Il y a cent ans : la Grande Guerre

par LES VOIVRES 88240  -  28 Novembre 2014, 14:39  -  #HISTOIRE

Il y a cent ans
Il y a cent ans

La " course à la mer" se termine, enlisée dans les boues de la Somme. De la mer du Nord à la Suisse, les deux armées ennemies vont s'enterrer. Dans du provisoire qui durera 4 ans pour les français, à part pour certains secteurs.
Ainsi dans les Vosges, au Viel Armand, le génie travaille d’arrache- pied pour creuser des abris et des tranchées dignes de ce nom dans la roche de la montagne.

En face d'eux les allemands vont partout couler du béton pour réaliser des ouvrages capables de mieux résister aux bombardements, où les conditions de vie de soldats seront meilleures.

Pour le Grand Quartier Général construire en dur aurait sapé le moral des troupes et leurs aurait ôté leur esprit combatif.

Dans cette guerre de taupes qui va être réinventée, vont ressurgir des techniques de combats qui n'avaient plus vraiment cours entre deux grandes armées depuis l' augmentation de la puissance de feu permise par l'industrie et la chimie.

Les tranchées donc, comme dans les sièges de châteaux-forts, mais aussi les grenades.dont on va très vite faire une consommation énorme. Mais les chiffres pour tous les types de munitions utilisées donnent le vertige.
Pour les seuls obus chimiques, il fut lancé 60 millions de tonnes pendant cette guerre.
Quand on lit ce chiffre, on recompte les zéros, il y a une erreur, hé bien non. Et tout le reste était à l'avenant.

Enfin, si on lit les journaux qui sont censurés, mais qui autocensurent encore plus, la guerre fraiche et joyeuse est toujours de mise. Les obus ennemis n'éclatent pas et tout va bien pour nos braves pioupious.

Quand on sait que début novembre, il y avait déjà, rien que pour les Voivres, 5 tués, on se demande qui pouvait bien les acheter.

En réaction à cette désinformation "Le Canard Enchainé " va sortir son premier numéro le 10 septembre 1915.

Samedi 28 novembre 1914 : les moines du Mont des Cats face à l’envahisseur

Publié le 27/11/2014

Il y a 100 ans - La Grande Guerre

Situation en France

Le communiqué officiel publié dans les journaux parisiens informe le lecteur que : « la canonnade de l'ennemi est plus active, mais exécutée surtout avec les pièces de 77 millimètres. Son artillerie lourde fait très peu sentir son action. Dans ces conditions, la lutte d'artillerie a tourné partout à l’avantage des Alliés.

Entre la Somme et Chaulnes, les Français marquent de sensibles progrès dans le voisinage du village de Fay. Les troupes françaises sont parvenues au contact immédiat des réseaux de fils de fer de la défense allemande.

Dans la région de l'Aisne, entre Vailly et Berry-au-Bac, un groupe de mitrailleuses et une coupole pour pièces de 30 centimètres ont été détruites par les obus français, dont l'un a déterminé une explosion dans une batterie ennemie. Dans les Vosges, trois contre-attaques allemandes en vue de reprendre le terrain conquis par les Français précédemment dans le Ban-de-Sapt ont été successivement repoussées.

Sur les autres théâtres d’opération

En Belgique, l’infanterie alliée enlève divers points d'appui au nord et au sud d'Ypres.

Dans la campagne russe, sur la rive gauche de la Vistule, les Russes venant du cours inférieur de la Bzoura, parviennent jusqu'à Gombine (à 20 kilomètres au sud de Plotsk).

Dans la campagne austro-serbe, le combat sur le front Lazarevatz-Mionitza continue. La lutte sur l'aile gauche de ce front et sur la position au sud-est de Lazarevatz, est particulièrement acharnée. Jusqu'à présent, aucun résultat définitif n'est atteint.

La guerre avec la Turquie : sur la frontière avec l’Egypte on annonce qu'un petit nombre de soldats turcs campent à Gatla.

Et pendant ce temps-là dans la région

Le correspondant du journal Le Temps à Saint-Omer raconte la visite des Allemands au monastère du Monts des Cats. « Les pères et les frères trappistes, dont le monastère domine le mont des Cats, à la frontière de Belgique, ont retrouvé, après plusieurs jours d'alarmes, un calme et un repos relatifs.

« Calme relatif, nous dit le frère qui nous reçoit, car le canon, chaque jour, fait trembler les vitres de notre maison. Le soir, on voit les éclairs marquer l'horizon. La ligne Ypres, Comines, Werwick, Menin, Moorseele est en feu.

Le lundi 12 octobre, vers midi, 80 Allemands pénétrèrent dans le monastère et mangèrent notre soupe. Dans l'après-midi, une forte troupe anglaise survint et engagea le combat avec les Allemands, qui avaient reçu des renforts. Les Anglais avaient mis en batterie plusieurs pièces, avec lesquelles ils bombardaient le mont, prenant toutes leurs précautions pour ne pas endommager le monastère.

Vers quatre heures du soir, les Allemands étaient mis en fuite. Deux régiments anglais s'emparaient du monastère.(…) Les Anglais parvinrent à repousser l'ennemi assez loin et le monastère ne reçut que quelques obus qui ne lui firent pas grand mal. Quelque jours plus-tard il nous était possible de réintégrer le couvent. Celui-ci avait été dévalisé et nous eûmes fort à faire pour réparer le désordre qui y régnait. »

A la Chapelle- d'Armentières, un journaliste du Temps décrit la situation ainsi : « Nos troupes sont maîtresses de la commune, mais celle-ci a subi des dégâts considérables, occasionnés par les obus allemands. Une grande partie de la population a évacué le territoire. De nombreuses maisons ont été endommagées. Plusieurs tissages ont été incendiés. La briqueterie de M.Vigneron a été détruite. Le clocher de l'église, sérieusement atteint, menace de s'effondrer. Dans les environs, les églises de Prémesques, Wez-Macquart, Bois-Grenier n'existent plus. Les trois quarts des habitations sont rasées. Toutes les fermes sont incendiées et les bestiaux errent dans les champs beaucoup de ceux-ci ont été tués et leurs cadavres se décomposent dans la campagne.

Insolite

A l’arrière dans les théâtres, la guerre prend aussi sa taxe. On peut lire dans le Temps « On sait que le jeune Reynal, premier prix du Conservatoire et pensionnaire du Théâtre-Français, a été tué à l'ennemi le 8 septembre.

Les grands concerts, M. Pierre Sechiari étant mobilisé, ainsi que la majeure partie des artistes de son orchestre, l'Association des concerts Sechiari, subventionnée par l'Etat et la ville de Paris, ne reprendra le cours de ses séances symphoniques qu'à la fin de la guerre. »

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