Les bons beignets de carnaval

par LES VOIVRES 88240  -  3 Février 2015, 06:09  -  #HISTOIRE

Les bons beignets de carnaval
Les bons beignets de carnaval
Les bons beignets de carnaval

Article envoyé par Pierre Broggini

La traditionnelle confection des beignets de « carnaval » remonte aux calendes grecques, c’est à dire plusieurs fois centenaires.

Les recettes se sont ordinairement transmises de génération en génération, les enfants, en effet, ont toujours regardé d’un œil gourmand la métamorphose opérée : une

pâte étalée sous l’action du rouleau ou à défaut d’une bouteille, découpée en carrés, losanges ou triangles que la ménagère jette dans l’huile bien chaude, ils deviennent des objets biscornus, boursouflés et dorés, appétissants à souhait. Quel délice pour les enfants, lors d’un mercredi après-midi, lorsque la mamie présente au moment du goûter, un plat de beignets tant convoités lors de leur cuisson.

À l’origine, les boules da pâte, appelées pâtons, étaient réalisés avec de la farine venant tout droit du moulin et d’œufs pondus par des poules en liberté, nourries au grain, production de la maison. Même les pauvres mettaient ces délicieux beignets au menu du repas de midi et au goûter de quatre heures.

La confection des beignets de carnaval coïncide avec le renouveau qui s’opère dans la nature, l’arrivée des premiers oiseaux de printemps et la poussée des pissenlits dans les taupinières des pâturages encore vierges de bétail.

Je me souviens lorsque j’étais gamin, j’allais souvent chez Roger, un agriculteur des VOIVRES, je savais que sa maman, Marie Caton, une brave fermière, une femme généreuse dont les talents de pâtissière étaient reconnus à dix lieues à la ronde, confectionnaient les meilleurs beignets, je dirai du village. Un jeudi, jour sans école à l’époque, j’ai assisté à la confection de ces beignets, ça tombait bien et c’est avec des yeux écarquillés que j’ai suivi le travail de la pâtissière. Tout d’abord, elle prend soin de tamiser la farine qui venait tout droit du moulin Steibel de Méloménil, « il ne faut pas de grumeaux » dit-elle, ensuite elle est allée choisir des œufs dans le poulailler de la ferme, je l’aie suivie pour savoir comment elle procédait, son choix allait à ceux des poules noires qui, soit disant, étaient bien meilleurs que ceux des poules brunes, puis le sucre en poudre, sorti du haut du buffet, acheté au Caïfa, cet épicier qui sillonnait les rues des villages avec son triporteur, ce sucre avait bon goût car les paquets étaient mêlés aux denrées diverses que vendait ce brave homme. Marie prend un gros saladier dans le bas du buffet et mélange farine, œufs, sucre, un peu de sel, de la levure, ces petits sachets roses à l’effigie d’une pâtissière alsacienne tenant dans sa main un gros gâteau, pas besoin de balance, « il faut bien pétrir la pâte » me dit-elle, en effet sous l’action de ses longs doigts noueux, la pâte prend forme, légèrement durcie par un jeté de farine prélevé dans le paquet sur la table. Pendant ce temps, je m’amuse avec la roulette crantée qui sert à découper la pâte. « Ne va pas la casser ! » sage recommandation « Non Marie » Je ne vais pas vous détailler le reste, étalage de cette pâte au rouleau découpage et cuisson, j’ai attendu impatiemment le goûter pour déguster, en famille, ce que Marie Caton avait réalisé pour satisfaire les envies de ceux qui étaient autour de la table.

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N
Encore une fausse manip... Lire : Je crois que ma mère les appelait "les corps renversés" et il est vrai que c'était un régal, de la préparation à la dégustation. Heureusement que Pierre précise que les beignets de Marie Caton (aurai-elle quelque chose à voir avec Roger Morel ?) étaient les meilleurs « au village » parce que, comme chacun sait, la cuisine de notre propre mère étant toujours la meilleure, les meilleurs beignets - mais du Moulin des Voivres - étaient donc ceux de ma mère !!!
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L
La recette 100 % locale et vosgienne c'était avec du saindoux, celui du cochon et ils étaient meilleurs au bout de plusieurs jours