Il y 70 ans, la libération d'Auschwitz-Birkenau

par LES VOIVRES 88240  -  27 Janvier 2015, 13:36  -  #Histoire

Insurrection à Buchenwal par Boris Taslisky

Insurrection à Buchenwal par Boris Taslisky

Il y a 70 ans, le plus grand complexe bâti par des hommes destiné à l'extermination de l'Homme était libéré par l'armée Rouge.

Il est impossible de concevoir quelle a pu être la somme de souffrances accumulée dans cet endroit.

Les événements des derniers jours nous ont rappelé, que, contre la barbarie nous devons tout le temps être vigilants.

Si nous voulons rester debout, nous n'avons pas le droit de dire un jour :

"Nous ne savions pas."

Toutes ces dessins de Boris Taslisky ont été réalisé pendant son internement à Buchenwal

Toutes ces dessins de Boris Taslisky ont été réalisé pendant son internement à Buchenwal

Et s'il était à refaire
Je referais ce chemin
Une voix monte des fers
Et parle des lendemains

On dit que dans sa cellule
Deux hommes cette nuit-là
Lui murmuraient "Capitule
De cette vie es-tu las

Tu peux vivre tu peux vivre
Tu peux vivre comme nous
Dis le mot qui te délivre
Et tu peux vivre à genoux"

Et s'il était à refaire
Je referais ce chemin
La voix qui monte des fers
Parle pour les lendemains

Rien qu'un mot la porte cède
S'ouvre et tu sors Rien qu'un mot
Le bourreau se dépossède
Sésame Finis tes maux

Rien qu'un mot rien qu'un mensonge
Pour transformer ton destin
Songe songe songe songe
A la douceur des matins

Et si c'était à refaire
Je referais ce chemin
La voix qui monte des fers
Parle aux hommes de demain

J'ai tout dit ce qu'on peut dire
L'exemple du Roi Henri
Un cheval pour mon empire
Une messe pour Paris

Rien à faire Alors qu'ils partent
Sur lui retombe son sang
C'était son unique carte
Périsse cet innocent

Et si c'était à refaire
Referait-il ce chemin
La voix qui monte des fers
Dit je le ferai demain

Je meurs et France demeure
Mon amour et mon refus
O mes amis si je meurs
Vous saurez pour quoi ce fut

Ils sont venus pour le prendre
Ils parlent en allemand
L'un traduit Veux-tu te rendre
Il répète calmement

Et si c'était à refaire
Je referais ce chemin
Sous vos coups chargés de fers
Que chantent les lendemains

Il chantait lui sous les balles
Des mots sanglant est levé
D'une seconde rafale
Il a fallu l'achever

Une autre chanson française
A ses lèvres est montée
Finissant la Marseillaise
Pour toute l'humanité

Louis Aragon

Ballade de celui qui chanta dans les supplices -

 Il y 70 ans, la libération d'Auschwitz-Birkenau
 Il y 70 ans, la libération d'Auschwitz-Birkenau
 Il y 70 ans, la libération d'Auschwitz-Birkenau
 Il y 70 ans, la libération d'Auschwitz-Birkenau
 Il y 70 ans, la libération d'Auschwitz-Birkenau
 Il y 70 ans, la libération d'Auschwitz-Birkenau
 Il y 70 ans, la libération d'Auschwitz-Birkenau
 Il y 70 ans, la libération d'Auschwitz-Birkenau
 Il y 70 ans, la libération d'Auschwitz-Birkenau
 Il y 70 ans, la libération d'Auschwitz-Birkenau
 Il y 70 ans, la libération d'Auschwitz-Birkenau
 Il y 70 ans, la libération d'Auschwitz-Birkenau
 Il y 70 ans, la libération d'Auschwitz-Birkenau
 Il y 70 ans, la libération d'Auschwitz-Birkenau
 Il y 70 ans, la libération d'Auschwitz-Birkenau

Poèmes et dessins écrits de déportés dans les camps nazis et français en 1940-1945

Source : Fondation pour la mémoire de la déportation

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UNE POUPÉE À AUSCHWITZ

Sur un tas de cendre humaine une poupée est assise

C’est l’unique reliquat, l’unique trace de vie.

Toute seule elle est assise, orpheline de l’enfant

Comme autrefois elle l’était parmi ses jouets

Auprès du lit de l’enfant sur une petite table

Elle reste assise ainsi, sa crinoline défaite,

Avec ses grands yeux comme en ont toutes les poupées du monde

Qui du haut du tas de cendre ont un regard étonné

Et regardent comme font toutes les poupées du monde.

Pourtant tout est différent, leur étonnement diffère

De celui qu’ont dans les yeux toutes les poupées du monde

Un étrange étonnement qui appartient qu’à eux seuls

Car les yeux de la poupée sont l’unique paire d’yeux

Qui de tant et tant d’yeux subsiste encore en ce lieu,

Les seuls qui aient resurgi de ce tas de cendre humaine,

Seuls sont demeurés des yeux les yeux de cette poupée

Qui nous contemple à présent, vue éteinte sous la cendre,

Et jusqu’à ce qu’il nous soit terriblement difficile

De la regarder dans les yeux

Dans ses mains, il y a peu, l’enfant tenait la poupée,

Dans ses bras, il y a peu, la mère portait l’enfant,

La mère tenait l’enfant comme l’enfant la poupée,

Et se tenant tous les trois c’est à trois qu’ils succombèrent

Dans une chambre de mort, dans son enfer étouffant.

La mère, l’enfant, la poupée,

La poupée, l’enfant, la mère.

Parce qu’elle était poupée, la poupée eut de la chance.

Quel bonheur d’être poupée et de n’être pas enfant !

Comme elle y était entrée elle est sortie de la chambre,

Mais l’enfant n’était plus là pour la serrer contre lui,

Comme pour serrer l’enfant il n’y avait plus de mère.

Alors elle est restée là, juchée sur un tas de cendre,

Et l’on dirait qu’alentour elle scrute et qu’elle cherche

Les mains, les petites mains qui voici peu la tenaient.

De la chambre de la mort la poupée est ressortie

Entièrement avec sa forme et son ossature,

Ressortie avec sa robe et avec ses tresses blondes.

Et avec ses grands yeux bleus qui tout pleins d’étonnement

Nous regardent dans les yeux, nous regardent, nous regardent.

Moshe Schulstein – Auschwitz

 Il y 70 ans, la libération d'Auschwitz-Birkenau
 Il y 70 ans, la libération d'Auschwitz-Birkenau Il y 70 ans, la libération d'Auschwitz-Birkenau

Il n’avait que 24 ans lorsqu’il a été dénoncé comme résistant et envoyé à Auschwitz ; il venait, seulement deux ans plus tôt, de soutenir brillamment sa thèse de chimie. Ce n’est qu’à la libération du camp par l’Armée rouge, le 27 janvier 1945, que l’ampleur des violences commises par la barbarie nazie a été révélée. De ce camp de travail, de concentration et d'extermination qui a vu la mort de plus d'un million de personnes, Primo Levi sera parmi les 7500 à sortir vivant et l’un des 88 à revoir sa patrie.

Deux ans plus tard paraissait son premier livre, Si c’est un homme. C’est ainsi que débuta l’œuvre de sa vie, celle de témoigner inlassablement de ce qu’il avait vécu, jusqu’à sa mort en 1987.

Primo Levi , certainement vaincu par ses souvenirs, a mis fin à ses jours. Comme beaucoup d'autres il a réussi à exprimer l'indicible grâce à l'art.

Voici un texte partagé par Mr Jean Noël

Les Vosgiens tatoués, oubliés de l'histoire

Quant à la soi disant libération du camp d’AUSCHWITle 27 janvier 45 par les Russes...on devrait dire lorsque les russes sont entrés dans le camp, le 27 janvier, ils n’ont trouvé que quelques centaines de demi morts, de blessés, de malades à l’infirmerie ou errant dans le camp à la recherche de nourriture depuis 8 jours... Ces malheureux oui... ont été libérés mais les 17 et 18 janvier les SS évacuaient le camp brutalement, jetant sur les routes 60 000 détenus sous la neige sans nourriture ni repos

-les traînards abattus vers GLEIWITZ le train de la mort en wagons découvert et BUCHENWALD pour ma part.

Les troupes du Général KONIEV ont contourné le camp car il fallait exploiter au plus près la débâcle allemandeet arriver à BERLIN avant les américains. Lacompétition était russo

-américaine et nous ne comptions guère sur l’échiquier

des opérations militaires.

Le monde entier n’a connu l’existence des K.Z que lorsque PATTON l’américain est arrivé à OHRDRUFF le 9 ou 10 avril faisant venir le général EISENHOWER pour constater le massacre des détenus travaillant dans le tunnel une balle dans la tête ce fameux tunnel d’enfer plus terriblequ’AUSCHWITZ dernier refuge potentiel d’HITLER

Evacué par miracle, la veille sur un camion de déblais vers BUCHENWALD, pesant 40 kg mais très lucide, je sais ce qui

s’est passé.

J’aimerais en conclusion que l’on tire de l’oubli ces 4 500 français non juifs matriculés sur le bras gauche, dont 3 000 sont morts à AUSCHWITZ ou àl’évacuation du camp

.

Je n’oublie pas pour autant lesdizaines de milliers de juifspartis de France dont 3 000 seulement sont rentrés...mais il faut que

justice soit rendue à ces 4 500 français qui sont l’honneur de la France et ont

droit au devoir de mémoire. Marcel THOMAS déporté résistant.

Matricule 200422.

Chef de trentaine au maquis de Corcieux

Chevalier de la légion d'honneur

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NOEL 27/01/2015 14:49

Que dire face à l'indicible ? Au moment où je tente d'écrire quelques lignes en entendant sur France 2 une foule de témoignages plus bouleversants les uns que les autres, je pense que les (de moins en moins nombreux) témoins le font mieux que moi qui n'ai pas connu cette époque. Bernard, avec sa sensibilité artistique, a raison d'avoir recours à des dessins et à des poèmes, "inscrivant" ainsi noir sur blanc toute l'horreur et la haine de l'homme contre l'homme.
Mais, puisque nous sommes Vosgiens, je donne un lien (sur un fond TV qui parle du Struthof) vers un Vosgien qui témoigne lui aussi :
http://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=10&ved=0CFIQFjAJ&url=http%3A%2F%2Fcuny.jacques.free.fr%2FLes_Vosgiens_tatoues.pdf&ei=1ZHHVL_vG8jDOebIgJgG&usg=AFQjCNFP7ltztpVGiTxkZyGjntE9LwewWw&sig2=pgOOeYDmePzKuKjnjmfoog&bvm=bv.84607526,d.ZWU&cad=rja

LES VOIVRES 88240 27/01/2015 14:56

J'avoue que j'ai toujours une impression de voyeurisme avec certains livres comme Bernadac ou autres qui a une époque remplissaient les bibliothèques.