poésie. Mais ces actes sont la vie et si nous voulons obéir aux mots d'ordre de Mrs Frédéric Drevet et Michel Fournier, si nous voulons, pour que la vie puisse continuer, montrer que nous n'avons pas peur et que nous sommes des justes, c'est bien avec ces armes que nous devons le faire puisque nous n'en avons pas d'autres.

Même si ces actions sont inutiles, si nous qui sommes désarmés ne les menons pas alors nous laisserons la nuit gagner.

Notre vie n'a pas de valeur, seule compte la vie des autres, de nos proches, de ceux que nous aimons.

Si nous jugeons que notre vie doit être préservée à tout prix, alors nous laisserons les tueurs épandre le brouillard car nous tremblerons et n'oserons contre eux nous dresser, alors nous perdrons nos âmes et cette vie que nous jugions plus précieuse que toutes les autres.

Quand Aragon écrit cette poésie, quand il voit les flammes des fours crématoires dansant dans les cheveux de son aimée, a t'il tenu compte de ceux qui souriaient et disaient.

"- Seuls les fusils ont raison."

Il a fait ce qu'il savait bien faire, écrire, pour parler de son amour, pour dénoncer la guerre et les bourreaux.

Sa poésie n'a pas permis de remporter la victoire sur le nazisme mais en la lisant, en l'aimant, on est plus homme et seuls des hommes pourront se dresser et dire "Non " aux sous-bêtes.

Si les soldats du maquis de Grandrupt avaient pensé une seule seconde que leur vie devait être préservée à tout prix, ils ne se seraient pas rendus pour éviter le massacre des villageois et ils seraient morts à genoux.

S'ils avaient pensé une seule seconde que leur action était inutile et ne valait pas la peine d'être menée, peut-être ne saurions nous pas aujourd'hui que la nuit peut être vaincue.

Never more.

Never more.

Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
Nuit et Brouillard
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N
► « Dans les deux cas l'histoire retiendra certainement le même terme : terroristes ». Pas forcément, puisque dans l'article suivant :<br /> http://www.recherches-sur-le-terrorisme.com/Analysesterrorisme/terrorisme_definition.html<br /> elle a retenu le terme résistant.<br /> ► Assimiler les tueurs de Daech à des bêtes, sous-bêtes, etc., me gêne énormément car c’est presque les exonérer de leurs crimes. En effet, n'étant pas des hommes, ils ne peuvent pas, par conséquent, être jugés.<br /> ► A l'heure où certains prônent une intervention en Libye (dans le secteur de Syrthe, nouveau "foyer" de Daech) et où l'on se demande s'il est possible de vendre la Grande Mosquée de Paris à l'Algérie, il me semble que nous n'avons pas encore fini, nous les résistants, d'entendre parler des autres, les terroristes.
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L
Les allemands les appelaient ainsi.<br /> Leurs accorder le statut d'hommes impliquent qu'ils pourraient être accessibles à une certaine humanité. Ce n'est pas le cas.<br /> La loi prévoit bien des dispositifs pour éradiquer les "nuisibles "