Les combats dans les Vosges pendant les deux guerres

par LES VOIVRES 88240  -  16 Mai 2015, 06:47  -  #HISTOIRE

Les combats dans les Vosges pendant les deux guerres

Le plan Shlieffen prévoyait que les troupes allemandes massées aux frontières en 1914 envahiraient la France et pivotant sur un axe Vosges-Mer du Nord pousseraient les armées françaises devant elles dans un premier temps.

L'aile droite devait ensuite prendre la direction du Sud et se rabattre sur Paris pour finir l’encerclement de nos armées.

C'est au cours de cette dernière manœuvre que les reconnaissances aériennes permirent de trouver une faille dans le dispositif allemand et de contre attaquer aux cours des journées qui vont rester dans l'histoire sous le nom de la Bataille de la Marne.

Ce nom pourrait faire oublier que l'ordre d'arrêter la retraite puis de contre-attaquer fut donné aux combattants sur tout le front.

Les Vosges où les allemands furent stoppés en premier permirent à toutes les armées françaises de s'appuyer sur ce point d'ancrage et de mener leurs combats sans risquer d'être débordées sur leur droite. C'est ce rôle qu'elles tinrent pendant tout le conflit obligeant l'ennemi s'il voulait percer à réussir une attaque frontale.

C'est une des raisons pour laquelle malgré les difficultés dues au relief et au climat, chaque camp s'efforça de prendre les sommets de la chaîne vosgienne.

Les combats dans les Vosges pendant les deux guerres
21 mai 2015 Epinal, Hôtel du département " Guerre des Vosges, Guerre de Montagne "
21 mai 2015 Epinal, Hôtel du département " Guerre des Vosges, Guerre de Montagne "
21 mai 2015 Epinal, Hôtel du département " Guerre des Vosges, Guerre de Montagne "
21 mai 2015 Epinal, Hôtel du département " Guerre des Vosges, Guerre de Montagne "
21 mai 2015 Epinal, Hôtel du département " Guerre des Vosges, Guerre de Montagne "

21 mai 2015 Epinal, Hôtel du département " Guerre des Vosges, Guerre de Montagne "

Voici une copie des registres d'état civil de la mairie de Les Voivres où sont portés les noms des cinq soldats français tués au village pendant les combats du 18 juin 1940.

Trois ont été inscrits sur ces registres le jour même mais deux ne furent déclarés qu'au mois de décembre. D’après certains témoignages, ces deux combattants auraient été dans un premier temps enterrés à la hâte au Nord du village.
Cela expliquerait que dans les souvenirs de tous les témoins il y eut seulement trois corps mis en bière.

Joseph Ferrand

Joseph Ferrand

Raoul Boutin, Rakotojonina.

Raoul Boutin, Rakotojonina.

Jean Monfort, Jean Toullec, certainement enterrés provisoirement au Nord du Village.

Jean Monfort, Jean Toullec, certainement enterrés provisoirement au Nord du Village.

Il est de bon ton d'opposer les glorieux Poilus de 1914 à la " débâcle " de 1940.

Ce serait oublier un peu vite qu'il y eut presque autant d'hommes tués pendant la retraite de 1940 que pendant la même période en 1914 . Mais le plus souvent ces derniers, comme ce fut le cas pour les morts de Les Voivres, sont morts pour l'honneur car ils ne retardèrent que de quelques minutes l'avance allemande.
Les villageois étaient-ils déjà convaincus que juin 1940 n'avait été qu'une fuite indigne pour oublier qu'il n'y eut pas 3 mais 5 soldats tués par l'ennemi le 18 juin à Les Voivres , plus au minimum 3 autres qui périrent des suites de leurs blessures reçues sur le sol de la commune.

Quoiqu'il en soit, entre Xertigny et Les Voivres ces combats furent meurtriers.

Pour les survivants, quelle alternative ?

Vers le Sud, vers Dijon, les allemands étaient déjà à Bains les Bains.

Vers le massif vosgien.

Les allemands étaient déjà à Épinal.

Il restait le départ vers le camp de la Misère de Bains les Bains ou celui d'Epinal où après quelques formalités tout le monde retrouverait sa famille.

70 ans après, il est facile de prédire l'avenir. Ce fut le départ pour la captivité car même ceux qui purent se réfugier dans le massif des Vosges furent " faits aux pattes".

Ils furent une dizaine soldats de Les Voivres a signer pour 5 ans ou pour l'éternité. Certains comme Mr Jean Lambert sont partis en croyant en toute bonne foi qu'il ne s'agissait là que d'une simple formalité avant d'être démobilisés.

Il faut dire que tout le monde, autorités civiles françaises et armées allemandes, abondait dans ce sens.

Or ceux qui n'ont pas obéi aux ordres officiels de se rendre, certainement parce qu'ils se méfiaient, tel Monsieur Felberg l'instituteur, lui-même secrétaire de Mairie, n'ont jamais été inquiétés.

Étrange captivité où certains partirent après être dénoncés par leurs voisins.

Étrange captivité où il n'y avait que le fil du rasoir entre beaucoup de camps et les camps de concentrations.

Étrange captivité où les prisonniers français n'avaient pour défendre leurs droits et vérifier que les sacro-saints " accords de Genève " étaient respectés qu'un ancien combattant aveugle, Scapini, et un autre ancien combattant, encore plus aveugle. Cette situation a permis que les Conventions de Génève concernant les prisonniers de guerre soient foulées aux pieds par les vainqueurs.

Ont été faits prisonniers des soldats qui ne se sont rendus qu'après l'armistice.

Ont été enrôlés de force dans l'armée allemande des soldats français.

Ces mêmes soldats ont du travailler dans des entreprises de fabrication d'armes.

De nombreux camps furent installés dans des endroits stratégiques pour que les hommes servent de bouclier humain en cas de bombardement par les alliés.

Étrange captivité où si les prisonniers ne formaient aux yeux des allemands, qu'un troupeau honteux, il fallait quand même 2 STO pour en remplacer un.

Et à leur retour la plupart se sont tus car, pour une grande partie de la population, gagnée par la version officielle, ils avaient le statut de vaincus, ils représentaient la débâcle.

Ils n’avaient pourtant pas du courir bien vite pour se mettre à l'abri tous ceux qui sont morts pendant la Campagne de France.

Et nous maintenant, profitons d'une cérémonie du souvenir pour, quand tous les discours auront été dit, nous demander en toute honnêteté si à leur place, sacrifiés, sans munitions, nous aurions été aussi braves.

Serions nous restés debout ?

Aurions nous dit comme ils l'on fait :

Les combats dans les Vosges pendant les deux guerres

N'ayant jamais, à l'épreuve du feu eut l’occasion de prouver ma bravitude même si en d'autres circonstances où je ne risquais pas ma précieuse peau, j'ai décidé de dire "NON " je ne peux prétendre que j'aurais été, en ces sombres années, un juste.

Un officier français fait prisonnier au Donon, après l'armistice raconte comment il a été trompé par les allemands et emmené en captivité au mépris des conventions de reddition.

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N
- « Ils furent une dizaine soldats de Les Voivres a signer pour 5 ans ou pour l'éternité. Certains comme Mr Jean Lambert sont partis en croyant en toute bonne foi qu'il ne s'agissait là que d'une simple formalité avant d'être démobilisés. »
- « Mon grand père a participé en tant que combattant à Juin 1940 et en tant que prisonnier à la défaite allemande de 1945. » (article du 19 mars 2015)
- Andreux (Georges), 7-4-15, Les Voivres, serg.-c, 12° R.A. Si. IX A. (trouvé dans une partie de la liste officielle des prisonniers de guerre français fournie par les autorités allemandes)
* Si = probablement le stalag de Ziegenhain (dont on sait que Mitterand y fut aussi "hébergé").
Voici donc 3 ressortissants de Les Voivres (le grand-père Munier, Jean Lambert et Georges Andreux) parmi « la dizaine de soldats à signer pour 5 ans (ce que je comprends) ou pour l'éternité (ce que je ne comprends pas) » pour lesquels il devrait être encore possible d'avoir quelques éléments ou/et éclaircissements.
Répondre
N
Vu mais cela ne donne pas beaucoup de "grain à moudre".
L
Tous ceux de Les Voivres sont revenus mais comme beaucoup, ils auraient pu mourir en captivité
De mémoire on peut aussi ajouter Mr Morel le père de Françoise Chassard, Mr Thierry, père de Jacki, Mr Peutot Marcel et d'autre dont je ne suis pas sûr de l'orthographe, Deux fils Counet du grand Bois, Mr Guerre du Moulin, Mr Dautreville du Moulin