Histoire du Soldat Marchand. Par Mr Noël Jean

par LES VOIVRES 88240  -  22 Novembre 2014, 07:17  -  #HISTOIRE

Soldat Marchand André
Soldat Marchand André

J'étais, en effet, depuis longtemps, attristé par l'état déplorable de la sépulture (cf. pièces jointes : plaque et tombe) d'André Marchand, "tué à l'ennemi" en 1917. Fin 2012, pensant aux futures commémorations du Centenaire du début de la Grande guerre, je m'en suis ouvert à la Municipalité de Les Voivres dont le maire, M. Michel Fournier qui, a trouvé l'initiative de réhabilitation excellente et pensé qu'elle « serait le symbole du Centenaire de 1914.

Après de nombreuses recherches, demandes d'aide (mairie de La Chapelle-aux -Bois ; Délégué départemental vosgien du Souvenir français ; Représentant aux affaires militaires de la Communauté de communes du Val de Vôge [cf. pièce-jointe]) restées malheureusement sans effet, j'ai cependant le bonheur d'avoir pu constater (cf. pièce-jointe) que les travaux de réfection de la tombe ont été entrepris, voire terminés, même s'ils ne sont pas - ainsi que l'inauguration à minima - tout à fait à la hauteur de ce que j'avais imaginé.

Malgré mes recherches, mes appels à témoignages, etc., il ne m'a pas été possible de retrouver de famille, ce qui a constitué d'ailleurs un frein à mon enthousiasme à demander la réhabilitation de la tombe (pas d'autorisation).

Je vous livre les éléments que je possède :
Famille
- 31 mars 1883 mariage à Les Voivres de (Jean) Théodule MARCHAND né aux Voivres le 21 avril 1855, charron à La Chapelle aux Bois, fils de Félix Napoléon MARCHAND et de Marguerite PEUREUX, cultivateurs domiciliés aux Voivres

et de
Marie Amélie PERNOT née à Les Voivres le 23 novembre 1861, fille de Jean PERNOT et de Marie Agathe (?) Catherine CLAUDÉ, cultivateurs domiciliés au Grand Bois commune de Les Voivres
Naissance
- 7 avril 1884 naissance d’André Edmond Marie Joseph MARCHAND (acte n° 37) à La Chapelle aux Bois,
père Théodule, charron à La Chapelle aux Bois, mère Marie Amélie PERNOT
- 12 avril 1910 mariage contracté à Les Voivres avec Marie Joséphine Aline BEAUDOIN (née le 24 mai 1887 fille de Joseph et Célina BEAUDOIN domiciliés au Chaudiron/Les Voivres)

Décès
- 05-07-1917 † à Pontavert (Aisne) 62 RAC

- 16 avril 1890 naissance de Paul MARCHAND à Les Voivres (acte n° 23)
père Théodule, charron à Les Voivres, mère Amélie PERNOT
- 21-08-1914 † à Abreschviller (Moselle) 149 RI

Conclusion
- André et Paul MARCHAND sont frères,
- Leurs parents auraient déménagé de La Chapelle aux Bois (figurent encore sur le recensement de 1886) à Les Voivres entre 1886 et 1890 (naissance de Paul),
- La famille MARCHAND apparaît bien dans le recensement de 1901 Les Voivres/Le Grand Bois,
- Le cadet Paul aurait donc été tué 3 ans (1914) avant l’aîné André (1917),
- Selon moi et après en avoir examiné les photographies, les noms, sauf homonymie, des deux frères sont inscrits sur le monument aux morts de chacune des communes.

Sous réserves Marie Joséphine BEAUDOIN se serait (re)mariée le 15 ? illisible 1921 avec Marie Lucien ? Gabriel CLAUDEL. Décédée à les Voivres le 14 février 1968.

Correspondance entre Mr Noël Jean et Maryse Doux de Vosges-Matin

Bonsoir monsieur,
En effet, j'avais pensé qu'il serait préférable de faire un article sur le soldat Marchand. Nous sommes en tant que correspondant limités dans les comptes-rendus de cérémonies patriotiques, mais nous avons toutefois plus de liberté d'action pour faire des portraits. Il me semble que cela convient parfaitement.

J'ai entre temps rencontré Mr Fournier qui m'a dit que la réhabilitation de cette tombe, c'était leur manière de marquer le centenaire de 1914.

Je pense qu'il serait bien de retracer (si on a assez d'éléments pour cela) la vie de ce soldat avant 1914, sa famille, ses états de service et les circonstances de sa disparition..

Si la tombe était à l'abandon, j'en déduis qu'il n'y a plus de famille ?

J'attends donc de vos nouvelles pour savoir si c'est possible.
Bonne fin de semaine,
Maryse Doux

Le 19 novembre 2014 11:07, jean noel <jeannoelcb@hotmail.fr> a écrit :

Bonjour Madame,

Je suis natif de Les Voivres, retraité militaire et demeurant en Sarthe. Très attaché au devoir de Mémoire (notamment concernant mon séjour au Liban au temps de la guerre civile), révolté par l'état délabré de la tombe d'un soldat de 14-18 au cours de mon "pèlerinage annuel" sur la tombe de mes parents et interpelé par un recueil de Richard Rognet demeurant à Remiremont "Elégies pour le temps de vivre" y consacrant un passage), je m'en étais ouvert - en 2013 et songeant aux manifestations organisées pour 2014 - à M. Michel Fournier, maire du village.
Je sais que des travaux de réhabilitation ont été entrepris et qu'un hommage (même si cela me paraît un peu "court") a été rendu à ce soldat le 11 Novembre dernier.
Cordialement.

Jean NOËL-

Deux frères Morts pour la France, une mère qui pleure, une tombe à l'abandon
Deux frères Morts pour la France, une mère qui pleure, une tombe à l'abandon
Deux frères Morts pour la France, une mère qui pleure, une tombe à l'abandon

Deux frères Morts pour la France, une mère qui pleure, une tombe à l'abandon

 Le marbrier a fait une plaque et la tombe a été rénovée par la municipalité
 Le marbrier a fait une plaque et la tombe a été rénovée par la municipalité
 Le marbrier a fait une plaque et la tombe a été rénovée par la municipalité

Le marbrier a fait une plaque et la tombe a été rénovée par la municipalité

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M
J'ai su que vous me cherchiez après la cérémonie. J'étais reparti tout de suite ouvrir la bibliothèque où j'étais de permanence;
Julia cela évoque quelque chose. Je demanderai aux parents
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N
« Julia cela évoque quelque chose ». A moi aussi : ma mère disait assez souvent qu'elle devait "passer chez la Julia". Il s'agissait (je crois) de la mère - elle habitait alors dans la maison située au carrefour de la D 4 et de la route de La Chapelle-aux-Bois, à hauteur du Baulieu - du Roger Claudé que j'avais eu plaisir à rencontrer aux retrouvailles de 2007. Au niveau dates, cela ne doit cependant pas correspondre.
B
Jean NOËL m'avait contacté pour savoir si je connaissais la famille MARCHAND, j'ai, en effet quelques souvenirs de cette famille MARCHAND du Grand Bois,il y avait Julia, Marguerite et Marcel, tous nés avant la grande guerre je pense, on les surnommait "les Kétans" Je n'en sais pas davantage !
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M
Encore merci pour votre commentaire le dessin de la mère est repris d'une photo sur une femme de Beyrouth pleurant la mort de ses enfants
ma voisine veuve de Jules Munier est morte veuve en 1969 il était en photo sur l'exposition devoir de mémoire à la Chapelle aux Bois
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N
Pour ceux qui ne cliqueraient pas sur mes pages, je veux ici commenter, parmi les dessins que Bernard a réalisés, celui de la mère écrasée de douleur devant ses enfants morts.

« Deux frères morts pour la France, une mère qui pleure, une tombe à l'abandon »
Telle est la légende écrite par Bernard Munier dont "le coup de crayon" est véritablement à souligner : c'est un artiste !

Je ne suis ni critique d'art, ni même plus très "chrétien", mais cela ne m'empêche pas de devoir exprimer le sentiment que m’inspire l'image d'arrière-plan de ce montage où j'ai réuni trois dessins de Bernard.
Elle met parfaitement en valeur la douleur de cette mère, encore jeune, qui pleure la mort de ses deux enfants "tués à l'ennemi" en 1914 et en 1917. Sa position résignée et sa nudité expriment - à mon sens - son désarroi et son impuissance devant cette injustice et peut-être aussi le souhait de rejoindre ses fils dans leur cercueil ou leur tombe. Son visage vide, dépourvu de quatre des organes des sens, sans aucun trait à force d'avoir sans doute trop pleuré mais cependant "souligné" intentionnellement, je crois, par le voile du deuil tiré en arrière, révèle cruellement le choc intense de cette "destinée" provoquée par les hommes eux-mêmes.
Au travers de deux couleurs, de feu et de sang pour le rouge, de mort et de deuil pour le noir, à qui s'adresse donc cet « ora pro nobis » (Priez pour nous) ? Est-ce les morts qui le sollicitent des vivants ? Ou est-ce cette femme, symbolisant probablement toutes les mères du monde face à l'indicible, la mort brutale de leurs enfants, demandant au monde des vivants de prier pour (sur) lui-même en quelque sorte, face au malheur de la guerre (c'est, hélas, toujours d'actualité). La tache de bleu ajoutée au fond blanc, et le rouge donc, auraient peut-être aussi tendance à en suggérer la cause : le patriotisme s'opposant, envers et contre tous, à l'envahisseur, mais à quel prix ?
En résumé, un dessin qui m'émeut.
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