Combats du 18 juin 1940 à Les Voivres

par LES VOIVRES 88240  -  2 Mai 2015, 06:14  -  #HISTOIRE

Souvenirs du 2ème Cst Farard

Souvenirs du 2ème Cst Farard

Bonjour.

Je suis le lieutenant colonel Loïc GAGNAIRE, du 11ème régiment d'artillerie de Marine de Saint Aubin du Cormier en Ille et Vilaine. Mon régiment est l'héritier du 11ème RALC dont il a l'historique. Je suis le conservateur de la salle d'honneur du régiment dans laquelle cet épisode est bien mentionné et visible.

Depuis 10 ans, je cherche des renseignements sur les combats de Voivres. J'avais eu un contact autrefois avec Mr Brogini qui m'avait transmis son témoignage.

Le post que vous venez de mettre en ligne retranscrit la totalité des informations que je possédais déjà et donc malheureusement, je ne peux pas vous apporter beaucoup plus de précisions. Vous avez d'ailleurs des documents, notamment la carte manuscrite qui aurait bien sa place dans notre salle d'honneur.

J'avais écrit il y a quelques années à la mairie mais mon courrier n' avait été guère suivi. Dommage car vous aviez des documents très intéressants

Je peux vous donner quelques précisions..

Pour son action aux Voivres, la 10ème batterie a été citée à l'ordre de l'armée.

J'ai retrouvé la fille de Farard. Son père est bien grièvement blessé aux Voivres mais il décède à l'antenne du médecin Gast à Bains les bains le même jour. Dans notre salle d'honneur, nous avons, outre son portrait, son étui à cigarettes traversé par la balle allemande qui l'a tué. C'est sans doute un de vos concitoyens qui a du récupérer cet étui pour qu'il soit remis à la famille.

L'adc Monfort est tué l'arme à la main sans doute devant sa barricade dans la rue principale. C'est surprenant que votre état civil ne mentionne que 3 décès car il y en a bien eu 4 sur place.(Monfort, Rakotyonina, Ferrand et Boutin). Au moins deux autres blessés décéderont des suites de ce combat et je suis surpris de ne pas les voir dans le récit de Couëtdic (il faut dire que cela ne devait pas être simple à cette époque surtout que Couëtdic avait rejoint la résistance). Il s'agit de Lohard, mort à Golbey (88) et Boutigny. Au total 8 morts (au moins) pour ce combat très rude.

Je vous raconte cela de mémoire. mes documents sont ailleurs. Je vais les regarder de prés pour essayer de vous apporter des précisions.

En marge de ces récits, je cherche toujours la trace du fanion de la 10ème batterie? Couêtdic a fait détruire ses archives derrière la barricade mais il aurait(au conditionnel) caché son fanion sur place. C'est une relique que le régiment recherche depuis longtemps. Si vous avez des informations sur ce fanion, je suis preneur.

Si vous le souhaitez je vous donne mes coordonnées Tph personnelles. N'hésitez pas

Merci de vous intéresser à cette page d'histoire de notre régiment et de votre village.

Et comme on dit parfois en généalogie: "ils seront pas morts tant que l'on prononcera leurs noms"

Très cordialement

Loïc GAGNAIRE

Combats du 18 juin 1940 à Les Voivres

Bonsoir.

Au cas où cela pourrait vous être utile, je vous envoie la fiche signalétique d'objet muséal du Bigor FARARD.

Vous trouverez également une copie de la citation de la 10ème batterie dans laquelle le nom de votre village est cité.

Si vous avez besoin d'autres choses, n'hésitez pas

Cordialement

Loïc GAGNAIRE

Combats du 18 juin 1940 à Les Voivres
Combats du 18 juin 1940 à Les Voivres

Nous remercions encore une fois le Lieutenant Colonel Loïc GAGNAIRE pour ces documents qui complètent ceux que nous avons déjà.

Nous confirmons qu'il y a bien eu 5 tués à Les Voivres déclarés sur l'état civil de la Mairie :

-Adj-chef Monfort

-2ème Cst Rakotajonina

-2ème Cst Toullec

-2ème Cst Boutin

-2ème Cst Ferrand

Combats du 18 juin 1940 à Les Voivres
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B
J'ajoute une précision, ces trois soldats ont été inhumés à l'angle nord ouest du cimetière, selon les directives du maire, mon père a participé au creusement des tombes. Chaque dimanche, nous allions nous recueillir sur ces tombes fleuries par des personnes dévouées du village. J'avais récupéré un casque français que j'avais placé au sommet de la croix.
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B
Certes, l'état civil de la mairie des Voivres recèle 5 tués le 18 juin 1940, pour ce qui concerne les combattants tués à l'entrée des Voivres, il y avait bien trois soldats reposant côte à côte derrière la ferme d'André Fréchin, dont le soldat d'origine malgache. Je suis allé les voir comme tout gamin curieux et vivant une période exceptionnelle. Selon toute vraisemblance les deux autres soldats auraient été tués à la sortie des Voivres, question à poser à Roger Alexandre, un ancien du village qui a vécu l'arrivée de l'armée allemande.
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N
Au cours de mes recherches et à la lecture de ce blog, j'avais bien fait le rapprochement entre un post de la commune d'Irvillac avec laquelle j'avais tenté de prendre contact - message resté sans réponse - (voir ci-dessous) et la proposition du LCL Gagnaire du 24 04 2015, concrétisée par ces documents.

► CEREMONIE DU 11 NOVEMBRE 2013 Irvillac
Texte de l'allocution de Jean-Noël LE GALL maire
La cérémonie d’aujourd’hui revêt un caractère particulier. C’est la première fois en effet que nous honorons la mémoire des combattants morts à l’occasion de conflits postérieurs aux deux dernières guerres mondiales.
Conformément à la loi 2012-273 du 28 Février 2012, nous avons fait inscrire cette année sur le monument aux morts les noms de deux enfants de la commune qui sont décédés au cours de ces conflits.
Nous avons également fait inscrire le nom d’un combattant de la deuxième guerre mondiale, qui ne figurait pas sur le monument et qui est décédé dans les Vosges, le 18 juin 1940, en tentant de stopper l’avance de l’armée allemande. Il s’agit de Jean MONFORT, né le 5 mai 1905 à Irvillac, au lieu-dit « Moulin du Bois », de Jean Victor MONFORT, tailleur de pierre, et de Marie Jeanne DOLOU, ménagère, domiciliés à cette adresse.
Jean MONFORT était militaire de carrière au 11ème Régiment d’Artillerie Coloniale lorsqu’il est mort pour la France lors des combats de Voivres, dans les Vosges. L’Adjudant Chef MONFORT commandait un groupe d’artilleurs et a permis à plusieurs de ses camarades d’avoir la vie sauve, en stoppant pendant deux heures l’avance de la 6ème Division de panzer qui comptait 300 véhicules blindés. Pour ces faits d’armes, l’Adjudant Chef MONFORT aurait du obtenir la croix de guerre 1940 avec citation et la médaille militaire à titre posthume mais le Lieutenant Colonel GAGNAIRE, conservateur de la salle d’honneur du 11ème Régiment d’Artillerie de Marine de RENNES, n’a pas été en mesure de le confirmer. Il nous a néanmoins transmis le récit des combats de Voivres qui témoigne de la bravoure de cet enfant d’Irvillac.
Nous avons recherché en vain des membres de sa famille et nous regrettons qu’aucun d’eux n’ait pu assister à la cérémonie d’aujourd’hui.

► Mon message envoyé à Irvillac le 17-03-2015
Bonjour,
« Il nous a néanmoins transmis le récit des combats de Voivres qui témoigne de la bravoure de cet enfant d’Irvillac » :
Faisant des recherches concernant les combats ayant eu lieu à Les Voivres (88), mon village natal et ayant lu un article concernant l'Adjudant-chef Jean Monfort né dans votre commune et tué à Les Voivres le 18 juin 1940, auriez vous l'amabilité de bien vouloir me transférer ce récit ?
Par avance, je vous remercie.
Jean NOËL
► Au passage, cette phrase, du LCL Gagnaire « Et comme on dit parfois en généalogie : "ils seront pas morts tant que l'on prononcera leurs noms"», représente pour moi une signification extrêmement importante puisque, dans ma petite brochure "Pour une parcelle de paix" en hommage à mes camarades Casques blancs tués à Beyrouth, je l'avais, en quelque sorte, mise en exergue, page 13 intitulée In memoriam : « D'abord, on ne meurt vraiment que lorsque le nom du disparu n'est plus prononcé ». C'était alors François-Régis Hutin, patron du journal "Ouest-France", qui l'avait écrite dans son éditorial du 22-23 août 2009.
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