Le plateau des Feugnottes sous le givre

par LES VOIVRES 88240  -  7 Janvier 2015, 06:55  -  #Qu'il est beau mon village

Le plateau des Feugnottes sous le givre

Liberté - Paul Eluard

Sur mes cahiers d’écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J’écris ton nom

Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J’écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J’écris ton nom

Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l’écho de mon enfance
J’écris ton nom

Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J’écris ton nom

Sur tous mes chiffons d’azur
Sur l’étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J’écris ton nom

Sur les champs sur l’horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J’écris ton nom

Sur chaque bouffée d’aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J’écris ton nom

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l’orage
Sur la pluie épaisse et fade
J’écris ton nom

Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J’écris ton nom

Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J’écris ton nom

Sur la lampe qui s’allume
Sur la lampe qui s’éteint
Sur mes maisons réunies
J’écris ton nom

Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J’écris ton nom

Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J’écris ton nom

Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J’écris ton nom

Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J’écris ton nom

Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attentives
Bien au-dessus du silence
J’écris ton nom

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J’écris ton nom

Sur l’absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J’écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l’espoir sans souvenir
J’écris ton nom

Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

Liberté.

Paul Eluard, Au rendez-vous allemand, 1945, Les Editions de Minuit

Sur le sable sur la neige

Sur les saisons fiancées

Sur la mousse des nuages

Être libre c'est aussi pouvoir admirer, que ce soit les œuvres de l'homme ou celles de la nature.

Nous avons la chance dans notre petit village, de pouvoir contempler tous les jours avec des yeux neufs, un paysage nouveau.

Après les images de ce poème découvrez le plateau des Feugnottes par un matin de givre.

Le plateau des Feugnottes sous le givre
Le plateau des Feugnottes sous le givre
Le plateau des Feugnottes sous le givre
Le plateau des Feugnottes sous le givre
Le plateau des Feugnottes sous le givre
Le plateau des Feugnottes sous le givre
Le plateau des Feugnottes sous le givre
Le plateau des Feugnottes sous le givre
Le plateau des Feugnottes sous le givre
Le plateau des Feugnottes sous le givre
Le plateau des Feugnottes sous le givre
Le plateau des Feugnottes sous le givre
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Le plateau des Feugnottes sous le givre
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Le plateau des Feugnottes sous le givre
Le plateau des Feugnottes sous le givre
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M
Pour moi; la commune par la politique qu'elle mène et par sa situation dans ce petit coin des Vosges est un espace de liberté et en bon français çà fout les boules.
Répondre
A
J'avais pensé à ce poème hier, pour Charlie, après avoir appris la nouvelle.
Ces photos sont superbes, si loin des cris et du sang.
Répondre
M
Non je ne suis pas devin, c'est une atroce coïncidence. J'en suis malade.je veux tout simplement vivre libre, je veux tout simplement que ceux qui m'entourent soient libres
Répondre
N
Je ne pense pas que Bernard soit devin, mais l'horrible attentat survenant quelques heures seulement après qu'il ait posté ce poème "Liberté" et les images paisibles de notre paysage voivrais prennent une étrange signification dans mon esprit.
Évidemment, il y aurait beaucoup à dire sur cette cruelle actualité dont le traitement ("journalistique", mais pas que) me laisse parfois pantois. Je reste conforté, moi qui ait eu une (modeste mais concrète) expérience de la folie meurtrière politico-religieuse des hommes, dans la certitude que nous ne comprenons pas grand-chose au cheminement tortueux de fous qui se réclament de Dieu.
L'année 2015 commence bien mal avec l'emploi insuffisant, le chômage en constante progression, le pouvoir d’achat en chute libre, des Politiques plus préoccupés par les (leurs) prochaines élections que par le sort des Français. Voila un attentat qui vient nous rappeler qu'à force de nous seriner - sans en apporter des preuves - qu'une vague d'attentats a été déjouée, celui-ci ne l'a pas été ; qu'à force d'intervenir partout en rognant sur le budget Défense et les personnels, il faut bien s'attendre à ce que nous soyons frappés au cœur de notre Pays... sans plus avoir la capacité de nous défendre ; que l'effet de surprise (sécurité apparemment allégée au siège du Journal) ne devrait pas être invoqué après de nombreuses menaces ; qu'il serait peut-être opportun de s'interroger aussi pour savoir - sans nécessairement la museler mais peut-être la modérer - jusqu'où va « la liberté de la Presse ».
En résumé, un acte terroriste malheureusement parfaitement réussi. Je m'incline devant les victimes et la douleur de leurs familles, mais sans vouloir faire peur et tout en m'associant à l'unité nationale demandée par les autorités, je crains que çà ne soit le premier d'une série dans un Pays qui vient encore de reculer d'un rang dans le classement des Nations, derrière l'Angleterre.
Répondre
N
J'ajoute que "C dans l'air", émission que je regarde régulièrement avec intérêt, vient de titrer celle d'aujourd'hui «La Liberté massacrée » et que, par ailleurs, son animateur Yves Calvi, a énoncé un principe que peu de nos responsables intègrent, celui que la notion de temps n'a pas la même valeur, pour faire simple, pour des Musulmans ou Orientaux que pour les Occidentaux.