Projection du film " Poil de Carotte "

par LES VOIVRES 88240  -  18 Octobre 2015, 05:24  -  #Cinéma

Projection du film " Poil de Carotte "

La MJC de Bains les Bains vous invite à la projection du film " Poil de Carotte " samedi 24 octobre à 20 h 30 à la salle Marie Benoist .

L'entrée est libre et gratuite. Le film sera suivi d'un débat.

Projection du film " Poil de Carotte "

Le film « Poil de Carotte » sera projeté à Bains-les-Bains le 24 octobre 2015 à 20H 30 à l’initiative de la MJC. Pour mémoire, il avait été monté par Christian NARDIN alors professeur au Collège de Bains-les-Bains, Poil de Carotte était incarné par Eric SUDOL, jeune collégien balnéen à cette époque.

Poil de Carotte (Eric Sudol) et M. Lepic (Christian NARDIN) – tourné aux Grands Prés chez Melle Thérèse ISEL en août 1983.

M. NARDIN professeur dans un Lycée de Strasbourg dirige la troupe des Tréteaux de Port Royal à Strasbourg ; reviendra à Bains les Bains, avec la troupe pour interpréter « Les Justes » d’Albert Camus à destination des Lycéens et des adultes .Mais pour l’heure, c’est de Poil de Carotte dont il fait la promotion à Bains les Bains, dans la toute nouvelle salle de cinéma numérisée, aidé par Anny Thouvenin, adjointe à la culture, et Nicole Lhote de la MJC.

La cité thermale est habituée aux tournages. En 2005 INDIGENES de Rachid Bouchareb a été tourné à la Manufacture Royale. En 2015, MAINTENANT, tourné dans la ferblanterie Royale, fut le premier film en une seule prise avec Jean Claude Dreyfus. La qualité technique de la caméra steadicam a permis ce défi

Poil de Carotte à Bains les Bains

A l’époque où Christian NARDIN a monté et tourné ce film ( 1983) , Christian Nardin était professeur de Lettres Modernes au Collège de Bains-les-Bains , les jeunes qui jouent dans le film étaient ses élèves. C’était une excellente façon de les faire adhérer à la littérature et au texte de Jules Renard, de traiter des problèmes de l’adolescence ( et de l’enfance pour certains) et des relations avec les adultes… Le livre et le film traitent le thème de » l’enfance incomprise » comme le dit l’affiche qui va être tirée.

Christian NARDIN et Eric SUDOL seront présents pour répondre aux questions des spectateurs.

Vu sur Epinal Info

Projection du film " Poil de Carotte "

Poil de Carotte (Eric Sudol de Les Voivres) et M. Lepic (Christian NARDIN) – tourné aux Grands Prés chez Melle Thérèse ISEL en août 1983.

Rediffusion de « Poil de Carotte »,

film de Christian Nardin

adapté de la pièce éponyme

de Jules Renard

(1864-1910)

I Les données de l’œuvre

Poil de Carotte est un personnage que sa légende a littéralement tué. Popularisé à travers les mêmes extraits choisis au collège, il est devenu une sorte de mythe, qui occulte les enjeux profonds du drame de la famille Lepic : l’enfermement dans la haine, la dénégation de la meilleure partie de soi, l’échec conjugal masqué dans la cruauté assenée en privée sur l’enfant le plus jeune (chez la mère) et dans la démission parentale (chez le père), mais aussi des appels muets à l’affection vraie.

Ce drame – propre à nombre de familles – a été celui de Jules Renard. Aussi entreprit-il de le clarifier à travers deux œuvres, réunies sous le même titre de « Poil de Carotte ».

une version romanesque, parue en 1894, qui en une mosaïque de petits chapitres que Jules Renard appelait ses « feuilles volantes », raconte les conflits de la famille Lepic au quotidien ;

une version théâtrale, parue en 1900, qui retient l’épure de la précédente – le père, la mère et Poil de Carotte – de façon à remonter aux sources de ce conflit. Si la première version égrenait ses différentes manifestations, la seconde travaille à en mettre à jour les causes.

Cette réécriture n’est pas innocente. Entre 1898 et 1900, Jules Renard connut en effet trois graves secousses :

la mort de son père, François Renard, qui, malade et ne supportant plus son échec conjugal, met fin brutalement à ses jours.

La mort accidentelle de son frère Maurice, qu’il aimait beaucoup.

L’affaire Dreyfus, durant laquelle il choisit de rejoindre le camp des dreyfusards pour aider à faire éclater la vérité.

On pressent l’importance que le mot de « vérité » revêtit soudain aux yeux de Jules Renard.

La pièce en tire une âpreté et une densité rares, qui s’expriment en particulier dans le long entretien qui oppose puis réunit le père et le fils. Cet entretien est symbolique de ce que le mot « dialogue » – galvaudé depuis – peut exactement signifier : ascèse de l’écoute, rassemblement de soi pour trouver l’élan de l’authenticité et le courage de la vérité à dire.

II Résumé de l’action

Nous sommes dans la campagne nivernaise, dans la touffeur d’un été de la fin du XIXe siècle. Mme Lepic est partie chez le curé de sa paroisse, M. Lepic fait sa sieste, Félix est allé pêcher au moulin et Poil de Carotte bêche, sur les ordres de sa mère, plein d’ennui, attendant la venue de son père qu’il doit -c’est son tour - accompagner à la chasse.

Arrive la nouvelle bonne, Annette, venue prendre ses fonctions. Poil de Carotte l’accueille et lui fait faire le tour du propriétaire. Mais tout en lui expliquant ses futures tâches il commet des gaffes, à travers lesquelles Annette n’a pas de peine à deviner la violence sournoise des rapports de force familiaux et les souffrances du jeune homme (il a ici seize ans). Aussi fine que droite, Annette le prend en sympathie et décide de l’aider. Par peur des réactions de Mme Lepic, Poil de Carotte la conjure de n’en rien faire.

Survient Mme Lepic qui, voyant son fils s’entretenir avec la nouvelle bonne, se hâte d’annexer Annette en humiliant devant elle Poil de Carotte. L’accablant aussitôt de corvée, et le voyant faire la moue, elle découvre l’imminence de la partie de chasse et interdit formellement à Poil de Carotte d‘y participer, lui enjoignant d’assumer devant son père la responsabilité de ce revirement.

M. Lepic arrive, et Poil de Carotte fait ce que sa mère lui a commandé de faire. Spectatrice de la scène, Annette, outrée, glisse la vérité à M. Lepic. Le mot de trop. C’est la crise. Bougon, M. Lepic remet la partie de chasse, et demande à son fils de s’expliquer….

III Le tournage du film

Christian Nardin : « L’origine de ce film est liée à un épisode de mes premières années d’enseignant. C’était en 1982. J’étais professeur dans les Vosges, au collège de Bains-les-Bains, petite station de cure située à une trentaine de kilomètres d’Epinal. Préparant une thèse sur Jules Renard, j’avais programmé l’étude en classe de troisième de la version scénique de Poil de Carotte. Cette œuvre a l’avantage d’être brève (une vingtaine de pages), d’être simple (pas de problèmes linguistiques particuliers) et de cibler des aspects de la vie qui ne peuvent pas ne pas intéresser des jeunes de quinze/seize ans.

A ma grande surprise, ce texte fonctionna comme un miroir d’eux-mêmes, au point de provoquer chez eux des réactions sensibles, motivées, bien éloignées des politesses froides qui accompagnent d’ordinaire les explications de texte… Découvrant par la suite que plusieurs de ces élèves vivaient dans leur chair des difficultés équivalentes, et que certains d’entre eux avaient d’indéniables aptitudes pour le théâtre, l’idée de « tenter quelque chose » – à la fois pour eux et pour l’œuvre – s’est assez rapidement imposé.

C’est avec mon frère Thierry – à l’époque monteur aux studios de Boulogne-Billancourt – qu’a été conçu le projet du film. Son idée était de réunir une équipe de techniciens professionnels pendant que, sur place, je travaillerais le texte selon une optique « réaliste » où les jeunes jouent les rôles de jeunes et les adultes les rôles d’adultes. Ainsi, les personnages de Poil de Carotte, d’Annette et de Félix furent-ils respectivement confiés à Eric Sudol, Nathalie Chassard et Jérôme Bacher (tous trois élèves de troisième), que le rôle de Mme Lepic fut, après de nombreuses recherches, confié à Françoise Ulrich (comédienne professionnelle qui s’était signalée dans le film La Banquière aux côtés de Romy Schneider), moi-même conservant le rôle de M. Lepic.

Décidé en décembre 1982, le projet impliqua six mois de répétitions, un mois de prospection pour repérer des lieux de tournage aptes à correspondre aux signalements topographiques de l’œuvre, et une fois ce lieu découvert (une fermette appartenant à une extraordinaire paysanne de quatre-vingts ans appelée « la Thérèse » sur le lieu-dit Les Grands-Prés, sur le territoire de la commune de La Chapelle-aux-Bois, près de Bains-les-Bains), un mois pour construire le scénario complet du film.

La fabuleuse générosité de plusieurs membres – proches ou éloignés – de notre famille nous permit d’affronter le moment du tournage avec une assise financière suffisante.

L’essentiel du tournage s’effectua aux Grands-Prés du 1er au 15 août 1983 - quelques plans complémentaires étant réalisés durant des week-ends de septembre et d’octobre – avec l’aide généreuse des familles des trois collégiens, qui accueillirent chez elles les membres de l’équipe du tournage venue de Paris, et n’hésitèrent pas à nous aider à trouver les accessoires nécessaires à la vraisemblance de l’époque où se passe l’action. Par la suite, d’autres familles se mobilisèrent, puis les mairies de Bains-les-Bains et de La Chapelle-aux-Bois, la presse locale et enfin FR3-Lorraine.

A l’issue du tournage, l’intérêt suscité par ce travail à la frontière de la culture et de l’éducation incita la Maison des Jeunes et de la Culture de Bains-les-Bains présidée par Mme Marcel Schweigert, puis, sous son impulsion, toutes celles du département, à collecter des fonds pour aider à réussir les phases cruciales du montage et du mixage. Plus d’un an fut nécessaire pour résoudre toutes ces difficultés, qu’acheva d’aplanir une subvention exceptionnelle du Conseil Général des Vosges.

La première fut donnée à Bains-les-Bains le 14 janvier 1985.

Un lancement semblable eu lieu à Strasbourg en novembre 1987, au Conservatoire National de Strasbourg, dans le cadre de la saison de la Société de Musique de Chambre de Strasbourg. En seconde partie du programme, fut interprété le Quintette pour piano et Cordes de César Franck, qui avait été l’indicatif musical des interprètes au cours de l’aventure. Les interprètes en furent le Quatuor Sine Nomine et Philippe Dinkel.

Une diffusion systématique du film fut alors entreprise dans le cadre de l’Académie de Nancy-Metz puis de celle de Strasbourg, avec l’appui de l’Inspection Pédagogique Régionale et des CRDP locaux. Comme le film avait été tourné en vidéo et qu’aucune structure de diffusion n’existait alors, il fallut en inventer une. C’est grâce à M. et Mme Claude Simon – producteurs indépendants à Epinal – qu’elle vit le jour et fonctionna durant quatre ans. Un calendrier de diffusions itinérantes dans les collèges et les lycées permit de rencontrer plus de huit milles élèves, mais aussi des congrès divers voire des journées universitaires, au cours desquelles le film rencontra un public d’adultes.

En 1987, Lors du Festival Jeunes réalisateurs de La Valette (Var), le film obtint en 1987 la Médaille de la Ville de La Valette.

"Poil de Carotte" au carnaval de Bains les Bains 2015
"Poil de Carotte" au carnaval de Bains les Bains 2015
"Poil de Carotte" au carnaval de Bains les Bains 2015
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"Poil de Carotte" au carnaval de Bains les Bains 2015

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