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LES VOIVRES 88240

Quand le Val de Vôge a décidé qu'il ne voulait pas mourir

La batailles des Vosges, Bruyères, octobre 1944

Bataille de Bruyrères
Bataille de Bruyrères

Après avoir brisé les lignes de défenses du front allemand en Normandie, les alliés avaient progressé régulièrement dans toute la plaine du Bassin Parisien;

La bataille de chars de Dompaire allait marquer la volonté des Allemands de ne plus reculer, cependant malgré sa violence l'avance allié n'avait pas vraiment subi de retard.

Mais bientôt tout le front, des Vosges à la Hollande, fut le théâtre de combats où les Allemands montrèrent une fois de plus qu'ils n'étaient jamais aussi bons qu'en position défensive.

La bataille de Bruyères figure parmi ces combats où chaque mètre de terrain du être enlevé de force au prix de pertes énormes.

Situation des Américains en septembre 1944

Formation et parcours du 100e / 442e RCT

Le 22 janvier 1943, la décision fut prise par le département de la guerre de former le 442e RCT 2 composé du 442e régiment d'infanterie, du 522e bataillon d'artillerie de campagne, de la 232e compagnie du génie, d'une compagnie antichar et diverses unités de soutien. Sa caractéristique est d'être principalement formé d'"AJA" (Americans of Japanese Ancestry), donc des Nippo-Américains pour la plupart Nisei3,4.

De septembre 1943 à janvier 1944, le régiment participa avec le 100e bataillon à la campagne de Naples-Foggia. Ce groupe de combat fut décimé lors de la bataille de Monte Cassino en Italie l'hiver précédent. En juin 1944, une fois parvenu à Civitavecchia, le régiment est rattaché à la 34e division, à l'exception du 1er bataillon, et le 100e bataillon est rattaché au 442e RCT. Le 100e bataillon n'a été réellement affecté au 442e RCT qu'à partir d'août 1944 et, eu égard au nombre impressionnant de ses distinctions, il obtint l'autorisation de conserver son appellation numérique distinctive. Le 1er bataillon est resté au Camp Shelby pour encadrer la formation des nouvelles recrues nippo-américaines.

Les premiers faits d'armes de la fusion du 100e bataillon et du 442e RCT furent à la bataille du Belvédère pour laquelle il recevra sa première "Presidential Unit Citation". En septembre 1944, on les retrouve à Rome et sur les rives de l'Arno. De septembre 1944 à mars 1945, le régiment est affecté à la Campagne du Rhin (Rhineland Campaign).

En septembre 1944, après la jonction entre les troupes venues de Normandie et les Troupes venues de Provence, la 7e armée US de Patch et la 1re armée française de De Lattre, font leur jonction sur les rives de la Moselle le 16 septembre et atteignent Bruyères dans les Vosges le 30 septembre, sous la pluie.

mes.

La batailles des Vosges, Bruyères, octobre 1944
La batailles des Vosges, Bruyères, octobre 1944
La batailles des Vosges, Bruyères, octobre 1944
La batailles des Vosges, Bruyères, octobre 1944
La batailles des Vosges, Bruyères, octobre 1944

C'est la 36e Division d'Infanterie américaine qui reçut l'ordre de prendre Bruyères.

Les collines enserrant la ville de Bruyères de l'ouest au nord-est passaient pour être faiblement protégées, il fallait donc tirer profit de la situation. En réalité, les défenses allemandes étaient si bien camouflées que la libération de la ville nécessita 3-4 jours de combat. La résistance allemande dans le vallon menant de Grandvillers à Bruyères avait, en effet, contraint les troupes américaines à contourner dans un premier temps les poches de résistance ennemies.

Les Américains investirent le massif de Faîte à l'ouest et entrèrent à Bruyères à différents endroits du nord-ouest au sud-ouest le 18 octobre 1944. Les Américains font 143 prisonniers27 parmi les troupes allemandes, donc essentiellement celles qui devaient occuper Bruyères. En dehors de soldats allemands, on y recensa également des Polonais, des ex-Yougoslaves, des Somaliens et des Indiens orientaux du Régiment "légion SS de l’Inde libre". Néanmoins, aucune source officielle allemande n'évoque la présence de ces troupes de nationalité étrangère dans les rangs de la Wehrmacht à Bruyères28.

La ville de Bruyères n'était toujours pas sécurisée car les Allemands se replièrent sur les sommets de Buémont (Hill A) et Pointhaie (Hill C)29. Un jour après avoir libéré la ville, les troupes américaines nettoyèrent les dernières poches de résistance les 19 et 20 octobre. Le 442e avait, en effet, pris les collines C et D, mais ne les avaient pas sécurisées. Les Allemands purent réinvestir les lieux et riposter à nouveau. La colline D fut prise dans la nuit du 19 octobre par les bataillons 2 et 3 auxquels on donna ensuite l’ordre de prendre un quai de chemin de fer sans penser à sécuriser la colline D. Lorsque le 100e commença à se deplacer vers la colline C le 20 octobre, les forces allemandes avaient repris la colline D durant la nuit30. Le 100e bataillon fut rappelé en réserve à Bruyères. Les Allemands en profitèrent pour réinvestir la colline C. Reprendre cette colline C causa une centaine de blessés supplémentaires31. Peu après, la colline D était définitivement sécurisée, ainsi que la ville de Bruyères.

On demanda au Génie de démanteler les barrages routiers, de dégager les arbres et gravas des routes et voies de circulation et de déminer le champ de bataille32. Après une courte pause de récupération, on ordonna au 100e de rejoindre la bataille de Biffontaine.

Phase 2 : la progression vers Biffontaine

Malgré les sérieuses réserves émises par les officiers, le 141e régiment d'infanterie de la 36e division, dite du Texas, reçoit l'ordre d'avancer le 21 octobre plus à l'est au-delà des lignes et de prendre la colline de Biffontaine pour ouvrir l'accès à Saint-Dié. Dotées de cartes d'état-major insuffisamment précises, quatre compagnies s'égarèrent en secteur ennemi et se retrouvèrent rapidement encerclées par 700 hommes de la Wehrmacht : la moitié des soldats américains furent ainsi coupés de leur base sous le feu des canons allemands pendant deux jours.

Le 100e bataillon reçut l’ordre de prendre d’abord les secteurs en altitude, donc au-dessus de Biffontaine. Ce sont des massifs gréseux infertiles à fort couvert forestier qui appartiennent à la Forêt de Champ et à la Forêt de Belmont-Les Poulières. L’altitude maximale est en dessous de 650 m avec la Vieille Corre, la Het, la Tête de Chétimont, la Tête de Louvière situées sur une ligne de crête entre le Col de l’Arnelle (48° 12′ 23.537″ N 6° 46′ 17.886″ E) et le Col de la Croisette (48° 13′ 22.019″ N 6° 50′ 13.344″ E). Mais il devait se tenir prêt à tout moment pour investir le village en contrebas. Les combats furent rudes pendant deux jours (23-24 octobre 1944), progressant de maison en maison, défendant et contrattaquant. Le 100e fut, en effet, encerclé par les forces allemandes, coupé du 442e et sans support aérien. Grâce au 3e bataillon du 442e qui réussit à rejoindre le 100e, les troupes allemandes restantes furent délogées du village qui fut remis à la 36edivision33. De fait, le 24 octobre, le 143e régiment d’infanterie de la 36e division relaya les troupes d’assaut qui devaient se rendre à Belmont/Buttant pour récupérer après 9 jours de combat sans interruption. Mais, le repos fut de courte durée puisque le 100e et le 442e reçurent l’ordre de sauver un bataillon dangereusement encerclé par les Allemands à quelques kilomètres à l’est de Biffontaine.

Phase 3: le sauvetage du bataillon perdu

Aux États-Unis, l'encerclement du 141e fait la une des journaux et évoque le "lost battalion" (le bataillon perdu). Au Sénat, un groupe de sénateurs adresse au gouvernement un message lourd de menace : « Tirez-les de là, sinon gare ! ».Pour les hommes de ce bataillon, un message est envoyé : « Tenez bon… D'importants renforts viennent vous relever ».Deux premières tentatives de sauvetage se soldent par un échec[2]. C'est pourquoi, Dahlquist décide le 26 octobre d'envoyer le 442e régiment bien que ce dernier soit fatigué par dix jours de combats interrompus.Après une première tentative infructueuse et meurtrière, le commandant du bataillon propose un repli au général qui refuse. Le combat se déroule dans le brouillard et dans le froid. Le 29 octobre, trois avions parachutent des vivres aux assiégés. Après cinq jours de combats, le 442e n'est plus qu'à 900 mètres du bataillon texan. Cette unité se retrouve bloquée sur un flanc escarpé sous le feu des mitrailleuses allemandes, dont les positions sont prises d'assaut. Après 6 jours de combats, le 442e parvient à faire la jonction et à secourir les 230 hommes restants du « bataillon perdu ». Mais pour cela 800 hommes du 442e auront été mis hors de combat[2].

Malgré les pertes importantes, le général Dahlquist leur ordonne de sécuriser la forêt pendant encore neuf jours. Le 442e est finalement relevé après avoir perdu plus de la moitié de son effectif. De nombreux soldats du 442e garderont longtemps après la guerre, une rancune contre le général Dahlquist et lui reprocheront son style de commandement[2], en particulier pour ce qui touche le 442e dont les pertes importantes posent objectivement la question de savoir si le sauvetage d'un bataillon perdu est pertinent si, pour ce faire, on décime un régiment.

Les États-Unis qualifieront cette bataille de « second Cassino » et la classeront parmi l'une des dix plus importantes batailles de l'histoire des États-Unis.

Bilan

117 tués, 40 GI portés disparus et 657 blessés. Un monument représentant l'île d'Hawaii est érigé en souvenir.

Pour la libération de la ville, le régiment perdit 1200 hommes sur les 2500 engagés. Deux jours plus tard, ils repartent sauver le bataillon encerclé. Pour sauver les 270 Texans du bataillon perdu, 800 Nisei furent sacrifiés. Lors de l’assaut final vers la colline du Trappin des saules, seuls 23 hommes sur 290 redescendront34.

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M
Possible, la plupart des grands dignitaires et des responsables tout en se livrant jusqu'au dernier jour à une lutte entre eux pour prendre le pouvoir après la chute d'Hitler avaient préparé depuis longtemps leur fuite et nos braves américains n'ont pas été les derniers a ouvrir leurs portes à bon nombre d'entre eux, ils n'ont jugés que ceux qui ne pouvaient pas leurs servir. On peut noter aussi que pendant que la division d'Hawaî se faisait tuer leurs familles étaient incarcérées dans des conditions très dures aux USA pour éviter les risques d'une 5 eme colonne.<br /> Mais pas un seul allemand ne fut inquiété, de la même façon les multinationales qui avaient des filiales en Allemagne ont continué d'engranger les bénéfices.
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N
A propos de Himmler, j'envoie par mail un document (de qualité moyenne) que je viens de photographier tout récemment (1er octobre 2014) à la gare de Triberg (Allemagne). Il précise que ce partisan acharné de la &quot;solution finale&quot; s'est caché à plusieurs reprises, durant la période fin 1944-janvier 1945, dans un « train spécial » abrité sous les tunnels de la région de Triberg .
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