Les raisins de la colère

par LES VOIVRES 88240  -  18 Juillet 2015, 05:46  -  #Qu'il est beau mon village

On devrait employer l'appareil photo comme si demain on devenait aveugle. Dorothea Lange.

On devrait employer l'appareil photo comme si demain on devenait aveugle. Dorothea Lange.

Ce livre de John Steinbeck raconte l'histoire de la famille Joad, lors de la Grande dépression américaine marquée par les séquelles de la crise économique et le Dust Bowl* dans le sud du pays. Il raconte la vie des Américains poussés sur les routes et plongés dans la misère pendant la crise économique de 1929 lorsqu'ils sont chassés de leurs terres par les banques qui prennent possession de leurs biens fonciers.

Il commence par une description de la sécheresse qui a ruiné les petits cultivateurs

*Erosion éolienne

la terre prit une teinte .... blanche dans la grise

la terre prit une teinte .... blanche dans la grise

Les dernières pluies firent lever le maïs très vite et répandirent l'herbe et une quantité de plantes folles le long des routes, si bien que les terres grises et les sombres terres rouges disparurent peu à peu sous un manteau vert. A la fin de mai, le ciel pâlit et les nuages dont les flocons avaient flotté très haut pendant si longtemps au printemps, se dissipèrent. Jour après jour le soleil embrasa le maïs naissant jusqu'à ce qu'un liseré brun s'allongeât sur chaque baïonnette verte. Les nuages apparaissaient puis s'éloignaient. Bientôt ils n'essayèrent même plus. Les herbes, pour se protéger, s’habillèrent d'un vert plus foncé et cessèrent de se propager. La surface de la terre durcit, se recouvrit d'une croûte mince et dure et de même que le ciel avait pâlit, de même la terre prit une teinte rose dans les terres rouges, et blanche dans la grise.
Dans les ornières creusées par l'eau la terre s'éboulait en poussière et coulait en petits ruisseaux secs. Mulots et fourmis-lions déclenchaient de minuscules avalanches. Et comme le soleil ardent frappait sans relâche, les feuilles du jeune maïs perdirent de leur rigidité de flèche ; elles commencèrent de s'incurver puis, comme les nervures centrales fléchissaient, chaque feuille retomba toute flasque. Puis ce fut juin et le soleil brilla plus férocement. Sur les feuilles de maïs le liseré brun s'élargit et gagna les nervures centrales. Les herbes folles se déchiquetèrent et se recroquevillèrent vers leurs racines. L'air était léger et le ciel plus pâle ; et chaque jour, la terre palissait aussi...

Les Raisins de la Colère-Extrait

Photos Dorothée Lange et Munie Bernard
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B
Félicitations Bernard, c'est un très beau montage, dans vos photos, il y a des champs de maïs pleins de promesse tandis qu'à Harsault avec l'orage de grêle qui s'est abattu sur le village hier soir, les maïs sont déchiquetés, ce sont des hectares irrécupérables, le jeune paysan Kévin Hellen a, de son côté, perdu 10 hectares, mauvaise nouvelle pour un jeune plein d'allant, ce sont les aléas du métier !!
Répondre
L
Nous avons seulement eu quelques très grosses rafales de vent et une bonne averse, Si le maïs est détruit il a fallu que la grêle soit très importante
N
► Les Raisins de la colère (1939) de John Steinbeck
Etude de Jean-Luc, dédiée à son fils Aymeric étudiant en CPGE, dans "Etudes littéraires", dont je veux seulement citer la conclusion parfaitement éclairante :

« Dans la lignée d'un auteur comme Zola, Steinbeck est le romancier naturaliste de la pauvreté. Comme son prédécesseur, il nous livre un témoignage journalistique, il s'engage dans un humanisme socialiste, il élargit son propos par le recours à un symbolisme archétypal qu'il puise abondamment dans la Bible, même si finalement l'aura mystique du livre sacré se réduit chez lui à un horizon terrestre. L'attachement viscéral à la terre-mère, la quête d’un paradis perdu au bout d'un chemin parsemé d'épreuves initiatiques restent les ressorts de cette tragédie. En contrepartie, il fait jaillir de ces aventures misérables, une solidarité, une générosité qui les font échapper au pessimisme réaliste.
Cette œuvre est en fait un témoignage sur une mutation qui, dans le roman est circonscrite aux années 1930 et aux États-Unis, alors qu'elle a affecté la planète entière au XXe siècle. Ce phénomène qui avait commencé dès le XVIIIe siècle, en Grande-Bretagne, avec les débuts de la Révolution industrielle, s’est étendu à tous les pays au cours des XIXe et XXe siècles. L'exode rural a pu se dérouler dans l'indifférence et l'ignorance générales, ou au contraire dans des soubresauts qui ont frappé l'opinion, Le mérite de Steinbeck est de nous avoir alertés en ne restant pas à la superficie des événements ou à leurs épiphénomènes sensationnels.
Il cherche à démonter les mécanismes complexes qui ont lancé les paysans sur les routes : augmentation de la productivité agricole, mécanisation qui diminue la main-d’œuvre nécessaire, besoin de main-d’œuvre saisonnière pour la cueillette, attrait du confort urbain... Il s'intéresse surtout aux causes structurelles, au développement incontrôlé du capitalisme qui voit en l'homme une marchandise ordinaire, un outil comme les autres. Cette conception mercantile et utilitariste est la véritable origine des drames humains surtout quand elle cultive sciemment l’égoïsme et les peurs pour prospérer. Le miracle est que l'homme exploité n'en sort pas broyé. La plupart de ces ruraux conservent intacts au fond d'eux une générosité et un sens du partage qui leur permettent de garder leur dignité, de survivre à la collusion de l'argent, du pouvoir et de la religion. Leur bon sens terrien, leurs vertus familiales, leur optimisme, leur acharnement, leur courage les conduisent à se regrouper, à se respecter, à faire front en commun. Steinbeck ne désespère pas de l'homme naturel, il sait sa puissante vocation à s'adapter si bien qu'il n'y a nulle fatalité dans les épreuves. La terre promise est bien au bout du chemin même si elle ne se trouve pas dans les formes qu'on espérait rencontrer.
Vibrant appel à la solidarité, les Raisins de la colère restent une œuvre d'actualité digne de son prix Nobel. La mondialisation et le capitalisme sauvage continuent de provoquer des catastrophes naturelles ; quelques pays riches confisquent la majorité des ressources naturelles ; des sociétés anonymes jouent toujours sur le cours des grandes productions agricoles ; des populations sont toujours lancées sur les routes de l'exode ; des masses humaines sont toujours parquées dans des camps ; des travailleurs et des enfants sont toujours exploités pour des salaires misérables ; des zones grises ou noires, dans lesquelles des mafias tissent des liens secrets avec le pouvoir politique, s'étendent sur notre planète en des trafics honteux, notamment un nouvel esclavagisme humain... La violence monstrueuse menace toujours aux portes de nos cités quand elle ne les a pas déjà pénétrées.
Steinbeck a tracé avant nous et pour nous le seul chemin d'espérance pour qui veut éviter les Raisins de la colère, celui d'un partage raisonné des richesses, celui d'un engagement personnel et généreux. Ainsi, il arrive parfois que la littérature rejoigne les préoccupations des hommes et, plus rarement, qu'une bonne littérature résulte de grands principes et de bons sentiments. »
► Combien de Dorothea Lange actuellement ? Pas sûr que la compassion soit le seul "moteur" des photographes d'aujourd'hui.
Répondre
L
Il y a un peu de tout çà. Il est vrai que quant on transforme une photo couleur en noir et blanc ou plutôt en plusieurs nuances de gris cela fait ressortir certains aspect, mais il y avait aussi l’œil du photographie, sa maîtrise la qualité des appareils et l'art de celui qui développait les photos.
N
Selon Canon France : « Bien qu'elle n'ait jamais vraiment été démodée, la photographie en noir et blanc connaît un regain d'intérêt important. Pourquoi est-elle toujours aussi populaire ? Le noir et blanc est enveloppé d'une certaine nostalgie ; il rappelle à la fois les anciennes photographies mais aussi les débuts de la télévision. En réalité, le noir et blanc est très efficace pour mettre en valeur les formes et l'éclairage du sujet. Le noir et blanc peut donner une image très forte d'un sujet qui manque de couleur. » Pour ce qui me concerne et même si je suis triste aujourd'hui parce que je viens de perdre un ami, le personnage au premier plan de la superbe photo N & B "Quai de la Seine 1946", postée dans un message précédent, suffit amplement à m'embarquer dans des rêveries... "lointaines".

(Supprimer la réponse de 17h 58)
L
Effectivement beaucoup de journalistes modernes se refusent à être gagner par de l'empathie pour le sujet qu'il traite selon eux cela fausserait le reportage, un robot ne peux rien créer. Mais il y a encore des géants aujourd'hui, Nan Golding par exemple. C'est vrai qu'à côté de Capa, Taro, Lange ce sont des bébés géants.
Par contre j'ai l'imprssion que la couleur ôte de l'âme aux photos même si elles sont plus belles au point de vue esthétique elle sont plus superficielles.