La "Bataille" des Voivres : 18 juin 1940

par LES VOIVRES 88240  -  20 Juin 2015, 05:58  -  #HISTOIRE

	  La "Bataille" des Voivres : 18 juin 1940

Monsieur Noêl Jean qui a écrit cet article a mis le mot Bataille entre parenthèse. Et pourtant même si elle fut très brève, nous savons maintenant que c'était bien une bataille, pas un simple accrochage.

Trop longtemps les documents relatant cette journée sont demeurés non pas cachés, mais ignorés.

Ignorés par les élèves de Monsieur Felberg l'instituteur qui a rédigé 5 actes de décès sur les registres de la mairie, qui a demandé à ceux ci de fleurir et d'entretenir les tombes des trois soldats enterrés au cimetière de les Voivres et qui semble t'il ne leur a jamais dressé le bilan exact de cette journée.

Ignorés pendant des années par plusieurs générations d'habitants de Les Voivres et par moi-même qui n'a régi qu'en lisant le récit de cette bataille dans les mémoires du capitaine Couëtdic envoyées par son fils au maire Michel Fournier

"- Mais, c'est les copies des registres de la mairie, l'année 1940 est là depuis 6 mois sous ton nez !"

Effectivement les noms de 5 tués étaient inscrits, 3 le 18 juin et 2 en décembre.

Et ensuite nous apprenons qu'un sixième est mort des suites de ses blessures à Bains les Bains.

Quelques jours se passent . Le lieutenant colonel Gagnaire nous apprend maintenant que 2 autres soldats blessés sont morts dont un à Golbey.

Huit tués, la question ne se pose pas, c'était une bataille.

Il demeure une interrogation :

"- Pourquoi les chiffres exacts ont été tus et ignorés par les habitants de Les Voivres ?"

Savoir ceci permettrait sans doute de mieux comprendre le climat de cette époque, comment l'information circulait, s'il y avait une auto-censure exercée par la population occupée, si la propagande officielle avait réussi à déshonoré les combattants de juin 1940 à un point tel que nul ne pouvait imaginer qu'ils s'étaient battus.

Mr Noël avait donné l'autorisation de faire un copier coller de son article mais il est préférable de partager le lien pour ne pas dénaturer son travail sur le devoir de mémoire.

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N
« Savoir ceci permettrait sans doute de mieux comprendre le climat de cette époque, comment l'information circulait, s'il y avait une auto-censure exercée par la population occupée, si la propagande officielle avait réussi à déshonorer les combattants de juin 1940 à un point tel que nul ne pouvait imaginer qu'ils s'étaient battus. »
Effectivement, je trouve qu'aux Voivres - mais je l'avais déjà écrit - il règne un certain "blackout" sur cette époque; Marie Houillon, elle-même ne me contredirait pas, car, dans sa plaquette, elle est on ne peut plus timide, voire timorée, sur cette période. Elle a dû être confrontée, en matière de témoignages (écrits et oraux) aux mêmes problèmes que nous
Après ce combat du 18 juin, il serait intéressant de savoir comment s'est passée l'occupation, la collaboration, la résistance éventuelle (ma marraine Josette Morel m'a affirmé - sans en apporter la preuve - que sa mère en avait fait partie, notamment en soignant des blessés en 1944, arrivés d'Epinal, du côté du Chaudiron), la libération (l'épisode du pipeline en fait forcément partie), voire l'épuration, le rationnement, etc..
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L
Yeux bleus, oui
N
Pour répondre au commentaire du 20/06, Renée, la mère de ma marraine et veuve depuis 1940 (mari tué à Veules les Roses, près de Dieppe) "naviguait" entre la maison de ses parents, les Marchand (les "Grands popos" ) du Beaulieu et Bains-les-Bains.
Ceux-ci possédaient un dépôt de pain provenant de la boulangerie Breton je crois et, pas plus tard que hier soir, ma marraine me disait au téléphone se souvenir - en tout bien, tout honneur - de "Dédé" Munier qui venait y chercher du pain.
Elle avait donc 5 ans et lui peut-être 12 ou 13. Elle m'a dit aussi l'avoir revu une fois depuis, à une réunion du "Club", et « qu'il avait toujours ses beaux yeux bleus ».
N
Ce qui confirmerait grosso modo le message (que j'avoue avoir oublié) de Bernard en date du 20 mars 2015 :

« Des prisonniers hindous internés dans un camp à Epinal réussirent à s'évader à la faveur de ce bombardement. Trois d'entre eux vinrent se réfugier au 5 Le Chaudiron chez Elie Munier.
L'un d'eux gravement blessé est mort peu après. D’après la rumeur ses camarades l'aurait jeté dans l'étang Alexandre situé à 200 mètres derrière la maison.
Tous ceux qui les ont vus gardent le souvenir de leurs longs cheveux qu'ils roulaient en chignon avant de les mettre sous leur turban.
Il s'agissait certainement de Sikhs qui se sont toujours enrôlés en grand nombre dans l'armée anglaise »
N
« Le 11 mai 1944, quatre vagues de bombardiers américains lancent leurs bombes sur la gare. Hélas, au lieu d'attaquer en longeant la voie ferrée, ils lâchent leurs bombes sur Chantraine, la gare, la ville vers la Moselle. Le 23 mai ils reviennent et déversent un déluge sur la gare. Les Spinaliens auront 113 tués et plus de 600 blessés.»
Toujours selon ma marraine (5 ans à l'époque), il s'agissait effectivement de deux (H)indous. Le corps du mort aurait été, je la cite : « coulé (peut-être temporairement) dans un étang situé au bas de la côte du Chaudiron » pour éviter d'éventuelles représailles. Imagination bouillonnante, légende ou réalité ? Elle semble ignorer la suite de "l'histoire".
L
J'ai effectivement entendu parler par mes parents d'Indous qui se sont évadés lors du bombardement de la gare dont un qui était blessé et qui est mort ensuite.
Par contre je ne sais pas où habitait la mère de votre marraine. Je ne sais ce que sont devenus les autres mais je n'ai pas entendu dire qu'ils avaient été repris par les allemands. Il faut donc croire que personne ne les a dénoncé car tout le hameau et certainemnt tout le village était au courant.