Automne

par LES VOIVRES 88240  -  3 Octobre 2015, 05:34  -  #Qu'il est beau mon village

 Contrastes.            Photo Sylvia von Kaenel

Contrastes. Photo Sylvia von Kaenel

Quand le soleil levant illumine la Chapelle de Bonne Espérance

Quand le soleil levant illumine la Chapelle de Bonne Espérance

La Grande Fosse sous un ciel d'automne
La Grande Fosse sous un ciel d'automneLa Grande Fosse sous un ciel d'automne

La Grande Fosse sous un ciel d'automne

Croisement à l'orée du bois. La Grande Fosse

Croisement à l'orée du bois. La Grande Fosse

Au loin La Forge de Thunimont

Au loin La Forge de Thunimont

Les météorologistes disent qu'il n'y a que deux saisons, l'hiver et l'été. Après être passé début septembre, en quelques jours seulement, d'un vent brulant et de températures de plein été aux premiers gels matinaux, nous serions bien tentés de les croire.

Il n'empêche que pour les poètes et les amoureux de la nature, le printemps et l'automne sont deux moment importants qu'il ne faut pas rater. C'est pourquoi, voulant en plus profiter de la lumière exceptionnelle qu'il y a ces jours ci, nous sommes allés baguenauder du côté de La Grande Fosse pour redescendre ensuite dans les bois qui dominent la carrière de La Colause.

Je dis bien la Colause. Plus question de Colosse en référence au souvenir d'un Pont Colossal construit par les romains.

D'une part, nous sommes un village d'irréductibles gaulois, comme le rappelait encore, Monsieur Michel Fournier à la Maisondici.
Et les irréductibles gaulois ne sont pas imprégnés de culture romaine, dans tous les environs le seul nom qui vient du latin est celui de Bains les Bains.

Pour quoi ? Après les invasions barbares, il n'y eut personne pour vivre dans ces endroits pendant 800 à 900 ans. L'habitat ne s'est perpétué qu'à Bains les Bains.

Tous les noms de lieu dit à Les Voivres ont donc été forgés à partir de vieux français. Et même si celui-ci tire souvent son origine du latin il y a aussi d'autres étymologies.

En dehors des archives, la toponymie indique bien qu'il n'y avait pas de " feux " implantés depuis La Brosse " lieu de broussailles " en passant par La ou Les Rappes " terrains broussailleux " jusqu'à Les Voivres " "épine, buisson épineux, lieu humide couvert de broussailles ".

Au XIV ème siècle, Les Voivres ne comptaient guère que 5 à 6 feux. La région avait certainement profité comme le reste de l'Europe, d'un climat particulièrement favorable à l'agriculture de l'an 1000 à 1300. Il avait permis de vaincre les famines, l'essor des nouvelles techniques en architecture ou dans le travail des métaux et amené un doublement de la population. Mais aux environs, les terrains beaucoup trop pauvres décourageaient bien des colons.

De plus la grande Peste Noire ravageant l'Europe jusqu'en 1352 avait stoppé cet élan. Un tiers de la population est décédée. A peine le temps d'oublier cela que la guerre de Trente Ans arrive avec son cortège de pillages, destructions, mises à mort. Tout cela ne constituait pas un environnement très favorable pour que les survivants se plongent dans du Cicéron ou du Catulle.

Les moines du chapitre avaient le plus grand mal à trouver des fermiers, la dîme ou le cens perçus sur les récoltes étaient dérisoires.

Ce sont les moulins qui furent en fait les premières entreprises importantes du pays, avec ceux installés au Ban Saint Pierre sur l'actuel ruisseau Jeandin, anciennement ru Milenot ( petit Moulin). Il est déjà mentionné en 1544. Plus en aval se construira ensuite le Moulin Rouge ou Moulin Jeandin, celui de la Forge Quenot (1634 ) et enfin le Moulin Rouvart (1773 ) au Moulin des Voivres.

La pauvreté des pâturages ne permettant pas de nourrir correctement des chevaux, la carrière de la Collause trop éloignée, ne fut exploitée industriellement que très tard quand le canal permis le transport des pierres.

Qu'il y eut auparavant là une exploitation artisanale, c'est possible. Mais si les archives témoignent de lauses produites à Les Voivres, le nom de la carrière n'est pas mentionné avant le 19 ème siècle.

Par contre toujours en se référant à la toponymie, pour la médiéviste Myriam White-Le Goff, au Moyen-Âge, beaucoup de sites étaient pensés comme dotés d'une vie propre, d'une âme souvent inquiétante et habités par des géants, des fées.

Le nom de Pont des Fées date bien de cette époque où les défrichements cités plus haut ont permis à quelques colons de s'installer sur les Voivres.

Cet amas de pierres ne semblait pas naturel. C'étaient donc l’œuvre des fées. Cela indique bien que les premiers habitants de les Voivres, certainement vers le XII ème ou XIII, ne savaient qui avait amené là ces roches et ne pouvaient donc baptiser le site de La Colause en souvenir de ces bâtisseurs inconnus.

L'abbé Olivier qui émet cette hypothèse est un érudit qui a fait ses humanités. Ce n'est pas un historien, le 19 ème siècle ne pratique pas encore une approche scientifique de l'histoire. Michelet nous forge un Vercingétorix de légende pour préparer la revanche de 1870 et lui semble penser que les habitants de Les Voivres, à la fin du Moyen Âge pouvaient être imprégnés de culture latine.

Culture latine qui pour lui est certainement synonyme de christianisme. Il ne faut pas oublier qu'il a été mis au chômage technique par la loi de 1905. Il ne va donc pas reconnaître facilement qu'au temps des bâtisseurs de cathédrales le nom d'un lieu soit inspiré par des croyances païennes. Comme l'étymologie du nom Pont des Fées n'a aucune origine latine, il va donc trouver un autre endroit témoignant de leur passage. Ce sera La Colause.

On retrouve là les divergences qu'il y a eu au Moyen Äge entre la culture latine des rares personnes instruites, leurs écrits et la langue parlée populaire qui s'en éloigne souvent. Le meilleur exemple est encore le verbe aller qui mélange ire du latin classique et ambulare de la langue familière au fil des conjugaisons.

Rien ne semble en fait indiquer que dans le désert humain qu'était devenu l'actuelle commune quelque chose ait pu se transmettre.

Donc les irréductibles gaulois diront Colause et laisseront aux nostalgiques de l'Empire la liberté d'écrire Colosse.

Le Jugement D'octobre

par René Char

Joue contre joue deux gueuses en leur détresse

roidie ;
La gelée et le vent ne les ont point instruites, les

ont négligées;
Enfants d'arrière-histoire

Tombées des saisons dépassantes et serrées là debout.
Nulles lèvres pour les transposer, l'heure tourne.
Il n'y aura ni rapt, ni rancune.
Et qui marche passe sans regard devant elles, devant

nous.
Deux roses perforées d'un anneau profond
Mettent dans leur étrangeté un peu de défi.
Perd-on la vie autrement que par les épines?
Mais par la fleur, les longs jours l'ont su !
Et le soleil a cessé d'être initial.
Une nuit, le jour bas, tout le risque, deux roses,
Comme la flamme sous l'abri, joue contre joue avec

qui la tue.

Automne
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Et ce petit poème de René Char pour terminer en apothéose! Un bien bel article, merci Bernard!
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