La retraite de Russie vue depuis le coin du feu

par LES VOIVRES 88240  -  28 Décembre 2014, 07:24  -  #HISTOIRE

Il neigeait, il neaigeait toujours
Il neigeait, il neaigeait toujours

Le Tsar de Russie, allié de la France ne voulant plus appliquer le blocus économique contre l'Angleterre, décidé par Napoléon, celui-ci envahit le pays..Le 22 juin, 600 000 hommes franchissent le Niemen. Cette armée est composée en majorité de soldats français, mais des contingents de tous les pays occupés par la France y sont incorporés, allemands, hollandais polonais, italiens.

C'est en quelque sorte la première armée européenne. Et en 1941 l'armée allemande qui envahit à son tour la Russie comptaient de nombreux soldats étrangers. Tous les Malgré Nous incorporés de force étaient ainsi envoyés sur le front russe. Les franquistes espagnols avaient formé la division SS Azul, et les Français la LVF, dirigé par l'ancien communiste Jacques Doriot.

Certains disent que l'histoire ne bégaie pas, Nous pensons comme nous l'avons déjà écrit qu'au contraire, en étudiant son histoire on se forge à la fois ses racines et une meilleures approche des problèmes contemporains.

Quoiqu'il en soit, quand en 1941, les troupes allemandes surent que le prochain objectif était la Russie, ceux qui étaient en garnison à Paris, dévalisèrent les bouquinistes pour récupérer les souvenirs des survivants de la Grande Armée. Et ils étaient nombreux à avoir écrit, soit des lettres qui ont été publiées depuis ou leurs mémoires. Les plus connus sont certainement celles de Henri Beyle ( Stendahl ) ou les récits de l'écuyer Caulaincourt,et des sergents Bourgogne ou Goignet.

Voilà donc les troupes de Napolèon qui entrent en Russie le 22 juin 1812, elles avaient un jour de retard sur celles d'Adolf et tout du long ce fut les même problèmes: orages, grêle qui blesse les hommes et les chevaux, chaleur et poussière étouffante où les pieds s'enfoncent et qui plus tard va user les roulements des chars.

Des routes mauvaises transformées en bourbier dés qu'il pleut et des russes qui ne jouent pas le jeu. Ou bien ils résistent farouchement et se font tuer sur place, ou ils se sauvent. Dés le début ce fut le harcèlement par les cosaques, ensuite s'y ajoutera celui des partisans. Tous ces sauvages ont la mauvaise habitude d'avoir des gradés qui parlent un très bon français, à croire qu'ils l'ont appris uniquement pour tromper les sentinelles.

De plus quand on est des grands stratèges, comme nos deux compères, on préfère transporter des caissons d’armes plutôt que des habits ou de la nourriture. Et c'est c'est ainsi qu'un beau matin on se retrouve en tenue d'été à geler devant Moscou par - 30 ° ou - 50, comme ce fut le cas en 1812 ou en 1941 avec son cheval qui a mis un malin plaisir à mourir de froid ou un char dont l'essence synthétique est figée.

Ce qui force l'admiration c'est que, malgré toutes ces difficultés, malgré les batailles et les attaques incessantes, malgré la désorganisation engendrée par le manque d'intendance ou de soin, dans les deux cas on parle de retraite, pas de sauve qui peut.

Même le passage de la Bérézina a permis au noyau dur de l'armée française de sortir de la Russie et tout comme chez les romains , des jeunes recrues ont été aussitôt levées et prises en main par les vétérans.

En fin de compte, le génie de ces deux fous de guerre était de savoir s’entourer de généraux et de maréchaux qui exécutaient leurs ordres même quand c’était impossible

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En 1941 les avants-garde allemandes occuperont les faubourgs de Moscou. Ils pilleront la maison de Tolstoï, l'auteur de "Guerre et Paix", le roman fleuve sur les campagne de Russie en 1912.

En unifiant l'Allemagne, qui au début du 19 eme siècle était composée d'une multitude d'états, de principautés, de villes libres, Napoléon a directement contribué à la formation de l'Allemagne moderne et de la Prusse. La guerre de 1870, celle de 1914 et sa conséquence en 1939-45 n'ont pu avoir lieu qu'après ce regroupement en un seul état que Guillaume I avait finalisé avec Bismark.

De plus les morts sur les champs de batailles, aggravés par l'éloignement de nombreux hommes sous les drapeaux, ont amené une baisse de la natalité aussi importante que celle occasionnée par la Grande Guerre.

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Le 5 décembre 1941, les sibériens de Koniev passent à l'offensive. Staline a été averti que les Japonais attaqueront à Pearl Harbor et ne sont plus à craindre.

Les chars comme les avions, ont été montés pour la plupart dans des usines installées à la hâte en quelques semaines. Les machines outils viennent des régions occupées par les allemands, elles ont été démontées et remises aussitôt en marche dans la région de l'Oural.

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MUNIER Bernard 30/12/2014 20:09

effectivement " le chant des partisans " le père de Maurice, Lazare s'est suicidé un mois après avoir remporté le premier de conservatoire.

NOEL 30/12/2014 17:01

« Je viens d'ailleurs sur le sujet de relire "Les temps sauvages" de Kessel. Passionnant.»
Quand on connaît (un peu) l'œuvre considérable de ce génie juif-russe (cela veut dire quelque chose... encore de nos jours) "académisé" et son émouvant « Chant des partisans » co-écrit avec Druon son neveu, çà ne pouvait que l'être.

MUNIER Bernard 30/12/2014 16:29

J'ai mal tourné ma phrase. Staline aurait été averti par Sorge que les Japonais attaqueraient les Américains. Is a donc rappelé les troupes d'Extrème-Orient. Mais elles n'ont pas été déplacées en 24 heures surtout par le trans-sibérien très lent.
Je viens d'ailleurs sur le sujet de relire "Les temps sauvages " de Kessel. passionnant

NOEL 30/12/2014 10:43

- « Le 5 décembre 1941, les sibériens de Koniev attaquent. Maintenant Staline sait depuis Pearl Harbor que les Japonais ne sont plus à craindre.» ??? Étrange, l'attaque n'a eu lieu que le 7 décembre.
- August von Kageneck (*) De ses conversations avec Hélie de Saint-Marc (**), dans "Notre Histoire 1922-1945", qui « ont voulu faire le récit de l'existence d'un Allemand et d'un Français au cours de ces années de fer et de sang, où rien n'était facile pour celui qui voulait garder son idéal », j'ai retenu cette critique du journal "La Croix" : « Ces conversations recueillies par Etienne de Montety sont admirables par leur élévation spirituelle, la qualité du dialogue, la densité de la réflexion de ces deux hommes que la guerre opposa et que la vie réconcilie. Témoignage inoubliable, testament moral de deux êtres meurtris, plus fort que la folie et la Mort, "Notre Histoire" se loge en nous comme un livre d'espoir ».
(*) De ses racines, il évoque brièvement, lui aussi, Napoléon mais pendant l'occupation du Pièmont et de la Lombardie, après la campagne victorieuse de Bonaparte en 1796-1797.
(**) Résistant, déporté, officier de Légion en Indochine puis en Algérie, putschiste à Alger en 1961, condamné à 10 ans de prison, finalement gracié en 1966. Commandeur de la Légion d'Honneur, il a publié plusieurs livres rappelant qu'il « faut toujours garder sa capacité de dire non ».