ll y a 70 ans, le 23 juillet 1945, le maréchal Pétain était jugé pour complot.

par LES VOIVRES 88240  -  24 Juillet 2015, 10:51  -  #HISTOIRE

ll y a 70 ans, le 23 juillet 1945, le maréchal Pétain était jugé pour complot.

Le maréchal Philippe Pétain s'exprime à la barre devant la Haute Cour de justice de Paris lors de son procès pour intelligence avec l'ennemi à l'issue duquel il sera condamné à mort, le 15 août 1945, à l'âge de 89 ans.

l y a 70 ans, le 23 juillet 1945, le maréchal Pétain était jugé pour complot.

Le 23 juillet 1945 à Paris s'ouvrait le procès du maréchal Pétain. À 89 ans, d'une voix ferme, Philippe Pétain décline son identité, puis se contente de lire un texte. Il estime avoir au mieux défendu l'intégrité et l'honneur de la France face à l'occupant allemand. Mais pendant les trois semaines d'audience, plus un mot de sa part, face notamment aux accusations de haute trahison.

Réclusion à perpétuité

Pétain était accusé de complot. De nombreux témoins à charge ont défilé à la barre pendant ce procès dont Léon Blum ou Edouard Daladier. Le 15 août 1945, le verdict tombe, Philippe Pétain est condamné à mort. Il réussira à commuer sa condamnation à mort en la réclusion à perpétuité. En juillet 1951, le maréchal Pétain sera inhumé dans la citadelle de l'île d'Yeu.

Il est toujours difficile, hors contexte de juger à partir de quel moment Pétain a trahi la France. Il y a toutefois deux choses qui sont certaines.

Le rôle qu'il a laissé prendre à la milice a permis aux allemands de lutter avec encore plus d'efficacité contre la résistance en général et les maquis en particulier.

Si l'on se réfère par exemple au maquis de Grandrupt de Bains, quand l'attaque a eu lieu, ils étaient en possession de tous les renseignements nécessaires, fournis souvent par ces français gagnés à l'ennemi.

Or le chef de la gendarmerie qui le protégeait à Vichy faisant partie lui-même de la résistance, lui avait proposé de ne pas suivre les allemands dans leur retraite et de gagner les rangs de la France libre.

C'est donc de son plein gré qu'il est parti pour s'installer à Sigmaringen cautionnant ainsi tous les français qui combattaient aux côtés des allemands.

Même s'il est possible d'admettre qu'en 1940 il ait voulu servir les intérêts de la France on peut parler de trahison au moins à partir de ce moment où il a fui en Allemagne.

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N
► C'est le 17 août 1945 que de Gaulle commue la sentence de mort du maréchal Pétain en emprisonnement à vie.
► Après sa mort, le Maréchal ne reposera pas tout à fait en paix puisque « Le 19 février 1973, à 2 heures du matin, le cercueil du maréchal Pétain est enlevé par des membres d'un commando d’extrême droite commandité par Jean-Louis Tixier-Vignancour (celui-ci n'étant pas présent sur les lieux) ; cet avocat célèbre, ancien secrétaire général adjoint à l’Information du gouvernement de Vichy (1940-1941), ancien candidat à l'élection présidentielle (1965) et sympathisant de l’OAS, avait monté cette opération dans le but de transférer la dépouille du maréchal Pétain à l'ossuaire de Douaumont (Verdun). Ce transfert correspondait à une volonté testamentaire de Pétain en 1938, lequel souhaitait reposer auprès des centaines de milliers de soldats français qui y sont tombés. Mais l’enlèvement est découvert, le cercueil est caché dans un garage de Saint-Ouen, avant que les membres du commando soient arrêtés et révèlent le lieu où la dépouille du maréchal est cachée. » (WikipédiA)
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L
Ce serait intéressant merci
N
Exact mais l'homme de Verdun a été aussi associé (voir Clemenceau) à la répression des mutineries en 1917. Cependant, pour avoir considérablement amélioré le quotidien du "Poilu", les soldats (Anciens combattants de 14-18) ne lui en ont pas vraiment tenu rigueur et avaient plutôt bonne opinion de lui. Au moment de choisir, ceci explique - en partie - le dilemme entre Pétain et de Gaulle.

En aparté : tourmenté par un des rares propos de mon père qui avait confié avoir "frictionné" (probablement vers la toute fin des années 20, voire un peu plus) le Maréchal Pétain, j’avais trouvé dans "Le siècle traversé" du philosophe Maurice de Gandillac - 1998 - :
« Au vernissage d'une exposition Kokoschka, il me contera ses conversations avec le maréchal Pétain, quai Conti ou en cure à Bains-les-Bains.»,
ce qui est confirmé par une carte postale de Bains-les-Bains intitulée "Entrée sous bois Sentier du Maréchal Pétain" (que je peux éventuellement partager).
L
Il faut reconnaître qu'il avait mérité sa réputation d'épargner le sang des soldats pendant la grande guerre, à l'opposé d'un Nivelle ou d'un Mangin
N
« C'est donc de son plein gré qu'il est parti pour s'installer à Sigmaringen » : d'autres sources disent le contraire.

« Les derniers jours de l'occupation se précisèrent Paris fut libéré le 24 août 1944 quand les premiers éléments de la 2ème DB entrèrent dans Paris par la porte d'Orléans sous le commandement du général Leclerc. Pétain, qui ne fut plus qu'un simple prisonnier des Allemands, songea à se livrer au maquis d’Auvergne du colonel Gaspard, et tenta de déléguer l’amiral Auphan auprès de de Gaulle pour lui transmettre régulièrement le pouvoir, sous réserve que le nouveau gouvernement reconnaisse la légitimité de Vichy et de ses actes. Aucune réponse ne lui fut donnée.

Le 17 août 1944, les Allemands, en la personne de Cecil von Renthe-Fink, ministre délégué, demanda à Pétain de se laisser transférer en zone nord. Celui-ci refusa et exigea une formulation écrite de cette demande. Von Renthe-Fink renouvela sa requête par deux fois le 18, puis revint le 19, à 11 h 30, accompagné du général von Neubroon pistolet au poing qui arrêta Pétain assis sur son lit à demi vêtu, lequel leva un œil et lui dit :« Ah c'est vous... ». Il lui indiqua qu'il avait des « ordres formels de Berlin ».
Le texte écrit fut soumis à Pétain : « Le gouvernement du Reich donne instruction d’opérer le transfert du chef de l’État, même contre sa volonté ». Devant le refus renouvelé du maréchal, les Allemands menacèrent de faire intervenir la Wehrmacht pour bombarder la ville de Vichy. Après avoir pris à témoin le ministre de Suisse, Walter Stucki, du chantage dont il fut l’objet, Pétain s'y soumit, et lorsque à 19 h 30 Renthe-Fink entra dans le bureau de Pétain avec le général von Neubronn, il veillait à la préparation de ses valises et rangeait ses papiers. Le lendemain, 20 août 1944, il fut emmené contre son gré par les Allemands à Belfort.

Le 8 septembre, après un séjour de plus de deux semaines dans l'est de la France, Pétain et Laval furent installés au château de Sigmaringen, en compagnie des principaux chefs de la collaboration parisienne. Comment se sont-ils retrouvés en Allemagne ? Pourquoi les Allemands ont-ils emmené ces hommes dans leur retraite vers l'Est ? Telles sont les premières questions que pose ce transfert. Si Pétain et Laval considérèrent qu'ils furent « enlevés » et emmenés de force, les autres protagonistes firent le voyage de leur plein gré. »
(Source Internet)

Mais la grande tache indélébile qui restera (à mon sens) sur le chef particulièrement estimé de la Grande Guerre que fut Pétain, est, sans aucun doute, les lois sur le Statut des Juifs.
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L
Il est parti à Sigmaringen fermement " accompagné " par les allemands . Mais quelques auparavant il a comme je le dis refusé de se faire la belle en compagnie du chef de la gendarmerie. Après il n'était effectivement plus possible de se sauver mais il en a eu la possibilité.
Pour quoi ne l'a t'il pas fait, craignait'il déjà un jugement ou était résolument pro allemand ou les deux.
Pour les juifs vous avez raison les lois françaises étaient plus dures que les allemandes.