Le 1er janvier 1941: appel du Général de Gaulle à la BBC

par LES VOIVRES 88240  -  2 Janvier 2015, 06:58  -  #HISTOIRE

Les français parlent aux français
Les français parlent aux français

En période de crise, il n'y a que l'action directe qui peut apporter des résultats. Que ce soit en 1941 ou en 2015 le petit peu que chacun fera peut amener une amélioration à la situation présente ou la faire changer.

En relisant les propos d'Aurélie Luneau nous voyons qu'un engagement pour faire bouger les choses peut être pris par chacun de nous.

Ce fut tout d’abord une guerre des mots à l’antenne, des appels à rejoindre Londres, et pour ceux qui n’en avaient pas la possibilité, des incitations à entrer en résistance passive, celle des esprits et du cœur. « Ne pas désespérer, garder l’espoir, ne pas armer le bras de l’ennemi, refuser l’occupation, se tenir prêt. » Mais la BBC fit rapidement basculer ses auditeurs dans une guerre d’action.

C’est le général de Gaulle qui en prit l’initiative, ayant eu vent de signes probants d’un creuset de résistance civile existant en France. Le 1er janvier 1941, il enjoignit les Français à faire le vide dans les rues de France, de 14h à 15h en zone libre et de 15h à 16h en zone occupée. « Aucun Français ne passera dans les rues de nos villes et de nos villages. Il ne s’y trouvera que l’ennemi ! », lança-t-il à l’antenne.

Après cette première tentative de mobilisation des Français, d’autres suivirent comme la fameuse campagne des V qui incita les compatriotes à tracer des V en signe de victoire partout en France, sur les murs, les arbres, les trottoirs… Le succès fut tel que les Allemands n’eurent d’autre solution que de récupérer le V à leur compte (V pour Victoria).

Les initiatives se poursuivirent à l’occasion d’anniversaires marquant l’histoire du pays, comme les 1er mai, les 14 juillet, les 11 novembre, dates auxquelles les speakers de Londres appelèrent les auditeurs à entrer en résistance « civile », non violente et à afficher leur opposition à la situation vécue en France. Des mots d’ordre de manifestation furent lancés à la population française, relayés en France par les mouvements de résistance et d’autres radios alliées (Radio Brazzaville, Radio Moscou à partir de l’été 1941, la Voix de l’Amérique, ou Radio Alger à compter du printemps 1943).

Aux dates et heures données, des cortèges d’hommes, de femmes et d’enfants défilèrent devant les monuments aux morts, sur les places publiques, devant les mairies, par milliers, certains arboraient les trois couleurs nationales, d’autres le V de la victoire.

La radio de Londres s’était muée en meneur de foule, avec l’espoir, le jour venu, de coordonner ces forces auxiliaires et de s’assurer de leur soutien en vue de la libération ! En cette même période, cette expérience radiophonique de la résistance est unique en son genre. La BBC s’est muée en une arme de guerre redoutable, donnant un temps d’antenne à des gouvernements en exil et à la France libre du général de Gaulle.

Le 18 juin 1940, la radio fut son porte-voix. Elle lui a donné une stature et en a fait un homme vers lequel tous les espoirs convergeaient. Le porte-drapeau d’une résistance possible, outre-Manche, et l’homme du refus du renoncement face à l’ennemi nazi.

En cet été 1940, il ne s’agissait pas, pour lui, de prendre la tête d’une armée à l’étranger, mais d’être la voix de la France qui résiste. De Gaulle savait que la radio pouvait être une arme redoutable ; il s’en servit avec un sens du rythme et des mots qui allait captiver nombre d’auditeurs et lui permettre d’agréger autour de lui des forces de résistance indispensables pour la suite du combat.

Propos recueillis par Anaïs Lefébure pour JOL Press

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Aurélie Luneau est docteur en Histoire, diplômée en sciences politiques et journaliste. Elle a soutenu sa thèse sur le rôle de la BBC dans la Résistance, publiée sous le titre Radio Londres. Les voix de la Liberté. 1940-1944 (collection Tempus, 2010). Un livre audio (éditions Livrior) contenant des archives sonores est également disponible.

Faire le V de la Victoire n'a jamais permis de détruire un char, embaucher un cantrat d'insertion ou aider un chômeur à trouver du travail ne résoudra pas la crise mais cela permet dèjà à un homme de se tenir debout.

http://www.franceculture.fr/emission-sur-les-docks-la-liberte-au-bout-des-ondes-radio-londres-1940-1944-2014-05-08
http://www.franceculture.fr/emission-sur-les-docks-la-liberte-au-bout-des-ondes-radio-londres-1940-1944-2014-05-08
http://www.franceculture.fr/emission-sur-les-docks-la-liberte-au-bout-des-ondes-radio-londres-1940-1944-2014-05-08

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M
Je suis d'accord avec vous. Celui que je préfère c'est le colonel de char qui s'il avait pu faire comme il pensait aurait certainement été l'égal de Guderian ou d'un Rommel et ensuite l'incarnation de l'esprit de la France qui a permis que l'on ne se retrouve pas colonie des Etats-Unis
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N
C'est le De Gaulle que j'aime. L'autre, notamment celui de l'Algérie, me laisse perplexe.
Voici la dédicace que le colonel Antoine Argoud, Vosgien né à Darney, officier putschiste puis dirigeant de l'OAS, condamné à la détention criminelle à perpétuité mais amnistié en 1968, a bien voulu m'écrire dans son livre "La Décadence, l'Imposture, la Tragédie" : « Darney, le 31 octobre 93 - A Monsieur l'Adjudant-chef Noël - Cet ouvrage qui décrit le martyre de l'Algérie française, victime de l'imposture d'un homme et de la lâcheté de tout un peuple - Cordialement - Antoine Argoud ».
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