Réunion des médiathèques à la Haye

par LES VOIVRES 88240  -  29 Juin 2015, 06:11  -  #Bibliothèque

Réunion des médiathèques à la Haye

Le jeudi 25 juin a eu lieu à la Haye, sur la proposition de Mr Florentin, conservateur de la Médiathèque Départementale des Vosges, la réunion des médiathèques du Territoire de Remiremont et ses Vallées et celles du Val de Vôge.

La médiathèque de la Haye regroupe les communes de la Haye, Harsault et Grandrupt de Bains.

Elle est animée par une équipe de 5 bénévoles: Marie-Françoise, Guy, Virginie, Tom et Nicole.

Cette réunion avait pour but de faire le point de l'activité culturelle et de présenter les outils informatiques qui peuvent être mis à la disposition des lecteurs.

Des conférences-ateliers peuvent être programmées par la Médiathèque départementale afin que les personnes le désirant puissent apprendre à écrire des articles sur Wikipédia.

Dans une commune il y a souvent des spécialistes de l'histoire et des spécificités locales. Ils enrichissent les pages de Wikipédia consacrées à leur commune et permettent ainsi de la promouvoir.

Mais bien entendu tous les sujets peuvent être abordés.

Cette année Poéma a fait halte à Trémonzey dimanche 7 juin. Un poète et un musicien, Lucien Suel et Thomas Milanese accompagnés par les participants ont fait une balade autour du village tout en récitant des poèmes, en les commentant accompagnés de musique.

La poésie est souvent le parent pauvre des bibliothèques. En la présentant d'une façon moins austère il est possible d’intéresser le public.

La médiathèque du Thillot fête ses 10 ans. De nombreuses animations vont être proposées : spectacle, portes ouvertes, courts-métrages et concert.

Réunion des médiathèques à la Haye

Le festival du court métrage " Chacun son Court " va venir dans les Vosges. Il va s'arrêter à Vagney, Mirecourt Attignéville et Le Thillot.

C'est l'occasion de découvrir des jeunes réalisateurs qui souvent ne sont diffusés que dans ces manifestations.

La médiathèque du Val de Vôge reçoit ses meubles au mois de juillet. Elle va donc bientôt pouvoir fonctionner normalement. La campagne pour recruter de nouveaux bénévoles a porté ses fruits. Ils vont seconder Mme Doux qui assure depuis longtemps cette fonction.

Ensuite tout le monde a pu passer à la partie formation. Des tablettes et des liseuses furent distribuées à plusieurs ateliers et chacun guidé par un responsable s'est entrainé à leur utilisation.
Le développement du numérique entraine une demande croissante de la lecture en Pdf et le prêt d'une liseuse peut permettre à un lecteur de tester ce type de matériel avant de l'acheter lui-même ou de lui procurer un livre que la bibliothèque n'a pas forcément en rayons.

Réunion des médiathèques à la Haye
Réunion des médiathèques à la Haye
Réunion des médiathèques à la Haye
Réunion des médiathèques à la Haye
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NOEL 29/06/2015 09:36

Puisque nous aimons la littérature, la poésie, les langues, l'histoire, et que nous sommes parfois (à vrai dire, de plus en plus souvent) dans la protestation, nous pourrions peut-être afficher dans les médiathèques, ainsi que dans bien d'autres endroits, ce texte de Jean D’Ormesson :

[ Par Jean d'Ormesson Lettre ouverte au président de la République et aux « Attila » de l’éducation
Pour l’écrivain, la réforme des programmes scolaires du gouvernement condamne à l’oubli tout un pan de notre littérature. ]

« Monsieur le Président de la République,

Plus d’une fois, vous avez souligné l’importance que vous attachiez aux problèmes de la jeunesse, de l’éducation et de la culture. Voilà que votre ministre de l’Éducation nationale se propose de faire adopter une réforme des programmes scolaires qui entraînerait, à plus ou moins brève échéance, un affaiblissement dramatique de l’enseignement du latin et du grec et, par-dessus le marché, de l’allemand.

Cette réforme, la ministre la défend avec sa grâce et son sourire habituels et avec une sûreté d’elle et une hauteur mutine dignes d’une meilleure cause. Peut-être vous souvenez-vous, Monsieur le Président, de Jennifer Jones dans La Folle Ingénue ? En hommage sans doute au cher et grand Lubitsch, Mme Najat Vallaud-Belkacem semble aspirer à jouer le rôle d’une Dédaigneuse Ingénue. C’est que son projet suscite déjà, et à droite et à gauche, une opposition farouche.

On peut comprendre cette levée de boucliers. Il y a encore quelques années, l’exception culturelle française était sur toutes les lèvres. Cette exception culturelle plongeait ses racines dans le latin et le grec. Non seulement notre littérature entière sort d’Homère et de Sophocle, de Virgile et d’Horace, mais la langue dont nous nous servons pour parler de la science, de la technique, de la médecine perdrait tout son sens et deviendrait opaque sans une référence constante aux racines grecques et latines. Le français occupe déjà aujourd’hui dans le monde une place plus restreinte qu’hier. Couper notre langue de ses racines grecques et latines serait la condamner de propos délibéré à une mort programmée.

Mettre en vigueur le projet de réforme de Mme Najat Vallaud-Belkacem, ce serait menacer toute la partie peut-être la plus brillante de notre littérature. Montaigne et Rabelais deviendraient vite illisibles. Corneille, Racine, La Fontaine, Bossuet changeraient aussitôt de statut et seraient difficiles à comprendre. Ronsard, Du Bellay, Chateaubriand, Giroudoux ou Anouilh - sans même parler de James Joyce- tomberaient dans une trappe si nous n’apprenions plus dès l’enfance les aventures d’Ulysse aux mille ruses, si nous ignorions, par malheur, qu’Andromaque est la femme d’Hector, l’adversaire malheureux d’Achille dans la guerre de Troie, si nous nous écartions de cette Rome et de cette Grèce à qui, vous le savez bien, nous devons presque tout.

Les Anglais tiennent à Shakespeare, les Allemands tiennent à Goethe, les Espagnols à Cervantès, les Portugais à Camoens, les Italiens à Dante et les Russes à Tolstoï. Nous sommes les enfants d’Homère et de Virgile - et nous nous détournerions d’eux ! Les angoisses de Cassandre ou d’Iphigénie, les malheurs de Priam, le rire en larmes d’Andromaque, les aventures de Thésée entre Phèdre et Ariane, la passion de Didon pour Énée font partie de notre héritage au même titre que le vase de Soissons, que la poule au pot d’Henri IV, que les discours de Robespierre ou de Danton, que Pasteur ou que Clemenceau.

Il n’est pas permis de faire parler les morts, mais il est impossible de ne pas imaginer les réactions d’un Claude Lévi-Strauss ou d’une Jacqueline de Romilly aux rêveries meurtrières de Mme Vallaud-Belkacem. Traitées de « pseudo-intellectuels » par une ministre qui ne doute de rien et surtout pas d’elle-même, les plus hautes autorités intellectuelles et culturelles du pays n’ont pas tardé, en tout cas, à exprimer leurs inquiétudes. Auteur de ces livres phares que sont L’État culturel ou La République des lettres, Marc Fumaroli, tout en reconnaissant que la ministre n’était pas la seule responsable d’une situation désolante, a pris dans ce journal la défense du latin et du grec : « Mme Vallaud-Belkacem s’apprête à donner le coup de grâce à ces deux matières sur lesquelles, depuis le XVIe siècle, tout l’enseignement secondaire français, quel que soit le régime, a été fondé. » Dans l’hebdomadaire Marianne, Jacques Julliard, qui n’est pas suspect de partialité, s’écrie : « Notre littérature est le bien le plus précieux. Je le dis tout net : si je devais me convaincre que la gauche est, à son corps défendant, l’agent de la marginalisation de notre littérature dans la France moderne, je n’hésiterais pas une seconde : ce n’est pas avec notre littérature, notre patrie quotidienne, que je couperais. Ce serait avec la gauche. » Et Régis Debray, avec sa force et sa lucidité coutumières : « Ce que je crains, c’est une école qui ferait de l’élève un client. Quand on attaque la mère, le latin, je crains pour la fille, le français. » Et Pierre Nora : « C’est l’expression d’une France fatiguée d’être elle-même, d’un pays qui ne sait pas trop où il va et ne sait donc pas dire d’où il vient. » Et François Bayrou : « Dégueulasse. » Et Luc Ferry : « C’est un désastre. » Je me demande ce que pense de la réforme un grand esprit comme Paul Veyne qui nous a donné récemment une belle traduction de l’Énéïde de Virgile.

Renoncer aujourd’hui à cette longue tradition qui se transmet depuis des siècles de génération en génération, à ce que les Lumières et la gauche de Jaurès, de Herriot et de Blum appelaient les humanités, c’est condamner demain à l’oubli tout un pan immense de notre littérature. Et pour le remplacer par quoi ? Par un journalisme de bas étage, par une vague et fumeuse interdisciplinarité qui reste très obscure, par un pédagogisme théorique et abstrait, par un charabia pire que celui des Précieuses de Molière, par cette Novlangue à la mode où un « référentiel bondissant » est l’autre nom d’un ballon.

Nous pourrions naturellement vivre sans Homère, sans Montaigne, sans Corneille et sans Racine. Et leur substituer des circulaires administratives, des publicités commerciales, toute une panoplie d’usines à gaz au bord de l’hébétude et de bonnes intentions inutiles et navrantes. Mais nous sommes encore quelques-uns à croire que nous vivrions plutôt moins bien. Mme Najat Vallaud-Belkacem est pour la littérature et la culture de ce pays un Terminator de charme, une sirène séduisante dont il faut s’éloigner au plus vite, une espèce d’Attila souriante derrière qui les vertes prairies de la mémoire historique ne repousseraient plus jamais.

Monsieur le Président de la République, une réglementation abusive, des freins multiples et constants à toute économie souple et vivante, des impôts absurdes et écrasants qui ne cessent d’alimenter le chômage présentent assurément beaucoup d’inconvénients. Ils ne sont rien ou presque rien à côté de l’entreprise de démolition collective, d’obscurantisme et de haine de soi-même à laquelle se livre votre ministre de l’Éducation nationale. « Rompre avec les choses réelles, écrit Chateaubriand, ce n’est rien. Mais rompre avec les souvenirs !… »
Vous avez dit et répété que vous étiez responsable de tout ce qui se faisait en votre nom. L’avenir de nos enfants est aujourd’hui en jeu. Ne laissez pas dépérir nos biens les plus précieux : notre langue, notre littérature, notre culture. Ne soyez pas aux yeux de l’histoire le président qui aura tiré un trait final sur plus de mille ans de littérature française.

JEAN D’ORMESSON pour "Le Figaro ".

LES VOIVRES 88240 29/06/2015 11:39

Je mène un combat beaucoup plus modeste mais un peu plus réaliste à mon avis. Mon souhait en tant que bibliothécaire c'est que tous les enfants sortent de l'école primaire en sachant lire et écrire et qu'en venant à la bibliothèque ils apprennent à aimer la lecture. Qu'ils lisent même si c'est une Bd mais qu'ils lisent. Si ce n'est pas le cas on voit comme c'est le cas des jeunes qui à 20 ans sont presque incapable de lire parce qu'ils ne pratiquent plus et oublient tout.
J'ai eu le plaisir de travailler avec l’institutrice de Les Voivres et ses élèves qu'elle sait instruire et motiver, là tout va bien.
Mais en tant que parent d’élèves j'ai vu sur les carnets scolaires de mes enfants qu'ils portaient les meilleures notes de la classe et les plus mauvaises. Quand dans plusieurs matières un tiers des élèves flirte avec le 5 de moyenne et certains avec le zéro il ne me semble pas possible de demander à toute une classe d'apprendre le latin et le grec.
Par contre tenir cas des plus faibles ne demande pas de niveler par le bas les meilleurs. Il semble que ce soit un des reproches que l'on entend le plus souvent à propos de cette réforme