Quand le Val de Vôge a décidé qu'il ne voulait pas mourir
27 Janvier 2015
Il y a 70 ans, le plus grand complexe bâti par des hommes destiné à l'extermination de l'Homme était libéré par l'armée Rouge.
Il est impossible de concevoir quelle a pu être la somme de souffrances accumulée dans cet endroit.
Les événements des derniers jours nous ont rappelé, que, contre la barbarie nous devons tout le temps être vigilants.
Si nous voulons rester debout, nous n'avons pas le droit de dire un jour :
"Nous ne savions pas."
Et s'il était à refaire
Je referais ce chemin
Une voix monte des fers
Et parle des lendemains
On dit que dans sa cellule
Deux hommes cette nuit-là
Lui murmuraient "Capitule
De cette vie es-tu las
Tu peux vivre tu peux vivre
Tu peux vivre comme nous
Dis le mot qui te délivre
Et tu peux vivre à genoux"
Et s'il était à refaire
Je referais ce chemin
La voix qui monte des fers
Parle pour les lendemains
Rien qu'un mot la porte cède
S'ouvre et tu sors Rien qu'un mot
Le bourreau se dépossède
Sésame Finis tes maux
Rien qu'un mot rien qu'un mensonge
Pour transformer ton destin
Songe songe songe songe
A la douceur des matins
Et si c'était à refaire
Je referais ce chemin
La voix qui monte des fers
Parle aux hommes de demain
J'ai tout dit ce qu'on peut dire
L'exemple du Roi Henri
Un cheval pour mon empire
Une messe pour Paris
Rien à faire Alors qu'ils partent
Sur lui retombe son sang
C'était son unique carte
Périsse cet innocent
Et si c'était à refaire
Referait-il ce chemin
La voix qui monte des fers
Dit je le ferai demain
Je meurs et France demeure
Mon amour et mon refus
O mes amis si je meurs
Vous saurez pour quoi ce fut
Ils sont venus pour le prendre
Ils parlent en allemand
L'un traduit Veux-tu te rendre
Il répète calmement
Et si c'était à refaire
Je referais ce chemin
Sous vos coups chargés de fers
Que chantent les lendemains
Il chantait lui sous les balles
Des mots sanglant est levé
D'une seconde rafale
Il a fallu l'achever
Une autre chanson française
A ses lèvres est montée
Finissant la Marseillaise
Pour toute l'humanité
Louis Aragon
Ballade de celui qui chanta dans les supplices -
Source : Fondation pour la mémoire de la déportation
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UNE POUPÉE À AUSCHWITZ
Sur un tas de cendre humaine une poupée est assise
C’est l’unique reliquat, l’unique trace de vie.
Toute seule elle est assise, orpheline de l’enfant
Comme autrefois elle l’était parmi ses jouets
Auprès du lit de l’enfant sur une petite table
Elle reste assise ainsi, sa crinoline défaite,
Avec ses grands yeux comme en ont toutes les poupées du monde
Qui du haut du tas de cendre ont un regard étonné
Et regardent comme font toutes les poupées du monde.
Pourtant tout est différent, leur étonnement diffère
De celui qu’ont dans les yeux toutes les poupées du monde
Un étrange étonnement qui appartient qu’à eux seuls
Car les yeux de la poupée sont l’unique paire d’yeux
Qui de tant et tant d’yeux subsiste encore en ce lieu,
Les seuls qui aient resurgi de ce tas de cendre humaine,
Seuls sont demeurés des yeux les yeux de cette poupée
Qui nous contemple à présent, vue éteinte sous la cendre,
Et jusqu’à ce qu’il nous soit terriblement difficile
De la regarder dans les yeux
Dans ses mains, il y a peu, l’enfant tenait la poupée,
Dans ses bras, il y a peu, la mère portait l’enfant,
La mère tenait l’enfant comme l’enfant la poupée,
Et se tenant tous les trois c’est à trois qu’ils succombèrent
Dans une chambre de mort, dans son enfer étouffant.
La mère, l’enfant, la poupée,
La poupée, l’enfant, la mère.
Parce qu’elle était poupée, la poupée eut de la chance.
Quel bonheur d’être poupée et de n’être pas enfant !
Comme elle y était entrée elle est sortie de la chambre,
Mais l’enfant n’était plus là pour la serrer contre lui,
Comme pour serrer l’enfant il n’y avait plus de mère.
Alors elle est restée là, juchée sur un tas de cendre,
Et l’on dirait qu’alentour elle scrute et qu’elle cherche
Les mains, les petites mains qui voici peu la tenaient.
De la chambre de la mort la poupée est ressortie
Entièrement avec sa forme et son ossature,
Ressortie avec sa robe et avec ses tresses blondes.
Et avec ses grands yeux bleus qui tout pleins d’étonnement
Nous regardent dans les yeux, nous regardent, nous regardent.
Moshe Schulstein – Auschwitz
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Boris TASLITZKY, le site officiel
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Boris TASLITZKY, Dessins, Dessins de guerre
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L'impossible oubli : la déportation dans les camps nazis
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Si c'est un homme - Primo Levi
Résumé : Ce livre est sans conteste l'un des témoignages les plus bouleversants sur l'expérience indicible des camps d'extermination. Primo Levi y décrit la folie meurtrière du nazisme qui cu...
Il n’avait que 24 ans lorsqu’il a été dénoncé comme résistant et envoyé à Auschwitz ; il venait, seulement deux ans plus tôt, de soutenir brillamment sa thèse de chimie. Ce n’est qu’à la libération du camp par l’Armée rouge, le 27 janvier 1945, que l’ampleur des violences commises par la barbarie nazie a été révélée. De ce camp de travail, de concentration et d'extermination qui a vu la mort de plus d'un million de personnes, Primo Levi sera parmi les 7500 à sortir vivant et l’un des 88 à revoir sa patrie.
Deux ans plus tard paraissait son premier livre, Si c’est un homme. C’est ainsi que débuta l’œuvre de sa vie, celle de témoigner inlassablement de ce qu’il avait vécu, jusqu’à sa mort en 1987.
Primo Levi , certainement vaincu par ses souvenirs, a mis fin à ses jours. Comme beaucoup d'autres il a réussi à exprimer l'indicible grâce à l'art.
Voici un texte partagé par Mr Jean Noël
Les Vosgiens tatoués, oubliés de l'histoire
Quant à la soi disant libération du camp d’AUSCHWITle 27 janvier 45 par les Russes...on devrait dire lorsque les russes sont entrés dans le camp, le 27 janvier, ils n’ont trouvé que quelques centaines de demi morts, de blessés, de malades à l’infirmerie ou errant dans le camp à la recherche de nourriture depuis 8 jours... Ces malheureux oui... ont été libérés mais les 17 et 18 janvier les SS évacuaient le camp brutalement, jetant sur les routes 60 000 détenus sous la neige sans nourriture ni repos
-les traînards abattus vers GLEIWITZ le train de la mort en wagons découvert et BUCHENWALD pour ma part.
Les troupes du Général KONIEV ont contourné le camp car il fallait exploiter au plus près la débâcle allemandeet arriver à BERLIN avant les américains. Lacompétition était russo
-américaine et nous ne comptions guère sur l’échiquier
des opérations militaires.
Le monde entier n’a connu l’existence des K.Z que lorsque PATTON l’américain est arrivé à OHRDRUFF le 9 ou 10 avril faisant venir le général EISENHOWER pour constater le massacre des détenus travaillant dans le tunnel une balle dans la tête ce fameux tunnel d’enfer plus terriblequ’AUSCHWITZ dernier refuge potentiel d’HITLER
Evacué par miracle, la veille sur un camion de déblais vers BUCHENWALD, pesant 40 kg mais très lucide, je sais ce qui
s’est passé.
J’aimerais en conclusion que l’on tire de l’oubli ces 4 500 français non juifs matriculés sur le bras gauche, dont 3 000 sont morts à AUSCHWITZ ou àl’évacuation du camp
.
Je n’oublie pas pour autant lesdizaines de milliers de juifspartis de France dont 3 000 seulement sont rentrés...mais il faut que
justice soit rendue à ces 4 500 français qui sont l’honneur de la France et ont
droit au devoir de mémoire. Marcel THOMAS déporté résistant.
Matricule 200422.
Chef de trentaine au maquis de Corcieux
Chevalier de la légion d'honneur